‹ L'assassinat de François de Lorraine due de Guise: 18 février, 1563Chapitre 28 sur 54 · Lettre de Barbaro au doge de Venise du · texte numérisé non relu

Lettre de Barbaro au doge de Venise du

23 mars 1563. (Despatches of Suriano and Barbaro, in.40, 1891).

« bise pour Texécuter; lequel en a écrit à a M. de Chastillon; que, à ce moment Chas- (( tillon ne paraissait pas disposé à approuver (c cette scélératesse; mais que, depuis la « rupture du camp (la défaite de Dreux), il ce avait écrit à Soubise pour lui demander <c de lui envoyer Thomme qui s'était offert ce pour commettre cet acte. Il y alla et le « remplit d'espérance, et, ayant reçu de <c l'argent, des armes et des chevaux, il vint ce s'établir dans le camp du roi, prétendant a être mal satisfait de ceux de l'autre parti ; <( et ainsi il commit l'assassinat ^ » Ce récit terminé, les bourreaux remirent les chevaux en mouvement. Le condamné demanda grâce encore une fois « parce qu'il voulait dire des <( choses d'une plus grande importance, « c'est-à-dire qu'il fallait faire entendre à la a reine qu'elle ait à se bien garder, ainsi « que ses fils, parce qu'il y avait des complots <c formés contre eux. Ces révélations furent « mises publiquement en écrit par les office ciers de justice qui étaient présents. Pour « finir la tragédie, les chevaux furent de (( nouveau excités ; mais comme ils ne purent « lui arracher les membres, il fut ainsi tor-

i. — Il est à remarquer gue ces détails s'accordent avec ceux que Poltrot de Meré avait révélés dans son premier interrogatoire.

(( turé pcndaut quelque temps. Il vivait (c encore quand le bourreau, à coups de « hache, lui détacha les membres, don- « nant ainsi plus de facilité aux chevaux « pour l'achever . Toute la population, pré- (( sente à ce spectacle, fit de si grandes (( démonstrations de ressentiment de la (( mort du duc qu'il est impossible de les « décrire. »

Le registre du conseil du parlement, beaucoup plus sommaire, confirme le récit do 13arbaro. Arrivé sur la place de Grève, porte le registre, Poltrot de Meré « deschargea, « en parlant au peuple, ceux qu'il avoit « chargez. » Sans doute le misérable attendait le secours que le maréchal de Montmorency lui avait promis jusques au pied de Téchafaud. ce Mais, ayant senti le premier « traict des chevaux, [il] dit que, avant a que mourir, il vouloit dire toute la vérité, <K et, devant aucuns capitaines, chargea « les auteurs qu'il avoit premièrement nomce mes et en nomma d'autres qu'il avoit <c excusés *. » Le grand historien -du xvi" siècle, Jacques- Auguste de Thou, était alors enfant ^ ; mais il avait pu recueillir de

i. — Registre du conseil du parlement; Arch. nat., XiA, 1604, f. 618 v°.

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