‹ L'assassinat de François de Lorraine due de Guise: 18 février, 1563Chapitre 10 sur 54 · Lettres de Catherine de Médicis, t. I, p. 496 et · texte numérisé non relu

Lettres de Catherine de Médicis, t. I, p. 496 et

5. — Sébastien de TAubespine, évoque de Limoges, et Henri Olutin d'Oysel avaient été envoyés au con-

Ne les voyant pas revenir, il leur fit donner rendez-vous à son logis, au château des Vaslins *, près d'Olivet, et, à la tombée de la nuit ^, il partit à cheval, sans cuirasse. Il était accompagné d'un officier de finance, Tristan de Rostaing, messager de la reine, d*un page, François Racine de Villegomblain^, et de quelques serviteurs. La duchesse de Guise, Anne d'Esté, envoyée par la reine

nétable à Orléans, le 13 février (Lettre de révêque de Riez dans les Mémoires de Condé, t. IV, p. 245).

1. — Il y a doute sur le lieu où habitait le duc de Guise. Les documents du temps, et notamment le récit de la mort de Ouise, par Lancelot de Carie, évêque de Riez, disent qu'il habitait le ôhâteau de Cornay. M. Edouard Fournier, dans les notes qu'il a ajoutées à l'interrogatoire de Poltrot (Variétés historiques et littéraires, tom. Vill, p. 17, Collection Elzév), dit qu'il occupait la maison des Vaslins. M. Baguenault de Puchesse partage la même opinion (article publié dans le Contemporain, février et mars 1867). Le château de Cornay, commune de 8aint-Cyr-en-Val, est en Sologne, à quatre lieues au &ud (l'Orléans. La maison des Vaslins, commune do Saint-liilaire, est plus rapprochée de la ville. Il serait possible que le duc cle Guise ait habité Cornay au commencement du siège, et que la nécessité do se rapprocher du camp l'ait décidé à se transporter à la maison des Vaslins. MM. Fournier et Baguenault de Puchesse s'appuient sur une inscription du temps

3ui existe encore sur le porche d'une maison proche es Vaslins :

Hic prope Guiseus dux vitœ fata peregit,

2. — Vers six heures du soir, écrit le secrétaire Anglais Smith (Calendars, 1563, p. 148).

3. — Villegomblain a écrit des Mémoires (2 vol. in-12, 1667) mais il n'y parle pas des événements de

mère pour sauver du pillage les habitants d'Orléans, était arrivée dans la journée au château. Le duc lui expédia en avant un de ses gentilshommes, le s. de Grénay, <c celui qui Taccompagnoit et couchoit ordi- <c nairement en sa chambre. i> Crenay traversa le Loiret en bateau et rencontra sur l'autre rive un jeune homme qu'il put reconnaître, car ce jeune homme était un des familiers de la maison de Guise : Poltrot de Méré. Poltrot lui demanda <k quand Mon- <c sieur viondroit. » Crenay lui répondit a qu'il esloit bien près. » Poltrot s'en assura en le voyant débarquer, et, sans l'attendre, sauta sur un genêt d'Espagne qu'il tenait en bride ^

Là nuit tombait. Le duc de Guise, en pourpoint de bufle, la plume blanche au chapeau, s'engage au pas de son cheval sur le chemin du ch&teau, s'entretenant avec Tristan de Rostaing de la pacification si laborieusement poursuivie par la reine mère, quand une' détonation retentit au carrefour des deux routes •. Le duc est frappé au côté, au-dessous du bras droit, d'un coup de pistolet

\. — Brantôme, t. IV, p. 255. — Interrogatoire de Poltrot de Méré (voyez plus loin).

2. — Ce carrefour des deux routes est marqué sur la carte de Gassini.

tiré à la distance de six ou sept pas derrière une haie K a L'on me devoit celle là, dit-il, « mais je crois que ce ne sera rien 2. »

Cependant il perd connaissance^ s'affaisse sur l'encolure de son cheval, tâche en vain de se relever et de tirer son épée. « Il luy a sembloit que l'espaule luy estoit emportée « de ce coup. » On le transporte au château des Vaslins; on lui donne des soins. Déjà le héros blessé a repris ses sens et c'est lui qui rend courage à la duchesse et à son fils atné, le prince de Joinville, qui pleurent en silence au pied de son lit. Il les embrasse tous deux. « Que Dieu, dit-il au jeune prince, « te fasse la grâce de devenir homme de a bien. y>

Les chirurgiens de la reine mère. M* Honoré Castellan^ et M*'Vincent, aussitôt appelés, jugèrent que la blessure était sans gravité. La balle (Pollrot avoua plus tard qu'il y en avait trois) avait transpercé le corps du prince, mais a sans toucher aux os

1. — L*assassin observa plus tard que, croyant lo duc cuirassé, il avait visé au défaut de la cuirasse, sous le bras (laterr. de Poltrot).

2. — Brantôme qui rapporte ces paroles (t. IV, p. 256) faisait partie de 1 armée catholique (ibid., p. 259).

3. — Maître Castellan est cité par Brantôme comme un des médecins de la reine (t. IX^ p. 569).

« ny entrer dedans le coffre ^ i> On <k charma y> la plaie pour conjurer les sortilèges qui pouvaient y être attachés ^. La cour partageait les espérances des médecins. Florimond Robertet, secrétaire d^élat, écrivit au cardinal de Guise et au duc de Nemours» le 19 et le 20 février, que Castellan et Vincent assuraient que le duc <k n'en aiira que le mal et qu'il « n'est en aucun danger de mourir. — Si a vous le voyez, ajoute Robertet, vous ne oc le trouveriez point changé do visage, ni « de sa constance et de sa résolution accou- « tumée ^. » Le duc ne se croyait pas gravement atteint. Sébastien de l'Aubespine et d'Oysel, qu'il avait attendus aux portes d'Orléans jusqu'à l'entrée de la nuit, entendirent, en traversant le Loiret, la détonation du pistolet de Poltrot et arrivèrent aux Vaslins quelques instants après l'attentat. Ils entretinrent le prince des négociations de la reine, sans que la blessure enlevât au chef catholique la moindre lueur de sa présence d'esprit.

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