‹ L'assassinat du Président CarnotChapitre 16 sur 40 · L’ATTENTAT · texte numérisé non relu

L’ATTENTAT

Au moment où les derniers cavaliers de l’escorte passaient en face de moi, j’ai ouvert mon veston. Le poignard était^ la poignée en haut, dans l’unique jioche, du côté droit, à l’intérieur sur la poitrine. Je l’ai saisi de la main gauche et d’un seul mouvemeiiL bousculant les deux jeunes gens placés devant moi, reprenant le manche de la main droite et faisant de la gauche glisser le fourreau qui est tombé à terre sur la chaussée, je me suis dirigé vivement mais sans bondir, tout droit au président, en suivant une ligne un peu oblique, en sens contraire du mouvement de la voiture.

J’ai appuyé la main gauche sur le rebord de la voiture, et j’ai d’un seul coup porté légèrèment de haut en bas, la paume de la main en arrière, les doigts en dessous, plongé mon poignard jusqu’à la garde dans la poitrine du président. J'ai laissé le poignard dans la plaie et il restait au manche un morceau de pa[)ier du journal.

A. LACASSAGNE

Kii portant le coup, j'ai cric, l’oi't ou non, je ne puis le dire : « Vive la Révolution ! »

Le coup porté, je me suis d’abord rejeté vivement en arrière; puis voyant qu'ou ne m’arrêtait pas instantanément et que personne ne semblait avoir compris ce que j’avais fait, je me suis mis à courir en avant de la voiture et en passant à côté des chevaux du président, j’ai crié « Vive l’anarchie ! » cri que les gardiens de la paix ont bien entendu.

Puis j’ai passé devant les chevaux du présidént et derrière l’escorte, me dirigeant sur la gauche obliquement pour tâcher de pénétrer dans la loule et de disparaître. Des femmes et des hommes ont refusé de me laisser passer, puis ou a crié derrière : (c Arrêtez-le ! » Un garde m'a mis le premier la main au collet par derrière, et j’ai été aussitôt saisi par une vingtaine d’autres.

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