‹ L'assainissement bancaire aux États-Unis depuis 1933Chapitre 12 sur 55 · SO EE · texte numérisé non relu

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décrochant la monnaie d’une unité de mesure constante, à en faire un « commodity dollar », dont le cours varierait proportionnellement au cours des matières premières et des produits agricoles. Ainsi le résultat de l’opération est-il semblable, tout au moins dans sa conception, à celui qui incite le propriétaire foncier à définir le taux de son fermage par rapport au prix de vente des produits de la terre.

Quoiqu'il en soit de ces intentions, on trouverait difficilement un dynamisme aussi entense, une accumulation de mesures aussi nombreuses que dans les premiers mois de son gouvernement.

Le 4 mars, il prend le pouvoir et sanctionne immédiatemient un fait déjà presque accompli : il décrète le moratoire général des banques.

Le 6 mars, il déclare ouverte la période de « danger national >» semblable à une période de temps de guerre.

Le 9 mars, il réunit le Congrès, vote la première loi de la législature, la loi bancaire de crise.

Il se fait remettre des pouvoirs dictatoriaux dans toutes les branches de l’économie, prend des mesures importantes et les explique lui-même par T. S. F., de sorte que périodiquement le paysan du Texas ou des autres régions agricoles écoute son président s’entretenant familiérement avec lui. C’est ainsi qu’il en prononce un particulièrement important le 18 mars. Ces entretiens familiers ramènent un peu de confiance. Il engage une propagande effective contre la thésaurisation d’or et en 8 jours, trois cents millions de dollars d’or et de Gold Certificates retournent au Federal System. La bourse des marchandises, Wall Street, ouvre sur une note confiance. Dans ses discours, Roosevelt expose à ses auditeurs que la cause profonde du marasme économique et des intolérables abus survenus provient du système de liberté débridée accordée aux individus et aux sociétés dans le domaine économique. En cela, Roosevelt continue la tradition des théoriciens du New Deal, Tugwell, Stuart Chase. Il reproche au capitalisme de rechercher le seul profit, de ne pas faire au salaire une part suffisante, dont

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le taux devrait permettre aux travailleurs non seulement de vivre, mais de s’assurer un train de vie décent et un confort indispensable. Il désirerait par là même également obtenir la hausse du pouvoir d’achat de cette classe consommatrice, ce qui semble bien être le centre de ses idées. Aux établissements de crédit en particulier, il reproche leur gestion imprudente. Il convient d’abord, pense-t-il, de brider la spéculation. Tout le système bancaire des Etats-Unis, depuis le Federal Reserve Act original de 1913, est orienté vers une extension du crédit destinée à augmenter la production et à faciliter la circulation des richesses et cela est théoriquement irréprochable. On a recouru à bien des moyens pour augmenter les facilités de crédit et les instruments de paiement : concentration des réserves dans les banques fédérales, facilités d’émission des banques fédérales de réserves, marché des acceptations bancaires, le fonctionnement de l'Open Market Policy, facilités de réescompte trouvées auprès des Federal Reserve Banks, etc. Mais cette politique de crédit n’aurait dû fonctionner qu’en temps de crise, alors que précisément elle prend son plein développement pendant la prospérité : Ce très grave inconvénient, inévitable sous un régime de liberté entière, sert assurément à justifier un contrôle du crédit même en temps de prospérité. Cette inflation de crédit, qui ne correspond plus aux besoins réels de l’économie est produite à la fois par une folle surproduction à l’intérieur par des investissements à l’étranger qui développent les industries déjà fort concentrées; l’aisance du marché monétaire de New-York favorise encore la spéculation et fait monter prodigieusement le cours des valeurs.

Les avances à l’Europe s’élevaient en 1933 à 15 milliards de dollars et ces investissements imprudents ne furent pas faits par des particuliers, mais par des banques avec l’argent des déposants supposé être en sûreté et disponible, alors qu’il était immobilisé et en partie perdu. Or, lorsque la crise se déclare, beaucoup d’individus ont besoin de leurs avoirs, et bientôt les réserves liquides des banques deviennent insuffisantes pour faire

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