‹ L'asepsie et l'antispesie à l'hôpital BichatChapitre 32 sur 55 · I. Historique · texte numérisé non relu

I. Historique

En dehors des thèses (1) et des articles de journaux (2) se rapportant à ce mode de traitement des fistules anales et où est décrite la façon dont il faut procéder avant de tenter une intervention de ce genre, il y a bien peu de passages, dans les traités classiques d’antisepsie, qui se rapportent à ce point spécial. Et même, dans un récent manuel rédigé par M. Barette, il n’en est fait aucunement mention. Il en est de même d’ailleurs pour l’antisepsie intestinale en général.

A peine quelques renseignements nous sont-ils fournis par la thèse deMazet (3) et par le trop court Manuel de petite Chirurgie de M. Gangolphe (de Lyon). Il n’en est nullement question dans les traités de petite chirurgie les plus récents.

Bien peu de chirurgiens ont su faire profiter le traitement radical des tumeurs hémorrhoïdaires des bienfaits de la méthode antiseptique ; et c’est à peine si ceux qui l’ont fait (Terrier, etc.) ont écrit comment ils ont procédé, jugeant la chose par trop élémentaire pour mériter même une mention dans une revue quelconque. D’autre part, en ce qui concerne l’extirpation totale ou partielle du rectum, les interventions variées pratiquées dans la région anale, bien des opérateurs, au cours de la relation de leurs observations, ont répété et affirmé : « Toutes les précautions antiseptiques ont été prises» ; mais la plupart se sont bien gardés de préciser, d’énumérer par le menu les précautions réellement prises dans tel ou tel cas. C’était pourtant le point capital, car de là dépend en grande partie le succès d’opérations aussi sérieuses.

Nous nous proposons d’essayer de combler cette lacune. Nous résumerons ce que l’on sait et ce qui a été

(1) Francon. Thèse, 1885. — Longo. Recherches sur la cure rapide de la fistule anale. — Surel. Thèse, nov. 1890, Paris. — Voir aussi discussions à la Société de Chirurgie.

(2) Verchèro. — France médicale , 1888, p. 1301-1305 ; et Pratique médicale, 2 oct. 1888; etc.

(3j Mazet. — Asepsie et antisepsie (Th. de Lyon). Paris, 1888.

écrit sur ce court chapitre, et ferons connaître comment notre maître, M. Terrier, met en pratique, dans son service, en ce qui concerne cette portion du tube digestif, les principes pour la défense et le triomphe desquels il combat depuis si longtemps. Personne ne pourra en discuter l’opportunité ; c’est en effet dans l’antisepsie rectale — on doit le dire bien haut — que réside désormais tout l’avenir de la chirurgie de la dernière portion du gros intestin. Certes, la manière de faire que nous allons exposer n’est pas en tous points parfaite ; mais elle a du moins la prétention de se rapprocher, aussi près que possible, de la perfection, à savoir l’asepsie réelle du rectum. Et nous osons dire, dès maintenant, — quitte à insister sur ce prétendu paradoxe plus tard, — que l’asepsie complète est plus facile à obtenir à la sortie qu’à l’entrée du tube digestif !

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