‹ L'assassinat de François de Lorraine due de Guise: 18 février, 1563Chapitre 33 sur 54 · Cette pièce, datée du 24 janvier · texte numérisé non relu

Cette pièce, datée du 24 janvier

Navarre *, contre Tentrée des retires en France avait ébranlé la fidélité de ces troupes^. Que ne pouvait-on espérer en convainquant d'assassinat le chef du parti huguenot? Le serviteur du duc d^Aumale, nanti de plusieurs copies de la pièce accusatrice, partit pour la Normandie et alla trouver Jean de Nogaret de la Valette, qui guerroyait contre Tarrièregarde de Tamiral '. De là il passa au camp huguenot '.

Coligny lut la déposition de Poltrot ^ et y répondit sur le champ, article par article.

Sa réponse fut probablement rédigée par Théodore de Bèze, « le rhétoricien » du parti, dont elle porte la signature à côté de celle de François de la Rochefoucauld^. On y trouve des démentis, des protestations inutiles et des aveux graves. Il reconnaît qu'il a vu Poltrot de Meré, qu'il Ta envoyé comme

est imprimée dans les Mémoires de Condé, t. IV, p. 205.

i. — Lé prince de Navarre, Henri de Bëarn, était élevé, presque retenu prisonnier, à la cour de Fraàce.

2. — ^ Lettre de Robertet au duc de Nemours, 4 février 1562 (1563). (Orig., f. fr., vol. 3180, f. 51).

3. — Lettre de Coligny à la reine, Gaen, 12 mars 1562 (1563), imprimée avec la réponse de Coligny. Voyez la note 1 de la page 93.

4. — Coligny avait déjà reçu, le 28 février, une lettre de d'Andelot qui lui annonçait la mort du duc de Guise. {Calendars, 1563, p. 170).

5. — L'original est conservé dans le f. fr., vol. 6610, f. 13.

espion au camp royal, qu'il lui a donné 20 écus, puis 100 écus pour se monter, qu'il a reçu, a sans insister sur ce propos, d'aua tant qu'il l'estimoit pour chose du tout « frivole », la confidence des intentions criminelles de l'assassin. Il avoue que, depuis le commencement des troubles, il a été informé de plusieurs conjurations contre la vie de Guise ; il assure qu'il a toujours blâmé ^ ce crime, mais que, ayant appris que sa propre vie était menacée par les ôicaires du duc et du maréchal Saint-André (ce dont il ne peut donner aucune preuve), « quand il a « ouy dire à quelqu'un que, s'il pouvoit, il ce tueroit le duc de Guise jusques en son ce camp, il ne l'en a destourné. » Jamais, dit-il par deux fois, a sur sa vie et sur son a honneur, il ne se trouvera que jamais il ce ait recherché, induit ni sollicité quelqu'un (( à le faire, ni de paroles ni d'argent, par ce soy ni par autruy, directement ni indice rectement ^ ; » mais il a encouragé les sicaires qui voulaient frapper Je nouvel

i. — Réponfie à VinterrogatoirefaitàJean Poltrot Bur la mort du duc de Guise, Caen, 12 mars 1562

il563). Pièce très souvent imprimée, ^u Bouchet, list. de la maison de Coligny, in-fol., p. 523. — Mémoires; de Condé, t. IV, p. 285. — Hist, eccl., 1881. t. I, p. 638). Cette réponse avait paru pour la

Srermière rois en 1563, in-4<>, puis dans les petits iémoires de Condé^ 1565^ t. II, p. 725.

Holopherne. a II n'a practiqué personne pour « cet éiïect », mais a il estime que ce soit a le plus grand bien qui pouvoit arriver à ce « royaume ^ » Poltrot lui représente a qu'il <K seroit aisé de tuer led. s. de Guise »; aussitôt Coligny lui donne cent écus pour se monter. Cet acte de générosité ressemble à un conseil. Il nie avoir soudoyé Tassassin, mais il avoue avoir approuvé le crime et fourni les moyens de le commettre. La nuance n'est pas assez tranchée pour Thon* ' neur de sa mémoire.

Ce n'est pas ainsi que pensait Jeanne d'Albret ; elle traite la mort de Guise de <ic piteux a événement ^. » Le prince de Condé est aussi formel. Le 25 février il parle à la duchesse de Guise de son mari a qui a esté « fort misérablement blessé ^ ; » et après la mort a ..... qui a esté si misérablement a tué. y> Ces généreux sentiments sont cer-

i. — Lettre de l'amiral à la reino en lui envoyant la i)rote8tation cy-dessns, i2 mars i562(1563); Mémoires de Condé, t. IV, p. 303. Cette lettre est toujours publiée avec la protestation. (Voyez la note précédente).

2. — Voyez la lettre de Jeanne d*Albret que nous avons publiée dans Jeanne d*Albret et la guerre civile, t. I, p. 348. La modération sereine avec laquelle elle parle de l'assassinat de Guise est d'autant plus digfie d'être remarquée qu'elle avait de i)lus grands griefs contre ce prince. Voyez les Mémoires de Jeanne d'Alhret,

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