‹ L'aspiration discontinue intra-pleurale dans le traitement des pyothorax tuberculeuxChapitre 32 sur 83 · QUELLES SONT LES VALEURS DES DÉPRESSIONS UTILISÉES · texte numérisé non relu

QUELLES SONT LES VALEURS DES DÉPRESSIONS UTILISÉES

A) Cas où il n'y a pas de perforation évidente.

Au début du traitement et surtout si l’empyème est récent avec plèvre encore mince, les dépressions seront très faibles

— 1 à — 2 cm. de Hg. Mais, plus ou moins vite, selon les cas, selon les résultats obtenus, selon la manière dont le malade les supporte, elles seront augmentées progressivement pour arriver si c’est nécessaire aux dépressions (d’ailleurs souvent approximatives, comme nous l'avons vu, si l’on prend la mesure sur le flacon récepteur de liquide) de 30 à — 40 em. de Hg. Toutefois, même si l’on est en présence d’une pachypleurite épaisse, le plus souvent il sera inutile d’amener la dépression à de tels chiffres, des dépressions de — 10,

— 15 à — 20 centimètres de Hg suffisant largement.

On ne doit pas oublier, en effet, que le poumon se trouve souvent plus ou moins densifié sous une plèvre viscérale épaisse. En « aspirant » celle-ci, le poumon se déplace en bloc, entraînant avec lui le médiastin. Le malade accuse alors une sensation pénible et violente de gêne thoracique. Si la dépression est maintenue, des troubles cardiaques peuvent rapidement apparaître et le malade peut succomber à une

syncope. En revanche, des dépressions prudentes, progres-

sives, arrivent toujours à libérer la plèvre de la solidarité avec le médiastin, par assouplissement et « reperméabilisation » du poumon: les dépressions pourront alors sans danger être amenées jusqu’à la valeur jugée « optima ».

Les fortes dépressions pourraient être la cause d’hémorragies pleurales; du moins c’est une des objections qui ont été le plus fréquemment présentées contre la technique de l’aspiration forcée. De telles hémorragies pleurales peuvent en effet se produire; elles sont rarement importantes; le plus souvent, le liquide devient séro-hémorragique après quelques aspirations, puis peu à peu redeviendra plus clair, même si les dépressions sont plus accusées.

Sur plus de cent cas d’aspiration forcée, continue ou discontinue, le Docteur BERNOU n’a observé que trois cas d’hémorragies pleurales à partir de dépressions de l’ordre de 6 à 12 cm. de Hg.: il fallut rester en decà de ces dépressions, compléter le traitement par l’aspiration continue en un cas, par des pleurectomies « a minima » dans les deux autres. Ajoutons encore que deux pleurésies hémorragiques survenues

en de vieux pneumothorax ont pu être traitées dans un cas avec un succès momentané, dans l’autre avec un succès Complet. (Docteur BERNOU). (Voir $ des Accidents).

B) Cas où existe une perforation.

L'expérience a montré que l'aspiration discontinue pouvait parfois réussir quand il existe une perforation. Mais pour arriver au succès, on ne saurait indiquer une dépression convenant à tous les cas; il faut savoir chercher la dépression « optima » dans la position « optima ». On a remarqué, en effet, qu’il existe souvent une position du malade dans laquelle l’air arrive plus difficilement par la fistule bronchopleurale, et même où ceile-ci paraît complètement oblitérée, au moins momentanément.

— Si cette heureuse éventualité se produit, on poursuivra le traitement.

— Si au contraire la pression ne « tient » pas, il faut

1° soit attendre que la perforation s’obstrue spontanément, ce qui peut arriver; d

2° sinon, il ne faut pas trop temporiser (sous peine de voir bientôt décliner l’état général du malade au point de ne plus pouvoir le « rattraper », ou se produire une bilatéralisation qui rend inutile toute intervention). Mais il convient alors de recourir précocement à l’aspiration continue ou à la thoracoplastie et, parfois tout de suite, aux pleurectomies suivies de cautérisations. (Voir observations n°° 28, 29).

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