3° INDICATIONS « DISCUTABLES
Mais, nous dira-t-on, il y a tout de même un risque que Pon n’a pas le droit de considérer comme négligeable, celui de déterminer par l’aspiration discontinue, comme par la continue, un réveil pulmonaire qu’une symphyse recherchée et obtenue empêchera de traiter à nouveau par la collapsothérapie gazeuse. Or, il ne s’agit plus là de ces grosses lésions pulmonaires excavées pour lesquelles, de toute façon, la chirurgie pulmonaire était à envisager. N’aurait-on pas pu temporiser encore ? La pleurésie purulente se serait peut-être guérie à la longue ; et maintenant, voilà notre malade bacillifère, obligé de recourir à une thoracoplastie que le temps lui aurait peut-être évitée.
C’est, à notre avis, mal juger les choses ; car, ou il n’y a pas de réveil : c’est le cas presque général ; ou, s’il y a réveil, on doit en conclure que la lésion, mal éteinte malgré un pneumothorax apparemment efficace, n’aurait pas guéri, et autant recourir tout de suite à la chirurgie que temporiser indéfiniment.
Mais pour ne, pas heurter ces réticents, disons qu’à côté des cas envisagés précédemment, pour lesquels on doit recourir à l’aspiration discontinue, il y a ces cas où l’on peut y recourir ; ce sont les suivants >
A. — On a fait une série de lavages qui ne semblent rien donner (la douzaine classique). On en vient à se demander
s’il n’y a pas.une lésion corticale pulmonaire à la base de cet
échec et de la persistance de la pleurésie purulente. On peut alors essayer l’aspiration discontinue dont l'effet symphysant n’impliquera pas forcément la nécessité d’une thoracoplastie ultérieure ; en tout cas, le risque vaut bien, à notre avis, d’être tenté, car
a) Ou bien, chose curieuse, la lésion encore bacillifère de façon inconstante s’éteindra, au lieu de se réveiller davantage (observation n° 36). (La sclérose considérable, dont témoigne l’importance de la pachypleurite pariétale qu’entraînent les aspirations, ne nous ‘a pas semblé étrangère à cet heureux et paradoxal effet des aspirations sur le parenchyme sousjacent).
EE
b) Ou la lésion pulmonaire se réveillera ; mais comme nous le disions plus haut, il n’y a pas à le regretter ; cela indique une lésion qui n'aurait vraisemblablement jamais guéri ; autant, sans plus tarder, recourir à la chirurgie pulmonaire, à laquelle, de toute façon, il aurait fallu se résoudre ultérieurement, et peut-être dans de bien moins bonnes conditions.
c) Et cette chirurgie peut n'être qu’une paralysie diaphragmatique (observation n° 21).
B. — A plus forte raison, on peut en toute sécurite recourir à notre avis à l'aspiration discontinue, en présence de ces pneumothorax plus ou moins adhérents, qui se sont compliqués de liquide, lequel, tandis que le poumon s’améliorait, a subi la transformation purulente, Spontanément ou sous l’effet des lavages, la poche pleurale s’est rétractée, le collapsus a perdu certainement de sa valeur d'efficacité ; à quoi bon garder davantage une poche peu efficace et suppurante ? Et là encore, bien souvent, et sans présenter de réveil pulmonaire, le malade verra sa température tomber et son état général reprendre lorsqu'on l’aura débarrassé de son pneumothorax, jadis utile, mais devenu maintenant peu utile ou réellement inutile et nuisible.
C. — L’aspiràtion discontinue a sa place là où la chirurgie ne peut être envisagée : dans les pneumothorax bilatéraux
par exemple (obs. n° 40). Elle a du moins une valeur palliative,
4% INDICATIONS DISCUTEES.
Nous disons « discutées », car, à notre avis, et contrairement peut-être à l'opinion unanime, on pourrait même recourir, dans certains cas, à l’aspiration discontinue prudente et temporaire pour guérir une pleurésie purulente, sans aboutir À la symphyse, c’est-à-dire en conservant la poche pleurale. (MONALDI, docteur THIBAULT), (Observation n° 492).
Nous aurons l’occasion de revenir sur ces indications au cours de la présentation de nos observations.