‹ L'asepsie et l'antispesie à l'hôpital BichatChapitre 31 sur 55 · III. — Antisepsie rectale · texte numérisé non relu

III. — Antisepsie rectale

L’antisepsie rectale ! Voilà un titre qui, il y a quelques années, eût rendu fort perplexe même l’un des plus ardents défenseurs de la méthode Listérienne.

Vouloir rendre aseptique, ou du moins vouloir diminuer dans la mesure du possible, à l’aide de minutieuses et rigoureuses précautions, les chances d’infection par les matières fécales après une opération sur l’extrémité inférieure du tube digestif, eût passé alors pour une prétention au moins exagérée, peut-être une utopie irréalisable, à laquelle, en tous cas, on avait eu jusqu’alors bien garde de songer. Pourtant l’expérience clinique est venue montrer que si l’asepsie rectale ne pouvait pas être souvent réalisée d’une façon absolue, l’antisepsie de cette portion du canal intestinal pouvait être obtenue d’une manière très suffisante pour qu’on puisse se permettre des réunions par première intention dans la région recto-anale.

C’est d’abord pour des cures rapides de fistules anales simples que cette réunion par première intention fut tentée et exécutée avec succès dans la régionano-rectale ; puis pour des résections rectales par la voie anale, généralement faites pour des prolapsus simple ou symptomatique (opérations analogues à celles de Nicolaysen, d’Auffret, de Mickulicz, etc., etc.). Mais si à une époque ancienne cette méthode a réussi parfois, ce n’est guère que depuis quelques années et depuis les récentes acquisitions de l’antisepsie qu’elle a donné des résultats assez satisfaisants et surtout assez constants.

On peut bien le dire, on n’a osé ériger en méthode la cure rapide des fistules anales, que le jour où l’on s’est astreint à faire cette antisepsie rectale d’une façon sérieuse, sinon absolument réglée ; et cependant, jusqu’à ces temps derniers, malgré des précautions qui paraissaient à certains exagérées, outrées même, on faisait incomplètement et assez mal l’antisepsie rectale, parce qu’on ne saisissait qu’en partie l’esprit de la méthode.

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