LES DUBOIS ARRÊTÉS
Dans la soirée du même jour 12 avril, il était écroué à la Maison d'arrêt de Tours et mis au secret.
Pierre Dubois niait tous les actes et propos qui lui étaient imputés. A l'occasion des circonstances dans lesquelles il était sorti de la Chavonnière, il soutenait :
— Je n'ai point connu les motifs... M. Courier ne me les a pas dits...
De quelques témoignages — comme des propres déclarations de Pierre et de Symphorien Dubois, — il résultait que Pierre Dubois avait, le dimanche, passé avec son père et avec son frère, toute l'aprèsmidi sans interruption. Et ainsi l'on fut amené à considérer les trois Dubois comme solidaires, dans tous les actes que l'un ou l'autre avait pu accomplir dans l'après-midi du dimanche.
Le 13 avril, était décerné contre Symphorien Dubois et aussi contre le père Dubois un mandat d'amener.
Ce même jour, le père Dubois était arrêté à Azay-le-Rideau ; et le lendemain — dès les premières clartés de l'aube, — les gendarmes paraissaient à la Chavonnière, se saisissaient de Symphorien.
Sans tarder, le Procureur du roi informait directement le Garde des Sceaux de l'opinion qui se formait en lui : les auteurs de l'assassinat, c'étaient les frères Dubois, qui, par suite de la liaison révélée et bien certaine entre Pierre et Mme Courier.
avaient eu, seuls, un intérêt manifeste à la mort de Courier.
o Je suis loin de penser, écrivait le chef du Parquet de Tours, que la dame Courier soit complice de la mort de son mari... Les calculs de Pierre Dubois ont pu l'engager à commettre un crime aussi atroce : ce malheureux connaissait la faiblesse et les passions de la dame Courier; il savait que la mort de son mari la rendrait maîtresse dune fortune considérable, dont il pourrait s'enrichir et enrichir sa famille... Tout annonce, Monseigneur, que la procédure doit ajouter de nouvelles preuves à ces premiers indices, qui paraîtront déjà suffisants pour écarter de ce crime toute l'influence des passions des partis politiques. »
A la Chavonnière, depuis la mort du maître, le soir, au point le plus élevé de la maison. — au premier étage, derrière la chambre de Courier, face au chemin de Véretz, — surgissait une petite lumière, qui brillait jusqu'au matin : lueur d'une veilleuse allumée dans la chambre de Frémont par les servantes, qui — toujours sous la peur d'une menace pesant sur la maison, — avaient foi en cette précaution pour tenir éloignés les malfaiteurs nocturnes.