‹ L'Asepsie IntestinaleChapitre 21 sur 30 · LES RÉGIMES ALIMENTAIRES · texte numérisé non relu

LES RÉGIMES ALIMENTAIRES

Nous venons de le voir en étudiant les moyens chimiques et physiques de lPasepsie intestinale, sa réalisation est difficile. Nous allons examiner maintenant si la prophylaxie ne réussira pas mieux que le traitement curatif Les expériences de Popoff nous l’ont démontré, ce sont les aliments qui sont les principaux vecteurs des microbes dans l'intestin; il est donc légitime de rechercher si des modifications dans le régime alimentaire, n’entraineront

pas des changements dans le microbisme intestimal,

$ 1. — Les aliments stérilises.

Une idée théorique surgit la première dans notre pensée. Donnons des aliments stériles, sapprimons la sour-

ce du microbisme intestinal et nous en tarirons les effets,

nous amênerons l’asepsie intestinale,

Malheureusement ce n’est qu’une idée aussi discutable

en théorie qu'impossible en pratique.

. Une vérité est d’abord évidente : les microbes du tube digestif ne viennent pas seulement des aliments. De plus leur existence dans l'intestin est moins entretenue par l'apport continuel de nouvelles colonies que par les matüères alimentaires elles-mêmes. Ce sont les débris de la digestion qui donnent aux microbes la nourriture suffisante à leur pullulation. L’intestin ne pouvant jamais être d’une asepsie absolue, des aliments même stérilisés, seront toujours suffisants pour permettre la prolification ; rapide des colonies restantes et amener au lieu d’un abaissement de leur nombre un relèvement rapide de leur an-

cien taux.

En pratique l'administration des aliments stériles est presque impossible. IT a été établi par MM. Langermann Pa et Sterling que le lait stérilisé lui-même, contenait des

micro-organismes. Ce sont des espèces aérobies qui pep-

: tonisent l’albumine. M. Sterling en a isolé cinq variétés - 3 qu'il appelle bacrllus lactrs peplonans a, 6; y; à, <. Que 4 dire alors des aliments ordinaires qui ne ee être 15 conservés el servis, comme Île lait, dans des vases clos

et stériles. D'ailleurs, nous le répétons, à quoi bon des pi ,

aliments stériles puisqu'ils vont s’ensemencer dans la bou-

- che. | a Cependant il ne faut pas conclure plus loin que nos arguments. Si nous disons que Palimentation ne peut aboutir à l'asepsie intestinale, nous ne concluons pas qu'elle soit inutile. C: serait nier l'évidence même : Le

Jait bouilli et l’eau filtrée ont fait leurs preuves el nous

ES

ne songeons nullement à mettre en doute leurs qualités prophylactiques. Il est même certain que les aliments stérilisées ont sur le microbisme intestinal préexistant une influence bienfaisante. Ils n’apportent pas comme les aliments ordinaires des microbes nouveaux qui peuvent en certaines circonstances exalter la virulence des anciens, et de saprophytes les rendre pathogènes. Ce Sont là des vertus négatives sans doute, mais réelles et utiles. Elles sont suffisantes pour ne pas nous faire dédaigner la stérilisation des aliments.

Il est facile de le présumer : pour agir sur le microbisme intestinal préexistant il faudra modifier ses conditions d’entretien. Ce n’est pas tant en supprimant lapport de nouvelles légions microbiennes dans l’intéstin à l’aide d'aliments stériles qu’on en abaissera le nombre ; c’est en réduisant les déchets alimentaires, c’est en diminuant la quantité de matériaux sans lesquels la pullulation microbienne est impossible. La qualité des aliments influe sur la quantité des microbes et nous allons voir que de cette remarque, sont résultés les meilleurs

moyens d'asepsie.

S 2. — Les régimes carné et végétal. Fe

La qualité des aliments influe, avons-nous dit, sur la

quantité des microbes intestinaux; il nous faut donc re-

chercher le régime alimentaire susceptible d’amener la plus grande diminution des germes de l'intestin. MANS es A Priort, il semble que ce soit le régime carné. Avec |

lui, et la b ieveté relative de l'intestin des carnivores en :

fait foi, l’absorption est assez rapide, les déchets sont peu nombreux. De plus la toxicité des urines est moindre que celle des herbivores. M. Charrin la établi, Tandis qu'il faut vingt-deux centimètres cubes d’urine de chien nourri avec de la viande pour tuer un kilogramme d’animal ; quinze centimètres cubes seulement d'urine de lapin sont nécessaires pour arriver au même résultat.

Cependant Îa toxicité urinaire n’est pas entièrement proportionnelle au microbisme intestinal ; elle dépend encore d’autres facteurs. La potasse, introduite dans léconomie du lapin par le régime végétal, contribue’ pour une large part, à la toxicité des urines de cet animal. D'un autre côté la numération des microbes dans les fèces du lapin vient à l'encontre de ce que nous avons pu tout d’abord penser. Les germes n’y sont en effet que de quarante en moyenne par milligramme ; chez le chien au contraire ce chiffre s'élève à vingt-trois mille, Les faits semblent donc infirmer la théorie. La raison de cette apparente contradiction est simple: Les parties non digérées de la viande contiennent sous ur petit volume des matériaux nutritifs encore utiisables pour les bactéries ; au contraire, In grande quantité de cellulose non utilisée par le lapin ne fournit presque rien pour la vie des microorganismes. ar 22

Une thèse récente a mis ces faits en lumière. M. Bohn a étudié l’influence du régime sur la dyspnée toxi-alimentaire $ ses nombreuses observations montrent les rémissions plus longues avec le régime végétal, plus courtes avec le régime carné. La florz bactérienne du tube diges-

tif est moindre dans le premier cas que dans le second;

Page 1