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rablement nourri de textes sacrés, prononcé d’une voix ferme et onctueuse, accompagné d’un geste sobre mais aisé ?.
No regrettons de ne pouvoir citer ce sermon dans son entier. ÆEcoutons-en au moins la fin. Après avoir dit la source divine où les épouses de Jésus-Christ puisent leur piété ardente et leur zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, l’orateur ajoute :
“ Le bon Pasteur leur communique sa science, elles connaissent, elles aussi, les brebis, et elles ne peuvent les connaître sans les aimer ; car dans le langage évangélique, connaître, c’est aimer. A elles aussi, il a été dit : “ Pais mes agneaux ”, et fidèles à l’ordre du divin Maître, elles se dispersent deux à deux pour aller exercer leur sublime apostolat, Aussi contempuez leurs travaux, Voyez combien, avec le secours de cette rosée céleste qu’on appelle la grâce, le grain de sénevé a grandi et s’est développé au point de devenir un arbre majestueux, sur lequel les oiseaux du ciel viennent se réfugier et chanter des hymnes de reconnaissance au Dieu qui les abrite. Ceux qui, connaissant ce coin de terre il y a quelques années, le visitent aujourd’hui, peuvent constater le contraste merveilleux entre le passé et le présent et ne s’empêcheront pas de s’écrier : Vere digitus Dei est hic ! Vraiment le doigt de Dieu est ici ”!
“ Dans les siècles de foi robuste, dans ce moyen âge
où la religion inspirait tant d'œuvres monumentales, on a vu des colonies de moines industrieux se fixer dans quelque endroit sauvage. Ils y plantaient la croix ; ils défrichaient la forêt, élevaient à leur divin Maître une chapelle où ils psalmodiaient sa gloire et sa bonté; ils fertilisaient les sillons de leurs sueurs généreuses, et leur maison devenait le refuge du pauvre et du pèlerin. Alors le désert fleurissait, des prodiges de dévouement germaient dans ces solitudes autrefois abandonnées et qui semblaient avoir été maudites de Dieu et des hommes. Mais cette foi qui transformait ainsi les montagnes désertes en Carmels, qui faisait couler le lait et le miel dans les terres arides et sans eau, cette foi n’est pas morte, Elle se conserve comme un foyer toujours ardent au cœur de l'Eglise. C’est elle qui embrase les serviteurs du Roi des rois. C’est elle qui a opéré les prodiges que vous contemplez aujourd’hui autour de vous. C’est elle qui a édifié ce monastère, cette maison de Dieu qui a été construite sur la montagne pour attirer à elle toutes les nations. Aussi voyez comme dans ses portes généreusement ouvertes, se dirigent tous les membres souffrants de Jésus-Christ. Car c'est au banquet du Roi qu'ils ont été conviés, à ce banquet dont les riches et les puissants n’ont pas voulu.
“ Dans ce cortège nombreux, contemplons en passant quelques figures. Nous les reconnaîtrons peut-être au
jugement du Fils de l’homme. Regardons-les attenti-
vement, car nous les verrons peut-être à sa droite, revêtues d’une étole de gloire, le front ceint d’un diadème de pierres précieuses.
“ Et d’abord, précédant tous les autres et courant se jeter dans les bras de leurs bienfaitrices, voyez ces chers petits enfants. Ne dirait-on pas qu'ils ont deviné la parole du Sauveur ? Né dirait-on pas qu’ils savent que Jésus aime à laisser venir à Lui les petits enfants ? Oh! oui, ils le savent, car ils l’ont appris auprès du berceau de l’Enfant-Dieu dans les saintes fêtes de Noël; ils l’ont appris surtout au catéchisme, des lèvres de leurs bonnes maîtresses qui, elles aussi, aiment les petits enfants et leur apprennent, par leurs exemples autant que par leurs paroles, combien Jésus est aimable, Que de bienfaits ils viennent chercher dans cette sainte maison! C’est ici qu'on développe leur intelligence et leur cœur par d’habiles enseignements, par de saintes lecons de foi et de piété; c’est ici qu’on leur montre à fréquenter les sacrements, à se sou venir de leur Créateur dans les jours de leur jeunesse.
“ Et puis, modestement vêtue et baissant humolement le regard, s’avance la troupe de ces âmes qui viennent placer leur innocence à l’abri de la houlette du bon Pasteur, Comme leur visage est souriant de bonheur! Comme elles s’attachent avec amour aux pas de leur Sauveur et de leur guide! Elles ne savent pas comment lui témoigner toute leur affection. Elles voudraient
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1épandre leurs cœurs à ses pieds, comme cette sainte convertie de l'Evangile brisa son vase de parfums précieux aux pieds du Sauveur, Que l'époux vienne maintenant! Il les trouvera prêtes, priant et veillant pour le recevoir. Leurs lampes sont toujours bien entretenues, et elles ne s’éteindront pas dans la nuit, Leurs mains sont pleines de bonnes œuvres. Sous la direction de leurs saintes gardiennes, leurs doigts ont appris à manier le fuseau. Elles cherchent le lin et la laine pour en tisser des vêtements, Qui sait combier de misères elles contribuent à soulager, combien de membres nus de Jésus-Christ elles peuvent travailler à vêtir !
“ Nous ne nous arrêterons pas à contempler les autres figures du cortège des malheureux qui viennent demander à cet asile la paix et la consolation. Mais s'ils y trouvent le bonheur, quel ne sera pas celui des âmes religieuses qui les relèvent, les fortifient et les dirigent au ciel. Oh! comme elles tressailleront d’allégresse au dernier jour en voyant le nombre de ceux qu’elles auront soulagés, Ces fils, que leurs larmes et leurs prières auront conquis à Jésus-Christ, se lèveront et les proclameront bienheureuses. Leur Epoux céleste se lèvera, lui aussi, et les louera, car elles ont craint le Seigneur, Elles mériteront d'entendre, de ses lèvres adorables, ces paroles encourageantes : Venez du Liban, ma bien-aimée, venez et vous serez couronnée ”, Veni de Libano, sponsa, veni, coronaberis ”,
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