‹ L'assassinat de Paul-Louis CourierChapitre 6 sur 20 · LES DUBOIS ARRETES · texte numérisé non relu

LES DUBOIS ARRETES

Aux magistrats — malgré l'attitude de réserve et de silence qu'ils avaient constatée parmi le personnel de la Chavonnière, — s'était imposée, dès le 11 avril, l'hypothèse d'un coupable appartenant à l'entourage de Paul-Louis Courier.

Le fait résultait même de l'étude des fragments de journal retirés de la plaie. Sur l'un des fragments, on lisait non seulement quelques lettres éparses, mais, en petites capitales, la syllabe OU Y. Et voici ce qui, tout de suite, prit une importance extrême : on reconnut, à la similitude du papier et des caractères d'impression, que les fragments provenaient du journal le Feuilleton littéraire, qui — peu répandu en Touraine, — était reçu par Courier.

Les magistrats avaient été, dès lors, d'autant plus tenaces dans leurs investigations. — les poursuivant sur les lieux mêmes, sans désemparer, jusque pendant la journée du 12 avril.

Au cours de leurs recherches, la rumeur publique leur apportait quelques vagues indices, se ratta-

chant au renvoi de Pierre Dubois, à ses relations avec Mme Courier même après son renvoi, aux lettres qu'il recevait de Paris.

Sur ces quelques points et, en outre, sur l'emploi de son temps dans l'après-midi du dimanche, Pierre Dubois, le 11 et le 12 avril, fut, par le Procureur du roi lui-même, longuement questionné au hameau du Rang-du-Bois, dans son domicile.

Là on trouva vingt-six exemplaires du Courrier français ou du Constitutionnel, journaux habituels de Courier. Pierre expliqua que ces journaux lui avaient été donnés par la cuisinière de la Chavonnière.

On avait appris que Pierre Dubois possédait chez lui un fusil. Pierre en convenait, et il disait :

— Ce fusil appartient à Julien Urson: il me l'a prêté pour aller à l'affût, et je l'ai depuis trois mois.

Il ajoutait que, le matin encore, à huit heures, le fusil était là, à sa place ordinaire, derrière le lit.

Cependant le fusil ne se retrouvait pas.

Un voisin — celui-là même chez lequel, deux jours auparavant, avait logé le père Dubois, — le rapporta. Il fit connaître que, en voyant venir les magistrats et les gendarmes, la femme de Pierre Dubois le lui avait donné à cacher.

L'incident prit, aux yeux des magistrats, une importance décisive

Le fusil était chargé ; il était muni d'une pierre neuve.

Immédiatement, Pierre Dubois fut arrêté.

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