‹ L'assassinat du Président CarnotChapitre 25 sur 40 · M. LE DOCTEUR PONCE · texte numérisé non relu

M. LE DOCTEUR PONCE

Professeur de la Faculté de médecine et chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu Chevalier de la Légion d’honneur

Je sortais du palais de la Bourse, lorsque je vis M. Carnot renversé dans le fond de sa voiture, extrêmement pâle.

M. Gailleton me bêla, je sautai dans la voiture et je fis sauter les vêtements du président, qui paraissait d’ailleurs dans un état désespéré.

De par la situation de la blessure, j’étais convaincu que nous avions affaire à une plaie pénétrante du foie.

La voilure fut conduite à la préfecture ; pendant le transport, le président poussait de faibles gémissements; la plaie de la paroi abdominale fut comprimée à l’aide d’un mouchoir que j'avais dans ma poche.

CASERIO DEVANT LA COUR d’aSSISES DU RHONE US

A la préfecture, je fis sur la plaie des applications de compresses glacées pour produire l’hémostase.

Je pris des mesures pour intervenir au point de vue opératoire, bien que le cas parût désespéré.

Il ne fallait pas songer à l’anesthésie, le président aurait succombé à l’éthérisation.

Le seul moyen qui me restait était une laparotomie pour pouvoir atteindre le foyer de la plaie et combattre l’hémorragie interne.

Sous l’influence de la douleur, le président recouvra ses sens, il parla, dit: «Vous me faites mal », répondit par oui et par non aux questions qu’on lui posait et put même formuler des remerciements pour les personnes qui l’entouraient et notamment pour le colonel Chamoin.

Plusieurs de mes collègues survinrent peu après, on débrida davantage la plaie, on fit prendre au président quelques gorgées de champagne et nous avons eu à un moment donné une légère lueur d’espoir.

Mais le pouls s’en allait, à minuit 30 le président donna des signes d’anémie des centres nerveux, signe avant-coureur de la mort ; à ce moment nous n’avions plus aucun espoir.

L’autopsie du président n’a été que partielle, il n’y avait pas d’intérêt à explorer d’autre organe que le foie.

La pointe du poignard avait pratiqué à travers la veine porte une ganse, le vaisseau était perforé en haut.

Aucun moyen thérapeutique chirurgical ne pouvait sauver le président.

Sa vie a seulement été prolongée de deux ou trois heures, le foie ayant été comprimé parle pansement, l’hémorragie, au lieu de continuer à couler à fiol, s’est effectuée en nappe.

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