Mémoires de Condé, t. IV, p
3. — Copie du temps, f. fr.. vol. 3176, f. 82. Le testament porte les signatures, en qualité de témoins, de Tristan de Rostaing, de Michel de Vialart, maître des requêtes, et do Saulches de Foissy, maître d'hôtel du testateur. Il est daté du 24 février 1562 (1563).
Bouillon, fut sculpté sur sa tombe avec Texergue : a Je veulx monstrer ce qui est ce venu de Dieu comme venu de Dieu. » Il fit d'amples donations à la duchesse de Guise, désigna son frère, le cardinal do Lorraine S comme son exécuteur testamentaire et le pria de favoriser le mariage de sou fils aine avec Catherine d'Albon, unique héritière du maréchal Saint-André ^. Cependant le blessé s'affaiblissait d'heure en heure. 11 entendit la messe et reçut Textrême-onction des mains du cardinal de Ferrare ^. Entre dix et onze heures du matin, il rendit le dernier soupir ^.
1. — Le cardinal de Lorraine était alors au concile de Trente.
2. — Pour assurer ce mariage, la dame de Ouise, malgré l'opposition de la maréchale de Saint-André, obtint que Catherine d*Albon serait élevée auprès d'elle (Lettre de Chantonay au roi d*E^pagno, 22 avril 1563: orig. espagnol; Arch. nat., K. 4499, n» 56). M. Clément Simon et M. Tamizev de Larroçiue viennent de publier sur cette jeune Olle, convoitée pour sa fortune par les plus grands seigneurs de son temps, d'intéressantes études dans la nevue des questions historiques, janvier 4896, et dans la Revue de l'Agenais, mars 4896. •
3. — Pièce du temps dans les Mémoires journaux de GuisCt p. 517.
4. — Dans notre récit nous avons principalement suivi la Lettre de Vévêque de Riez au Roy, contenant les actions et propos de M. de Guy se depuis sa blessure jusques à son trespas, récit officiel puisque Lancelot de Carie, évêque de Riez, était le confesseur du duc de Guise et l'assista iusques à sa dernière heure. Ce récit a souvent été réimprimé. Nous avons suivi la version des Mémoires de Condé, t. IV, p. 243.
Les regrets de la reine, de la cour et de Tarmée furent aussi sincères, aussi unanimes que le méritait la victime K Le roi lui-même « pleura longtemps et tendrement ^. »
« Nous avons fait eune grant perte en cet ce homme, » écrit Catherine à sa belle-sœur, Marguerite de France, duchesse de Savoie, la seule personne de la cour de Henri II. à qui elle témoignât de la confiance, ce car ce c*estoit le plus grant cappitayne qui souit
« en ce royaume ^. » Florimond Rober-
tet se fait Tintcrprète des courtisans auprès du duc de Nemours : « Je ne scay par quel a cousté je dois commencer ceste lettre, a estant si affligé que je ne puis respirer. » Et il raconte les regrets des princes et des princesses, Teffarement des secrétaires d'Etat chargés d'aviser aux affaires du roi. En correspondant fidèle, il n'oublie pas la duchesse de Guise, qu'il savait être plus chère au duc de Nemours que tout le reste de la cour : ce C'est « pityé que de veoir ceste pouvre dame, car
1. — Le 18 mars, Pie IV adressa une bulle de condoléance au cardinal de Lorraine (Annal. Raynaldi, t. XXI, 1563, no 53).
2. — Lettre de liarbaro à la république do Venise, 2 mars 1563 {Despalchns of Suriano and Barbara, 1891, in-4o). Le roi écrivit à Philippe II une lettre autographe qui est publiée dans le Musée des Archives^ p. 375.