‹ L'assassinat de François de Lorraine due de Guise: 18 février, 1563Chapitre 36 sur 54 · Lettre de Ohantonay du 22 avril déjà citée · texte numérisé non relu

Lettre de Ohantonay du 22 avril déjà citée

3. — Cette pièce, datée du 5 mai 1563, est imprimée dans les Mémoires de Condé, t. IV, p. 339.

terreur. Nul doute que Coligny ne se présentât avec une puissante suite et que la maison de Guise, alors à la cour, ne convoquât le ban et l'arrière ban de ses partisans. Un combat pouvait s'engager et la guerre civile se rallumer sous les yeux du roi. La cour était à Saint-Germain. Catherine rappela les Suisses, qui se préparaient à regagner leurs piontagnes, et, dans la nuit du 7 au 8 mai et les jours suivants, le château fut occupé comme en temps de guerre. La rçine envoya chercher le prince de Gondé et le supplia de détourner Tamiral d'un dessein si redoutable. Cependant Coligny s'avançait à petites journées. Beaucoup de capitaines armés le suivaient. Le 11, François d'Andelot le rejoignit avec une troupe de 200 cavaliers. Le 12, ils rencontrèrent le prince de Gondé à Essonne et entrèrent en conférence. Gondé représenta que la reine redoutait leur arrivée à la cour, que leur vie serait peutêtre en danger et la paix générale certainement compromise K II avait môme pour mission, écrit Catherine à d'Hebrard de Saint-Suplice, de faire entendre à l'amiral qu'elle a ne trouvoit bonne ceste grande « compagnie et que, s'il venoit plus avant,

i. — Occurencos de France. (CalendArs, 1563, p. 340).

a elle feroit approcher une si bonne force ce que le roy demeureroit le plus fort et se « feroit obéir par amour ou par force *. »

Quelles promesses, quels accords secrets furent la contre partie de ces menaces? les documents ne les révèlent pas.

Les trois chefs huguenots couchèrent h Essonne. Coligny voulait marcher en avant, mais la nuit lui porta conseil. Le len4cmain, 13 mai, Condé et d*Andelot partirent pour Saint-Germain et Coligny reprit la route de Chastillon-sur-Loing. Deux jours après, le 15 mai, la reine réunit les membres de son conseil. Le secrétaire d'état Bourdin donna lecture d'une déclaration hautaine, par laquelle Coligny offrait de prouver son innocence par ce voie de justice par devant juges « toutesfois non suspects. » Condé se porta garant de gon oncle ^; François de Montmorency, garant de son cousin germain ; François d'Andelot, de son frère ^.

La reine avait probablement connu d'a-

1. ^Lettres de Catherine de Médicis (mai 1563), t. II, p. 35.

2. — EléoDore de Roye, princesse de Condé^ était la nièce de Coligny; François de Montmorency, son cousin-germain.

3. — Le récit de cette séance du conseil est imprimé dans les Mémoires de Condé, t. V, p. 17. Il avait été publié en 1563, in-S® de 8 p. Il fut envoyé au roi d'Espagne. (Àrch. nat., K. 1500, no 65).

vance et approuvé le texte de ce manifeste.

Le lendemain, le roi, sur avis conforme du conseil privé, défendit « tant à ceux de la « maison de Guyse que de Chastillon, de ne « s'oiïcnccr ni faire offencer les uns les « autres, par voye de fait ou de force » sous peine de désobéissance au roi *. Le connétable allait assiéger le Havre, que T Angleterre retenait depuis le mois de septembre de Tannée précédente, et il importait à la reine de ne pas compliquer une guerre étrangère d'une guerre intestine.

Le débat recommença après la prise du Havre (28 juillet 1563), mais la reine inventa de nouveaux moyens dilatoires. Elle, fit entendre aux Guises que le roi aurait plus d'autorité que sa mère pour imposer aux parties un arrêt équitable, que Theure de sa majorité était proche, qu'il était donc de rintérêt des deux maisons de laisser dormir leur querelle ^. Charles IX avait treize ans accomplis. A cet âge, suivant les traditions do Tancienne monarchie, la majorité des rois pouvait être prononcée. Le jeune prince fit

1. — L'arrêt est imprimé par du Bouchet, Hist. de la maison dé Coligny, p. 537. L'ordonnance d'exécution est conservée en copie dans le f. fr., vol. 3320, f. 37.

2. — Discours sur l'instruction du faict de la mort de M. de Guise; f. fr., vol. 6610, f. 80.

une entrée solennelle à Rouen, le 12 août \ et, le 17, dans un lit de justice tenu au parlement, il se déclara majeur ^. Le même jour il inaugura a son métier de roi y> par une lettre à Damville en faveur de la paix ^.

La duchesse de Guise se préparait à entamer une action judiciaire, quand un accident arriva à la reine. A la suite d'une partie de chasse, à Mantes ^, a sa haquenée en beau « chemin tomba assez lourdement sous a elle. y> Catherine se blessa à la tôte et au bras ^. Le mal empira et elle subit une incision à la tôte. Déjà le bruit do sa mort se répandait à Paris et les partis se disposaient à conquérir le pouvoir de haute lutte. La reine-mère avait été transportée à Meulan. Le duc d'Aumale y accourut avec les fidèles de la maison de Guise, décidés à enlever le roi de gré ou de force et à le ramener à Paris ^.

1. — Récit de l'entrée solennelle conservé dans le f. fr., vol. 4318, f. 131.

2. — La déclaration de majorité a été souvent imprimée. On la trouve notamment dans les Mémoires de Condé, t. IV, p. 574.

3. — Cette lettre est conservée dans le f. fr., vol. 3191, f. 68.

4. — La chute eut lieu entre le 10 et 14 septembre 1563, dates extrêmes du séjour do la cour à Mantes.

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