‹ L'assassinat de Paul-Louis CourierChapitre 8 sur 20 · LE RETOUR A LA CHAVONNIERE · texte numérisé non relu

LE RETOUR A LA CHAVONNIERE

Jusque dans les premiers jours d'avril, Courier, à l'occasion de ses affaires, était resté en correspondance directe avec M" Baudenom de Lamaze.

Le 7 avril, puis le 11 avril, lendemain de l'assassinat, furent signés, en l'étude de ce notaire, les actes de paiement et d'emprunt pour lesquels Paul-Louis avait institué mandataire.

C'est par les soins de M0 de Lamaze — qui venait d'en recevoir avis par M' Bidault, son confrère de Tours, — que, le mardi 12 avril, Mme Courier fut informée, à Paris, de la fin tragique de son mari.

Pendant tout le restant de la semaine, les diligences des Messageries royales — qui avaient un départ tous les deux jours, — et les diligences des trois entreprises particulières de transports — dont les services étaient quotidiens, — quittèrent Paris sans emporter vers la Touraine la jeune veuve.

Le lundi 18 avril, Mme Courier — partie de Paris la veille, — était à Tours, et elle y séjournait jusqu'au surlendemain, — jour où fut constitué le conseil de famille.

Mme Clavier avait accompagné sa fille.

Le conseil de famille fut composé non seulement de parents, mais aussi des amis les plus intimes de Paul-Louis Courier, — parmi lesquels Victor Cousin et le général Haxo. C'est ce dernier qui fut adjoint comme subrogé-tuteur à la mère des mineurs Courier.

A la Chavonnière les scellés étaient apposés.

Mme Courier et sa mère y arrivèrent ce même jour mercredi 20 avril, vers cinq heures et demie du soir.

A Larçay, leur voiture avait croisé celle de M. Herpin. Mme Courier avait questionné l'officier de santé sur l'événement, lui avait demandé s'il était vraisemblable que son mari, avant de mourir, eût souffert longtemps. Le médecin l'avait rassurée complètement.

Son affliction, du reste, semblait peu profonde.

Quelle fut l'attitude de Louis Frémont lorsqu'il vit paraître Mme Courier? — A en croire celle-ci, Frémont se serait éloigné d'elle, comme sous une impression d'effroi; puis, un quart d'heure après, Mme Courier l'ayant abordé et s'étant mise à le questionner sur la mort de son mari et ensuite sur les intérêts courants, Frémont lui aurait déclaré :

— Vous avez besoin d'un homme de confiance : je vous en servirai...

Mme Courier avait été rejointe à la ferme par le général Haxo, — qu'animait l'intention de contri-

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