‹ L'Asie Occidentale dans les inscriptions assyriennesChapitre 8 sur 12 · XVII · texte numérisé non relu

XVII

Il est certain néanmoins qu'un grand nombre d'Israélites du Nord furent transportés en Mésopotamie, en Assyrie et en Médie ; et qu'on établit à leur place des colons venus surtout deBabylonieetd*Élam. La Bible attribue le fait au roidU^- 5wr,sans préciser davantage. Les colons eux-mêmes, après la captivité, se croyaient redevables de leur établissement en partie du moins, à Asarhaddon et à Asenaphar, qu'on croit retrouver dans Assurbanipal. Quoi qu'il en soit, Sargon, avant eux, avait amené de nouvelles tribus dans l'ancien royaume d'Israël (i). Il dit :

« Les Ibadidi, les Marsimani, les Khayapai, arabes lointains, habitants du désert, que les savants (?) et les lettrés (?) ne connaissaient pas, qui n'avaient jamais apporté leur tribut aux rois mes pères, par la protection d'Assur, je les exterminai. J'enlevai ceux qui restèrent et les établis dans la ville de Samirina(2]. »

Au lieu des mots soulignés, une autre relation porte : je les jetai dans le Bit-Khumria (3).

Bit-Khumri, ou Bit-Khumria, et mat Khumrif a), msiison d'Omri, pays d'Omri (Vulgate : Amri), sont les noms ordinaires pour désigner le royaume d'Israël. Le pays de Khumri est au nombre des contrées syriennes qui paient tribut àRamajinirar III : Tsurru{Tyv), Tsidunnu (Sidon), Khumri (Omri), Udumu (Édom), Palasta (pays des Philistins) (4). Salmanasar II donne une place importante entre ses vassaux à Yaûa [ié\ï\X],fils de Khumri, dont il veçoii des objets en or et en argent, des bassins (ou patères) d'or, des aiguières d'or, des gobelets d^or, des seaux d^or, des objets enétain, un sceptre royal, une lance (5). Teglatphalasar II détrônsi Paqakha [en héhven, Péqakh, Phâcée) de Bit'Khumria, et mit à sa place ^w^^ (Osée) ; il reçut les présents de

i\)Esdras,\\, 2, 10.

(2) Botta, Monument de Ninive, pi. 75, 11. 3-5.

i3) Cylindre de Sargon, 1. 2U.

(4) Inscription A de Ramannirar III, 1. 12.

(5) Obélisque. Epigraphe 2.

Minikhimmi (Ménahera)de Saminna (i). Ce dernier nom se trouve joint à celui de Bit-Khumria dans plusieurs textes : Sargon ravage Samirina et toute la maison de Khumria ; ailleurs, la vaste maison de Khumria (2).

Le roi Akhabbu sirhalai, vaincu en même temps que d'autres princes syriens par Salmanasar II, a été généralement identifié avec Achab d'Israël, l'ethnique sirhalai étant censé signifier israélite (3).

On a identifié longtemps avec Samarie une ville dont le nom se lisait Usimuruna, et qui eut pour roi un Minikhimmi, Ménahem. Mais on pouvait lire non moins bien Samsimuruna, et la variante décisive Sa-am-si-mu-ru-nay constatée ultérieurement, en justifiant cette lecture, a rendu impossible l'identification proposée. Samsimuruna n'est point Samarie. Le nom d'un de ses rois, Abibahal, semble indiquer une principauté phénicienne (4).

Outre Samarie, Elteqè et Timnâ, les inscriptions signalent encore, parmi les villes du royaume d'Israël, Magadû ou Magidû[h], sans aucun doute Mageddô, de la tribu de Manassé, dans la plaine de Jezraël, et Apku proche de Samirina (ô). Apku^ dépouillé de sa désinence assyriennne, rappelle Apheq, nom de quatre villes en Palestine. Comme Asarhaddon (ou Assurbanipal) passe par Apku en allant de Tyr aux frontières d'Egypte, sans rencontrer d obstacle, libre par conséquent de suivre le chemin le plus commode, on ne peut pas songer à Apheq, aujourd'hui

(1) Cun. Inscr. ofWest, Asia, t. m,pl. 10, n^ 2, 11. 26-29; Layard,/w5cW/)- <to«5, pl.50,1. 10.

(2) Inscription des Taureaux, 1. 21.

(6) Stèle de Knrhh, 11, 91 .

(4) Samsimuruna figure parmi les vingt-deux royaumes tributaires d'Asarhaddon et d' Assurbanipal.

(5) Cun. Inscr. of W, A., 1. 11, pi. 53, n^ 3, 1. 56, et n« 4, 1. .^8.

(o) Voir le fragment d'Asarhaddon (ou d'Assurbanipal) publié par M. Boscawen dans les Transactions ofthe Soc, of Bibl. Arch., t. IV, pp. 90-96. Le passage concernant Apku se lit au recto du fragment, 1. 16. Cf. Cun. Inscr» of West As a, t. Ul, pi. 35, no 4, recto, 11. 11 et 12.

Afqa, aux sources de Nahr-Ibrahim dans le Liban septentrional, ni à Apheq à Test de la mer de Galilée, ni à Apheq dans la montagne de Juda. Il faut donc se décider avec M. Fried. Delitzsch pour Apheq de la tribu de Manassé, dans la plaine de Jezraël.

Une distance de trente kasbu-qaqqar sépare Apku de Rhapikhi (Raphia) à la frontière d'Egypte. De cette donnée et de l'itinéraire probable d'Asarhaddon (ou d'Assurbanipal) par Mageddô, Joppé, Azot, Gaza, M. Fried. Delitzsch déduit la longueur approximative du kasbu-qaqqar. Trente kasbu-qaqqar valent à ce compte 24 3/4 milles allemands ou près de 184 kilomètres, et le kasbu-qaqqar plus de six kilomètres.

Les pays d'Ammon, de Moab et d'Édom, que nous avons rattachés à la Palestine, sont nommés en passant dans les inscriptions. Ils figurent dans plusieurs des listes citées précédemment ; on les rencontrera encore en suivant As8u»*banipal à la poursuite des tribus arabes.

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