HI. - MODIFICATIONS DE LA POCHE PLEURALE
Il'est bien certain que sous l'effet des aspirations la poche pleurale diminue assez rapidement ; on le constate d’abord radiologiquement, dès que la fistule s’est fermée, puis on le vérifie par la diminution progressive des quantités de liquide retiré à chaque aspiration.
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Et parallèlement à la quantité de liquide évacué, se crée vraisemblablement une symphyse progressive ; il s’agit sans doute d’un simple accolement mécanique qui favorise la symphyse des feuillets pleuraux. Nous n’entrerons pas dans le détail de l’organisation de telles symphyses qui appartiennent au domaine de l’anatomie pathologique.
Mais il est évident que pour que cette symphyse ait le temps et les moyens de se constituer, il faut que cet accolement mécanique des deux feuillets pleuraux ne soit gèné en rien par la présence de liquide dans la cavité ; et l’objection qu'opposa notre Maitre BERNOU à l’aspiration discontinue parait très juste : « Dans les pyothorax anciens, en effet, l’aspiration discontinue entraîne üne exsudation rapidement sérohémorragique ; celle-ci s’accumulant entre les deux feuillets de la plèvre en empêche le contact et la symphyse ». D'où Ia nécessité « de faire des aspirations discontinues à un rythme fréquent et régulier, asséchant autant que possible — à chaque fois la cavité pleurale ». (Docteur THIBAULT).
Cependant, chez nos malades, ce n'est qu’assez rarement (observation n° 3) qu’une telle exsudation empêcha la symphyse totale. Bien entendu, cela suppose qu'il n'existe pas de causes viscérales (cavernes corticales, importantes masses caséeuses superficielles et fissurées dans la plèvre) qui puissent s'opposer au succès complet de la méthode,
Mais, de fait, l’action des aspirations sur la symphyse de la poche n’est pas toujours complète, sans que cependant un décollement ultérieur, certes toujours à craindre, ne se soit produit chez nos malades (observation n° 27). À vrai dire, ces décollements, sans être exceptionnels, ne sont pas tellement fréquents. Dans ce cas, on pourra essayer à nouveau l’aspiration sur la poche reconstituée et on peut espérer aboutir à un résultat satisfaisant si, comme nous le disions ci-dessus, aucun obstacle viscéral insurmontable ne s’y oppose.
Dans lobservation n° 3, la poche se maintient avec 80 cc. de liquide pendant plus de 10 mois, et, dans l'observation n° 25, lorsqu'une rechute s’est produite 5 mois après la guérison apparente, il n’a été retrouvé que 80 cc. de pus, rapi-
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dement retombés ensuite à 30 ; or il s’agit d’un malade qui était arrivé avec une grande poche, perforation large et vomique., Dans l’observation n° 27 la rechute s’est produite 3 ans après seulement.
Rappelons l'épaisseur considérable de la pachypleurite pariétale qui est, avec la pachypleurite viscérale, dans la proportion de 9 à 1 ; cette pachypleurite qui ne gêne donc pas toujours l’organisation de la symphyse, s’exagère même au moment des aspirations, pour s’effacer au moins partiellement lorsque la symphyse s'organise de façon définitive.
Et disons’enfin que cette rétraction de la poche se fait heureusement aux dépens du tissu sain et du médiastin sans que nous ayons constaté le plus habituellement la « réévolution » du tissu malade.