‹ L'Asie mineure et les Turcs en 1875: souvenirs de voyageChapitre 9 sur 13 · FONCIÈRE · texte numérisé non relu

FONCIÈRE

Nous nous sommes, ai-je dit, embarqués, Nikolaki et moi, en compagnie d'un aveugle turc et d'un pacha. La traversée fut abrégée par les chants nasillards de l'aveugle : le pacha l'invitait à chanter moyennant baghchich ; quelquefois même on eut sur le pont la distraction d'un duo, et le second chanteur était en personne Son Excellence le pacha. Figurez-vous sur une place publique, en France, le duo d'un mendiant et d'un préfet. Et nul Oriental ne trouva l'association étrange: tou-

jours l'esprit égalitaire des hommes de l'Orient!

Vendredi, 10 décembre.

Je débarque à Beyrouth au milieu de la population la plus braillarde que j'aie de ma vie rencontrée : on se Jieurte, on étouffe dans cette foule, on est assourdi de ses cris gutturaux. Quel contraste avec le calme silencieux d'un débarquement chez les Turcs ! Le type, soit au physique, soit au moral, est entièrement nouveau : des Arabes à figure allongée et correcte , grands, d'allure dégagée et vive , fripons et menteurs autant que les Turcs sont honnêtes et loyaux; mélange discordant de rudesse et d'astuce, de sauvagerie native et d'aspirations vagues vers la vie civilisée. Leur costume, par l'incohérence même de ses éléments, répond assez à leur physionomie morale : ils portent la grande robe ou l'ample culotté des Levantins, et par dessus u n paletot ; cela s'appelle en Syrie se vêtir à l'européenne*

Les édifices ont, eux aussi, la prétention d'imiter les nôtres; mais dans le vieux Beyrouth le caractère européen de leur architecture est du meilleur aloi. Je ne parle pas de la Grande-Mosquée, qui est une magnifique église élevée par les croisés : des bâtiments presque contemporains témoignent des traditions de notre architecture du moyen âge ; l'art occidental s'est perpétué dans cette contrée, tel que les croisés l'importèrent, tel que les chevaliers de Rhodes l'ont fait vivre. L'ogive est en usage aujourd'hui même, et ce n'est pas affaire de caprice ou de mode : c'est l'ogive aussi bien à sa place, aussi naturelle, aussi franche qu'aux derniers instants du moyen âge français. Tel quartier de Beyrouth vous produit l'illusion d'une ville européenne au quinzième siècle; ces petites boutiques, ces escaliers extérieurs, ces recoins de rues qu'on n'est habitué chez nous à voir que dans des illustrations de romans, tout cela, dans cette ville de Syrie, existe au naturel : on se

sent reporté à quatre siècles en arrière , et l'on hésite à se croire en Asie, devant des témoi-. gnages si vivants d'une influence toute française. Cette prodigieuse influence des croisades, il serait aisé de la suivre à la trace dans toute, la partie de la Syrie où s'établirent les croisés ; mais la terre sainte a été tant de fois décrite que j'oserais à peine en renouveler le tableau. Je passe donc la région à l'ouest et au nord de Damas, et je reprends mon récit à l'entrée des plateaux du haut Oronte.

Mardi, 21 décembre.

Voici, à la sortie de Damas, le compte de mon personnel, gens et bêtes :

Un Arabe nommé Sali, qui parle un peu le turc, nous accompagne avec trois chevaux : un pour Nikolaki, un pour moi, l'autre pour lui-même. Un quatrième cheval doit porter les bagages, et nous est loué par un jeune Arabe chrétien qui le monte ; en tout quatre

chevaux pour notre usage. Viennent ensuite sept chevaux montés par des soldats d'escorte, auxquels je n'ai pu me soustraire , et un douzième cheval portant un voyageur arabe qui m'a supplié de l'admettre dans ma caravane. La vue de tant de monde me consterne, et mes idées tournent au noir : tout cela, il faut que cela dorme, flâne, se repose; un cheval sera blessé, un homme malade : autant de gens à mes trousses, autant de maîtres dont je relève; je n'aperçois que causes de retard, je me sens d'avance enrayé. Enfin ma suite se met en branle; et, pour me confirmer dans mes sinistres prévisions, elle me force, après cinq heures et demie de marche, à m'arrêter. Mes cavaliers ont lutté de vitesse fort élégamment à travers la plaine; mais, en moyenne, nous n'avons guère avancé : ah! Ton ne dévore pas l'espace lorsqu'on traîne une douzaine de chevaux à la remorque.

Le village où nous faisons halte s'appelle

Dêr'ali; nous sommes reçus dans une maison de Druses dont l'air est grave et le maintien imposant. Us portent un turban d'étoffe blanche et un long manteau noir. Leur dignité d'allures, leur froideur bienveillante leur donne quelque €hos,e de la mine des Turcs; Turcs et Druses doivent être parents. Leur hospitalité est simple, mais large : deux chevreaux et une montagne de riz. Quelques mots à peine s'échangent avec nos hôtes, dont la réserve dépasse celle des Turcs les plus froids : ces hommes sont glacés ; on pénètre au besoin les idées d'un Turc; chez les Druses, tout est mystère.

23 décembre.

Il est neuf heures et demie, et, par le fait de l'escorte , nous sommes à peine en marche ! La plaine s'étend à perte de vue, bordée de magnifiques lointains ; à la fin de décembre, des effets de mirage.

Le pays n'est pas sûr. Le brigadier qui

commande l'escorte a formellement interdit les courses à travers champs et les coups de fusil; il maintient son escouade massée et sans cesse en garde; je le crois un brave homme et de trempe à repousser un coup de main. Sali, mon conducteur, est un étourdi qui a toute l'indiscipline arabe; il s'arrête malgré la consigne, et nous rejoint au galop de charge : le.brigadier le prend pour Téclaireur d'un corps de Bédouins, et déjà l'on s'apprête à faire feu, quand ce fou de Sali est heureusement reconnu.

A midi, nous observons un groupe de colonnes ioniques en basalte, reste d'un. tombeau. La plaine parait fertile ; mais pas une source, et surtout pas un arbre. Enfin, vers une heure, nous atteignons Mousmieh. ,

Notre premier soin est de nous mettre sous la protection d'un groupe de Bédouins, hommes à demi sauvages, au teint cuivré, drapés d'une étoffe rousse et armés de longues carabines. Ils marchent fièrement devant nous et

nous promènent de rue en rue, à travers une ville romaine intacte, habitable, habitée. Les maisons, assises sur le sol le plus bizarrement tourmenté, couronnent une immense coulée de basalte ; supposez une ville bâtie parmi les laves en désordre qui encombrent la plateforme du Vésuve, et vous aurez l'image fidèle du site de Mousmieh. Ces laves, qui servent de base aux édifices, leur ont servi de carrière : la ville entière en est sortie. Et quelle admirable conservation ! les maisons de Pompéi sont des ruines au prix de celles-ci. Le bois manquait, le basalte Ta remplacé. Les plafonds, les toitures sont des dalles de basalte portées sur des arceaux; d'autres dalles pivotantes servaient de portes et subsistent encore ; on voit aux fenêtres les dalles ajourées qui tenaient lieu de vitrage; les salles sont meublées des bancs de pierre où les Romains s'asseyaient il y a seize siècles; nos chevaux ont mangé Forge dans les auges de basalte où mangèrent les chevaux romains.

Le basalte, telle est la seule matière mise en œuvre; le basalte est impérissable, et tout s'est si bien conservé, qu'à chaque seuil que je franchis je me pose cette question : Est-ce une maison déserte où j'entre, ou bien un lieu habité, quelque harem dont je vais être outrageusement chassé? Tout le Ledjah et tout le Haurân sont ainsi couverts de villages antiques qu'on croirait bâtis d'hier. Les Arabes se logent dans ces vieilles demeures comme les moineaux dans les nids abandonnés; tout est romain ici, et pour qui cherche les traces de la vie intérieure au début de notre ère, nulle contrée du vieux monde ne saurait être plus féconde en révélations.

Ces maisons romaines, — ou plutôt grecques, car leurs habitants appartenaient à la famille hellénique, — sont d'une élégance exquise, mais d'une couleur disgracieuse. Le basalte dont elles sont construites est d'un noir mat, et d'une texture grenue qui rend les ombres un peu lourdes. Avec le temps

une végétation de lichens a nuancé le noir de la pierre en prêtant aux surfaces des tons blanchâtres et des reflets d'un gris jaune ; mais en somme le noir domine et l'impression en est triste.

Tandis que je m'égare dans les ruines, mes Bédouins m'avertissent qu'il y a risque à m'attarder, ils nous suivent jusqu'aux limites de la coulée de laves, et nous montrent le chemin de Djébâb.

Nous arrivons à la nuit et sommes reçus chez le cheikh, qui vient à nous vêtu d'une longue robe blanche, nous fait le salut arabe en portant à la bouche sa main qui a touché la nôtre, et nous introduit dans une chambre qui n'est autre que le triclinium d'une maison antique : « Dieu vous a préservés, dit-il; la témérité était grande à mettre le pied dans le Ledjah dont Mousmieh fait partie; les Arabes nomades qui l'habitent sont des hommes de sang, aujourd'hui révoltés, et qui ne connaissent d'autre droit que leur

lance. Leur distraction est de se jeter sur le territoire que nous, Arabes sédentaires, habitons, et de rapporter des têtes. Il y a quinze jours, juste au lieu où vous avez observé des colonnes dans la plaine, ils ont tranché les têtes de deux des nôtres. — Autrefois, continue-t-îl , la Turquie leur achetait la paix : ' le pacha vint à changer, et son successeur voulut affranchir l'empire turc de celte humiliante rançon; dès lors les hostilités commencèrent. Le sultan mit des troupes et une tranquillité apparente fut maintenue. Mais vint la guerre d'Herzégovine, il fallut retirer la plus grande partie des forces turques, et L'insurrection ce jour-là devint terrible. Ces gens ne respectent plus rien; et, s'ils vous ont ménagés, c'est la terreur seule qui les a retenus: ils redoutent les représailles des Franks, votre costume a protégé l'escorte. » Notre cheikh est un singulier homme:

jeune encore, plein d'entrain, d'une portée d'esprit peu commune. Les choses de l'Eu-

rope l'intéressent à la passion; il conçoit qu'il puisse exister une société différente de celle où il est né, nous presse de questions sur la vie européenne ; et, par un retour dont j'essaie de profiter, il nous explique de la meilleure grâce du monde la \ie singulière,, l'organisation si neuve, — unique peut-être, — de la conlrée qu'il habite. Le résumé de son entretien est que, pour le Haurân tout entier, malgré les mœurs sédentaires de la population, l'idée, de propriété foncière n'existe pas. « Dans tout le Haurân, nous dit-il, la terre, les maisons même ne sont à personne, elles appartiennent au premier qui les occupe. Cette maison que vous voyez* mon père Ta agrandie, mes pères l'ont habitée de génération en génération ; ce soir je la quitte, j'en sors mes vêtements, mes tapis, mon bétail : le premier qui demain la verra vide s'y peut installer, et moi j'ai perdu tout droit sur elle. — Qu'à mon tour, j'aperçoive une maison vide, n'importe où , j'y puis en-

trer; mon mobilier déposé sous son toit, personne n'a plus le droit de m'en chasser. — De même pour les terres. Un champ me semble fertile et n'est point ensemencé par un autre : libre à moi d'y riiettre mes bœufs, et, jusqu'à ce que j'aie cessé de le cultiver, nul ne me le disputera. J'en interromps la culture : permis à tout autre de le cultiver pour son compte à ma place.

— « Ainsi donc, il n'y a point ici de propriété ? Mais la possession des terres, elle se lègue ? Vous venez à mourir, qui labourera vos terres ?

— « Mes fils.

— « Et vos filles, qu'auront-elles? » — Le cheikh sourit malicieusement : * Les filles, répond-il, le père les vend comme une autre marchandise au mari qui les demande, et, une fois mariées ou, ce qui revient au même, une fois vendues, elles n'ont rien à p'ré tendre sur les biens de leur père.

— « Et si elles sont répudiées?

— « Ah ! ce cas-là, on a soin de le prévoir. En les mariant on stipule au contrat l'indemnité qu'il leur faudra donner en cas de divorce; et la somme que leur remet le mari pour se défaire d'elles leur tient lieu de tout héritage. » Et mon cheikh de se lamenter sur nos usages occidentaux qui lient le mari à sa femme sans lui laisser comme une ressource extrême la faculté de s'affranchir. Sa complainte ne m'arrive qu'affaiblie par la traduction, mais l'air de bonhomie dont il l'accompagne en dit assez la candide et bienveillante sincérité.

La condition des femmes ne me surprend qu'à demi. J'ai vu dans le Liban, un jour de neige, deux femmes arabes admises à se réchauffer au foyer de leur propre maison : elles étaient assises en seconde ligne derrière le dos des hommes; et je soupçonnai dès ce jour-là le cas que Ton fait d'elles. Mais le régime des maisons et des terres bouleverse toutes mes idées. Quoi ! une société

sédentaire sans propriété? J'inclinerais en ce moment à croire que la notion de propriété n'a pas chez les Orientaux le sens absolu que lui donnent les races occidentales et que le droit romain a consacré. Je me rappelle la division des terres chez les Juifs à l'année sabbatique ; je songe même au devoir d'hospitalité qui dans la pensée de tout homme de l'Orient implique comme un droit de l'étranger au partage momentané de ses biens : tout cela me semble se rattacher à un même ordre d'idées fondamentales et d'idées prodigieusement éloignées des nôtres. — Au reste, je suis en trop belle voie d'informations pour m'arrêter; ce pays doit avoir une singulière organisation civile, ses rapports avec le gouvernement turc doivent être d'une nature à part et curieux à connaître : je poursuis mon enquête. « Sous ce régime du premier occupant, avec cette existence indépendante, avez-vous des impôts?

— « Hélas ! oui, l'impôt, nous le subissons ;

même nous le payons deux fois : au gouvernement turc et aux Bédouins du Ledjalu Et ce ne sont pas seulement nos villages limitrophes du Ledjah qui sont astreints à la rançon des Bédouins , le Haurân tout entier est leur tributaire. L'impôt du sultan, nous le payons de grand cœur; le sultan., nous lui sommes dévoués. » Et en disant ces mots il met sur sa tête en signe de respect nos firmans marqués au chiffre d'Abd-ul-Aziz. « Quant aux Bédouins, on ne leur donne ici que ce qu'on ne peut refuser. Lorsque le gouvernement turc est fort, ils viennent humblement implorer le tribut comme une aumône; aujourd'hui ils l'exigent, et Yetà-1 gent énorme.

— « Et le village, comment est-il administré? Qui en gère les intérêts? Vous, sans doute, cheikh? Mais votre autorité, quelle en est l'étendue, et qui vous la confère?

— « Nous sommes élus ; toutefois le choix du village tombe presque toujours sur le fils

de ses vieux cheikhs : mon père était cheikh, mon aïeul le fat , et, — me montrant son jeune fils, — si Dieu le veut, un jour celuici me remplacera peut-être. »

Sur le détail des attributions, la réponse du cheikh est moins nette; je ne puis saisir qu'une chose : le cheikh est le mandataire des intérêts généraux, le délégué du village pour toutes les affaires communes : il le représente vis-à-vis de la Porte, le défend en face des Bédouins. Dans ces contrées de l'Orient, l'autorité ne se scinde non plus qu'elle ne s'analyse, elle se délègue en masse. Le pacha est administrateur, il est juge, il est chef militaire. Ainsi du cheikh. Son pouvoir ne connaît ni limites fixes, ni domaine défini; la force, pour les Orientaux, est la force et elle est tout; ces esprits d'une seule pièce répugnent et répugneront toujours à l'idée de diviser l'autorité et d'organiser Je pouvoir. Est-il besoin de conclure? Nos constitutions européennes leur sont et leur seront

éternellement inapplicables. L'Occident et l'Orient sont deux mondes distincts ; qu'ils vivent en bonne harmonie s'il se peut, mais n'essayons pas de les faire entrer tous deux, en dépit de leurs idées et de leurs instincts, dans un même cadre social.

23 'décembre.

Nous prenons congé de notre excellent cheikh. «Dieu vous garde, » dit-il; et ce n'est pas dans sa bouche une simple formulé, car le pays est infesté de Bédouins. Mais a-t-on le temps de songer à ces vilaines gens quand on découvre devant soi, du milieu de la plaine, cinq villages antiques : cinq villages pour ainsi dire intacts et qu'on embrasse % d'un même coup d'œil I Celui où nous cherchons un gîte s'appelle San amen.

Ici encore nous sommes logés dans la maison du cheikh ; il nous explique que sa dignité de cheikh l'oblige à recevoir les étrangers.

« Dignité onéreuse, lui dis-je. — Non, reprend-il, c'est un honneur; et, du reste, en échange les cheikhs sont dégrevés d'impôts. »

L'accueil est aussi cordial qu'àDjébàb.

A peine avons-nous mis pied à terre, qu'on prépare le café à notre intention, et la façon dont on l'offre donne la mesure de la sécurité du pays : le maître de la maison, avant de présenter le café à personne, en fait passer une même goutte tour à tour dans toutes les # tasses, et la boit ; mais ici, par bonheur, la précaution est superflue, car la figure seule de notre hôte répond assez de sa franchise hospitalière. — Le café bu, le cheikh nous sert personnellement de guide.

Sanamen ne diffère de Mousmieh que par la plus belle conservation des tours sépulcrales élevées à ta limite du village çomcpe un ornement et peut-être comme une défense. Les rues ont gardé leurs trottoirs antiques, leurs chaussées dallées; presque

toutes les maisons romaines sont debout, et la population actuelle n'en occupe pas plus d\in tiers : les autres vous présentent ouvertes leurs portes de basalte ; ce sont des demeures vides, mais absolument neuves et , semblables en tout aux demeures occu?

pées.

Je m'explique maintenant, à la vue de tant de maisons inhabitées, les détails que le cheikh de Djébâb m'a fournis sur l'absence «de propriété foncière. Les villages antiques contiennent des habitations plus qu'il n'en faut pour tous : il suffit de choisir ; à quoi bon discerner le mien du tien lorsqu'il y a pour chacun au-delà de Futile ? Que les ressources naturelles d'un pays viennent à dépasser les besoins des habitants à ce pomt que deux tiers des richesses demeurent sans emploi, et l'heureux pays auquel nous supposons ce privilège tombera fatalement sous le régime du Haurân : la propriété y cessera comme n'ayant plus de

raison d'exister. L'eau ne s'achète point dans une ville traversée par un fleuve: c'est là, en un seul mot, toute la théorie de l'état social propre à ces singulières contrées.

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