‹ L'aspiration discontinue intra-pleurale dans le traitement des pyothorax tuberculeuxChapitre 65 sur 83 · LEE · texte numérisé non relu

LEE

Le 26 juin et en novembre, des bacilloscopies sont négatives.

De la plaie dorsale, il ne reste qu’un trajet fistuleux dans lequel on introduit un crayon de nitrate d’angent pour activer la cicatrisetion.

Le malade quitte Châteaubriant le 20 novembre 1937.

I1 a été revu plusieurs fois depuis. Il continue à aller très bien.

EN RÉSUMÉ : L’aspiration discontinue a permis ici :

1° de tarir un épanchement purulent survenu dans la cavité résiduelle d’un pneumothorax ont l’inefficacité avait nècessité une thoracoplastie de substitution ;

2° de faire disparaître cette cavité par symphyse ;

3° de conserver une base pulmonaire saine ;

4° Il est à remarquer que l’aspiration discontinue a été utilisée très précocement, ce qui explique en partie le succès relativement rapide.

O8s. 8. — Pyothorax « infectant » dans pneumothorax récent Echec des lavages. Guérison rapide par AD.

permettant une thoracoplastie d'indication pulmonaire

M. Don... Malade de la Clinique de Châteaubriant.

Pneumothorax commencé le 24 juin 1938 pour une tuberculose ulcéreuse du lobe supérieur droit ; la partie interne de l’apex reste symphysée ; la caverne très diminuée ne disparaît toutefois pas complètement. :

Une section d’adhérences est faite le 3 février 1939. Elle est suivie immédiatement d'une réaction liquidienne.

Au cours du mois de mai 1939, l’épanchement récidive et devient franchement purulent.

Une première ponction est faite le 8 juillet ; dès le 15 juillet, des ponctions suivies de lavages avec la solution de Dakin sont entreprises. 9 lavages sont répétés successivement ; ils abaïissent la température, mais le liquide se reproduit.

Dès le 14 août, on commence à associer l'aspiration discontinue

aux lavages ; les dépressions laissées à — 2 cm., — 3 cm. de mercure sont abaissées progressivement au cours des lavages suivants à — 10, — 12 cm. de mercure. Le 14, on retire 90 cc. de liquide

encoré purulent ; on renouvelle les ponctions et aspirations les 17, 19, 23, 25, 28 août, 1° septembre, la quantité de liquide aspiré ce jour étant réduite à 60 cc. Le poumon revient progressivement

à la paroi, sans que la caverne soit beaucoup plus apparente. Les expectorations sont toujours positives.

On décide de compléter l'aspiration par une thoracoplastie, dans le but de comprimer la caverne.

Le 6 et le 7 septembre au matin, on pratique deux dernières aspirations (celles-ci permettant de retirer 20 ce. de liquide sérohémorragique) ; le soir même, le premier temps de thoracoplastie portant sur les cinq premières côtes est fait par le docteur FRU-

F1G. 6. — M. D... (Obs. 8.) — A) Pyothorax dans un pneumothorax

partiel inefficace chez un malade très intoxiqué. — B) Pyothorax après

aspiration. Caverne « mise en évidence » sans aggravation, état général

faiblement amélioré. — C) Thoracoplastie après aspiration discontinue. Guérison.

cHAUD. Suites opératoires excellentes, la température ne dépassant pas 37°9 et redevenant normale au bout de sept jours. Deuxième temps opératoire intéressant les 6° et 7° côtes, avec reprise sur les segments antérieurs des côtes sus-jacentes, le 26 septembre. La température ne dépasse pas 37°9 et redevient normale au bout d’une semaine. L’affaissement obtenu est excellent ;

on ne woit plus trace de fente pleurale. L'état général s'améliore en dépit d’une entérite persistante,

Depuis cette date, la guérison pleuro-pulmonaire s’est maintenue complète, malgré des troubles intestinaux qui ont persisté pendant longtemps.

Actuellement, le malade recommence à mener une, vie un peu plus active,

COMMENTAIRES : Il s’agit ici d’un pyothorax infectant ré- … cent dans un pneumothorax datant d’un an à peine.

L’aspiration discontinue entreprise de bonne heure, après l'échec des lavages, a permis de transformer la pleurésie purulente en épanchement séro-hémorragique avant de faire la thoracoplastie. Trois semaines à peine ont suffi pour obtenir ce résultat alors que 9 lavages et ponctions simples répartis sur une durée de un mois n’avaient pu réussir à modifier le liquide.

Cela met bien en évidence l’avantage qu’il y a à essayer l'aspiration discontinue associée ou non à des lavages lorsque les lavages seuls ont échoué.

Cette aspiration discontinue permet alors de faire une thoracoplastie avec beaucoup de sécurité et pour des indications trictement pulmonaires, Celle-ci tend à corriger les effets fâcheux, rares mais non chimériques, que pourrait avoir sur les lésions le retour à la paroi d’un pneumothorax encore récent.

O8s. 9. — Pyothorax « infectant » dans pneumothorax récent Guérison par A.D. sans évolution des lésions sous-jacentes

Mme He, 25 ans. Malade de la Clinique de Châteaubriant.

Vers l’âge de 18 ans, elle se trouve en contact avec son beaufrère, tuberculeux pulmonaire.

Elle se marie.

En janvier 1934 (trois mois après le décès de son beau-frère), elle fait une pleurésie séro-fibrineuse gauche.

Son médecin traitant qui la voit à la radioscopie ne trouve aucune lésion — apparemment — dans le parenchyme pulmonaire.

Elle reprend son travail en août 1934.

Le 3 novembre 1937, survient une petite hémoptysie (quelques

crachats rouges). La radioscopie ne montre encore rien de bien net.

Spies

Un traitement par Crisalbine et calcium “4, entrepris de janwier à juin 1938.

Une autre hémoptysie se produit le 21 septembre 1938 et s’accompagne de température à 38°3.

Le 8 octobre 1938, la radioscôpie révèle enfin la présence d’une petite spélonque sous la clavicule droite, A gauche. sinus costodiaphragmatique oblitéré.

On réussit un pneumothorax partiel droit, créé le 8 octobre 1938.

Mais une crise liquidienne se déclanche le 14 octobre 1939.

La malade est dirigée vers la Clinique de Châteaubriant le 28 octobre 1939. |

A l'arrivée, on note : une dyspnée assez marquée, de la toux,

. mais pas d’expectoration, une température à 39°, des nausées.

À la radio : on constate que le PNO droit collabe assez bien la moitié supérieure du poumon malgré une large lame de recollement postérieure; d’autre part, il n’y a pas de décollement à la base.

À gauche, on’ remarque un petit infiltrat sous-claviculaire externe.

Le 2 novembre, une ponction permet de retirer 450 cc. de pus épais. Puis on commence l'aspiration discontinue. é

Les ponctions, lavages, aspirations sont faits tous les 2 à 4 jours, étant donné l'aspect du liquide et l’état d'intoxication de la malade.

Les adhérences ou les lames pulmonaires gênent souvent ces opérations en venant se plaquer SL le trocart. Il faut piquer tout à fait en avant. |

La réexpansion du moignon pulmonaire qui est fixé au sommet contre le médiastin, à la partie haute, est déjà très importante.

Le 11 novembre, le chiffre de pression en fin d’aspiration est de — 22 cm. d’eau.

Le 14 novembre, on ne retire plus que 200 «ec. de liquide qui s’est d’ailleurs éclairci.

Le fonds de la poche remonte de plus en plus vers la clavicule et la partie supéro-externe de l’hémithorax droit.

Quelques ponctions sont encore faites par la suite, mais avec beaucoup de difficultés.

En décembre 1939! la malade quitte les Fougerays pour Angers, où le Docteur PELTIER réussit, en deux ponctions suivies d’aspirations, à ramener complètement le poumon à la paroi,

La symphyse pleurale s’est maintenue à droite depuis; il existe toutefois une petite spélonque du côté gauche, là où siégeait l’infiltrat avant de commencer l’aspiration.

EN RÉSUMÉ : Grâce à l’aspiration discontinue associée aux lavages ;

1° On a évité un drainage à la paroi chez une malade intoxiquée chez qui il était urgent d’intervenir ;

2° On a pu ramener à la paroi un moignon pulmonaire collabé par un pneumothorax partiel depuis un an seulement; et on a eu la chance de ne pas voir évoluer les lésions récem-

ment collabées ;

8° On a récupéré un vaste territoire parenchymateux à

droite, ménagé ainsi le poumon gauche, siège d’une lésion, et augmenté les chances de succès d’un pneumothorax gauche s’il était plus tard nécessaire d’y recourir.

O8s. 10. — Pleurésie purulente aïguë dans PNO insuffisant. Guérison de l’épanchement par À. D. Thoracoplastie sur caverne.

M M..., 35 ans. Malade de l'Hôpital de Châteaubriant.

Un frère et une sœur atteints de tuberculose pulmonaire.

Début de la maladie en février 1937 par expectoration, toux, température à 37°7. Les bacilloscopies sont positives.

La malade entre à Chantenay le 27 février où on constate une infiltration diffuse dans la région hilaire gauche, avec début d’excavation au niveau des côtes VI et VIII. On commence un pneumothorax immédiatement. Le décollement est assez bon, mais la région malade est largement symphysée. Il se produit une réaction liquidienne. Le pneumothorax est conservé cependant, car plusieurs analyses de crachats faites après sa création sont négatives.

La malade est enceinte en février 1939. Une nouvelle poussée de liquide se produit en août. À ce moment, le liquide est clair.

Quelques jours après l’accouchement, en novembre, se produit une forte poussée de température, et le liquide est alors purulent. Les bacilloscopies sont à nouveau positives.

La malade est traitée par des ponctions et des aspirations discontinues et une symphyse partielle est obtenue lorsqu'on entre-

prend la thoracoplastie d'indication pulmonaire. (Docteur Fru- CHAUD).

1°" temps : le 4 février 1940 : Côtes I, IX, IT, IV, V. 2° temps : le 5 mars : Côtes’ VI et VII.

3° temps : le 4 avril : Côtes VIII et IX.

Très rapidement, les bacilloscopies sont négatives. Quelques aspirations discontinues sont reprises après l'intervention. Elles abou-

tissent en peu de temps à une symphyse complète obtenue dès la fin d'avril, Depuis, la malade va bien.

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