‹ L'assassinat de Paul-Louis CourierChapitre 9 sur 20 · LE RETOUR A LA CHAVONNIERE · texte numérisé non relu

LE RETOUR A LA CHAVONNIERE

buer, par ses propres moyens, à percer le mystère de la mort de son ami.

A l'occasion des débris si précieux du Feuilleton littéraire, le général s'était chargé de provoquer à Paris de rapides recherches, pour trouver — grâce surtout à la syllabe OUY, — la date de celui des numéros de ce journal que l'assassin avait eu en mains.

Mme Courier formulait des soupçons contre les Jésuites, en termes vagues, mais avec persistance. Elle parlait des pressentiments que, à l'occasion de la « Congrégation », son mari avait plus d'une fois exprimés; elle énonçait l'avis que l'assassinat avait été commis à l'instigation des Jésuites. En cela, elle partageait, disait-elle, l'opinion de la « Bourse de Paris » .

Des soupçons, d'ailleurs, Mme Courier en émettait également envers Coupeau, le garde particulier renvoyé.

A la Chavonnière, — très promptement, — la veuve se rendit compte que la pensée ambiante était, surtout parmi les gens de la ferme, que la piste utile devait être cherchée non point du côté des Jésuites ou de Coupeau, mais du côté de Louis Frémont.

Le jeudi 21, la femme de Frémont vint à la Chavonnière, et Mme Courier lui fit un très bon accueil.

Cependant, au cours de la journée, elle disait au général Haxo la culpabilité possible de Frémont,

— tout en se bornant à ces quelques indications : la contenance embarrassée du garde au moment où elle était arrivée à la ferme; le soin particulier que, depuis lors, il mettait à éviter ses regards .

Mme Courier n'en paraissait pas moins singulièrement impatiente de voir s'engager dans la voie qu'elle signalait, les recherches des magistrats : elle priait le général Haxo d'aller, sans retard, le jour même, à Tours faire part au Procureur du roi de sa suspicion à l'égard de Louis Frémont.

Elle ajoutait que ses soupçons étaient si forts que, dans le cas où la justice ne jugerait point à propos de faire arrêter Frémont, elle était décidée à ne pas conserver un jour de plus dans sa maison celui quelle considérait comme le meurtrier de son mari.

Dans cette même journée du 21 avril, le général se rendit chez le Procureur du roi. Il lui soumit la demande de Mme Courier, l'engagea à se faire accompagner le lendemain, à la Chavonnière, par des gendarmes, afin que — s'il y avait lieu, — on pût se saisir de la personne de Louis Frémont.

Le lendemain, à la Chavonnière, avait lieu — en même temps que le commencement de la levée des scellés, — une nouvelle descente de justice.

Pendant la levée des scellés, le Procureur du roi se préoccupait des « papiers ou correspondances pouvant intéresser le Gouvernement » : il

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