‹ L'Asepsie IntestinaleChapitre 14 sur 30 · LES SÉGRÉTIONS DE L'ORGANISME · texte numérisé non relu

LES SÉGRÉTIONS DE L'ORGANISME

S 1. — La bile et le suc pancréatique.

Oa a voulu faire jouer au suc pancréatique et à la bile le rôle d’antiseptiques naturels. M. Vignal, par une série de recherches, est venu démontrer le peu de fondement de cette opinion. Voici quel est son procédé :

« Dans des tubes contenant trois à quatre centimètres cubes de bile et mis une heure ou deux à l’avance à l’étuve, afin qu'ils eussent la température interne du corps, on introduisait quelques gouttes d’une culture du microorganisme, sur lequel on désirait connaître laction de ce liquide, puis on remettait les tubes à létuve.

On avait donc ainsi un assez grand nombre de micro-

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organismes en présence d’une quantité considérable de bile; de plus la température de ces liquides étant de 37-30° leur action se trouvait poussée au maximum.

Toutes les demi-heures on prélevait pendant les six premières heures, puis de la sixième à la douzième toutes les deux heures, une qoutte de liquide d’un des tubes dans lesquels les micro-organismes avaient été mis en expérience, et on ensemençait celte goutte dans un tube de bouillon peptonisé. »

La technique était à peu près la même pour le suc pancréatique. On pouvait donc voir ainsi au bout de combien de temps le microorganisme étudié était détruit par la bile ou le suc pancréatique. Grâce à ce procédé M. Vignal est arrivé à ces conclusions ;

« La bile qui est un fort mauvais milieu de culture n’exerce aucune influence sur les microorganismes. »

« Le suc pancréatique lui aussi ne paraît pas doué d’une grande énergie comme agent destructeur de ces êtres, tous sauf les deux staphylocoques aureus et albus ont résisté plus de six heures à l’action de ce suc et les deux staphylocoques un temps variant entre trois et quatre

heures. »

S 2. — Le suc gastrique.

Mais c’est surtout au suc gastrique qu’on a voulu faire Jouer le rôle d’antiseptique physiologique ;: MM. Strauss

et Wurtz (1) l’ont encore atlmis récemment. C'est grâce

1. Ilest juste de dire que MM. Strauss et Wurtz n'ont-pas conclu de in vitro à in vivo. Voici d’ailleurs leurs réserves :

« Dans nos expériences laites in vitro le sue gastrique: pur agit

à l'acide chlorhydrique qu'il contient que le suc gastrique détruirait les microbes et préserverait l'intestin contre leur invasion. L’acide chlorhydrique est en effet un bon antiseptique ; M. Gilbert a limité sa puissance avec précision.

« L'eau distillée qui contient 0, 193 0/0 d'acide chlorhydrique et au delà est microbicide pour le bacille d’Escherich en un quart d'heure.

L’eau qui contient 0, 148 0/0 d’acide chlorhydrique. n’est pas microbicide en un quart d'heure mais l’est en une demi-heure

L'eau qui contient 0,095 0/0 d’acide chlorhydrique est microbicide en une heure ; celle qui en renferme 0, 0800/0 n'étant pas microbicide dans le même temps.

Enfin l’eau qui contient 0, 047 0/0 d’acide chlorydrique n’est pas microbicide en deux heures mais Pest en moins de vingt-quatre heures. »

I semble donc que le suc gastrique doive être antiseptique puisqu'il contient de l’acide chlorhydrique dans la

proportion de 0,2 0/0.

directement sur la culture jure du -mierobe pathogène. L'action de Ce SUC peut donc s'exercer avec une énergie bien plus grande que lorsqu'on a affaire à des substances virulentes digérées dans l’eston\ac. Dans ces cas en effet les microbes pathogènes sont généra-

lement renfermés dans des, tissus animaux ou végétaux (viande,

fruits elc.) et en partie protégés par eux. D’autre part le suc gastrique et dilué par les aliments et les boissons. Pans les expériences

- telles que nous les avons instituées, l'effet antiseptique obtenu est un effet maximum, qui ne se réalise jamais dans les mêmes propor-

tions dans la digostion PAR OBIQUE. »

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