Mémoires de Castelnau, liv. IV, chap. IX
2. — L'édit, daté de février i562 (1563), est conservé en copie aux Archives nationales (Heffistre Z, f. 359, v.). Le duc de Guise voulut que son frère, le cardinal de Guise, le portât lui-même au parlement
Î>our en presser l'enregistrement (Lettré du roi et de a reine du 9 février 4562 (1563) au parlement; Mémoires de Condé, t. IV, p. 237.)
3. — Lettre du duc de Guise au s. d*Humières, de cette date (Orig., f. fr., vol. 3.187. f. 5.)
4. — Lettre du duc de Guise à la dame de Montmorency, du 27 décembre 1562 et du 8 janvier 1563 (Delaborde, Eléonore de Roye, p. 153 et 159.)
5. — Lettre du duc de Guise à Gonnor, s. 1., il janv. 1562 (1563) (V de Colbert, vol. 24.)
avait conduit Tarmée protestante dans les plaines fertiles de Villefranche-sur-Cher.
L'approche du duc de Guise le fit décamper.
Il se retira à Orléans et y passa les derniers jours de janvier *. Le 1" février, laissant ù Orléans son frère Dandelot avec une forte garnison, il se dirigea du côté de la Normandie, au devant des secours et des subsides de la reine d'Angleterre.
Les troupes royales *^ étaient bien armées, aguerries par une longue campagne et par de fréquentes marches, enorgueillies de leurs récents triomphes, pleines de confiance dans leur chef, mais elles manquaient de vivres, de vêtements, de chaussures, de toutes les (( commodités » qui entretiennent la santé des soldats. Le 20 décembre, avant de quitter le champ de bataille de Dreux, le duc avait demandé à la reine la somme nécessaire à la solde des troupes. L'argent était toujours difiicile à obtenir. Au xvi" siècle, le roi trouT vait des soldats, des capitaines héroïques, décidés à mourir sur le champ de bataille, même pour une cause qu'ils ne comprenaient
1. — Lettres de Colign^r publiées par le comte Delaborde (Gaspard de Coligny, t. II, p. 183 et suiv.)
2. — A la date du 20 février 1563, l'armée royale comptait 8.000 hommes de pied et 4.000 cavaliers (Lettres do Chantonay du 20 février; Mémoires de Condé, t. II, p. 132.)
pas, mais son trésor était toujours vide ; et, le plus souvent, soldats et capitaines étaient obligés de s'armer, de se vêtir, de se nourrir à leurs frais ou aux dépens du bonhomme.
Le 25 décembre 1562, le 10 janvier 1563, le duc de Guise adresse au roi de plus pressantes instances K Le M janvier, il écrit à Gonnor : a Nos soldats sont tous nuds par ce froid qui a est pire *. » Artus de Cossé Gonnor, frère du maréchal de Brissac, chargé de Tintcndance des finances, avait ordre de réserver toutes les ressources du royaume au paiement . des reîtrcs et ne pouvait envoyer un écu à Tarmée du roi. Aussi, écrit le secrétaire Robertet, a tout le monde y meurt quasi de a faim ^. » La cassette royale n'était pas mieux fournie que celle de l'armée. « Pour dix escuz, a quand il faut faire un voyage, dit Robertet, « on va les emprunter çà et là *. » La République de Venise avait prêté 25 mille écus au
, 1. — Lettres du duc de Guise à Ârtus de Cossé Gonnor, du 20 et du 25 décembre 456*2 (Orig., V* de Colbert, vol. 24, f. 19(5 et 198.) — Autre du 10 janvier 1562 (1563) (Orig. avec p. s. autographe; V« de Colbert, vol. 24, f. 21.)
2. — Lettre du duc de Guise à Gonnor, du 11 janvier 1562 (1503) (Orig. V de Colbert, vol. 24.)
3. -— Lettre de Robertet au duc de Nemours, Chartres. 13 janvier 1562 (1563) (Orig., f. p., vol. 3.180, f. 47.)
4. — Lettre de Robertet au duc de Nemours, Blois, 8 février 1562 (1563) (Autog., f. fr., vol. 3.180, f. 54.)
roi payables en deux traites par des banquiers d'Anvers '. La somme fut enlevée en route par un parti protestant, peut-être avec la connivence d'un des ofiiciers du roi ^.
« Nous sommes en une telle panoche, écrit a Robertet, que vous ne sauriez croire '. »
Le 17, le duc de Guise renouvelle ses demandes au profit des Suisses ^ soldats héroïques, mais intéressés. Le 10 janvier, il avait emprunté sur sa propre signature une somme de 6.000 livres. Le 30, il passe une montre au camp de Messas, réduit par économie les gens de pied à 30 enseignes et distribue 100 écus à chaque compagnie. Le 3 février, il écrit triomphalement à Gonnor qu'il n'a plus d'argent, mais que les Suisses ont reçu leur solde *.
Malgré la misère des troupes, le duc de Guise prend vigoureusement l'offensive. Le
1. — Lettre de Robertet au duc de Nemours, Blois, 12 février 1562 (1563) (Autog., f. fr., vol. 3.180, f. 57).