REPÉRAGE DU POINT DE PONCTION
On commencera par repérer soigneusement le point de ponction sous l'écran en faisant tourner le malade pour situer exactement la position de la poche. Il ne suffit pas d’ailleurs de le faire tourner derrière l’écran; il faudra, suivant les cas, le voir penché du côté opposé à l’épanchement, si le point déclive est axillaire, incliné fortément en arrière, si la déclivité est antérieure ou, au contraire, le corps fléchi très en avant, si elle est postérieure.
Il ne paraît pas indispensable de ponctionner strictement au point déclive, mais plutôt dans l’espace intercostal audessus. On évite souvent ainsi des difficultés techniques dans l'évacuation du liquide. Il y a en effet fréquemment, au fond de la poche, des dépôts purulents épais, des grumeaux caséeux, des débris épithéliaux, des amas de fibrine.…., qui viennent obstruer la lumière du trocart; parfois, ce sont des cloisonnements, ou tout simplement la plèvre viscérale ellemême qui vient se plaquer contre l’extrémité du trocart, d’où l'utilité de l’œillet latéral que porte le trocart de BERNOU.
Autant que possible, il faut s'attacher à ponctionner en avant ou sur la ligne axillaire plutôt qu’en arrière, afin d’éviter, dans la région postérieure, une infection de la paroi qui, si elle est rare (comme nous le verrons au chapitre des accidents), n’est cependant pas impossible. Il en résulterait, dans la suite, des dangers d'infection de la plaie opératoire si on est obligé d'intervenir par une thoracoplastie para-vertébrale.