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LE JEUNE HOMME

Je vous jure sur ma foi...

l'étranger.

Silence , c'est jugé ! va te mettre en faction sur cette grosse pierre ià-bas... vite... vite, te

dis-je... canaille 11 rodait l'autre soir dans

la campagne de Dumeurier.. mais j'ai bon

œil.... (Le jeune homme va s'asseoir sur la pierre au fond de la

grotte.) Joachim , ici 1

JOACHIM

Oui, père.

l'étranger.

Mire au ventre.

JOACHIM

Oui , père.

( Il fail feu : le jeune homme tombe. )

L ETRANGER. Il va vers le cadavre l'examine , et revient auprès de son fils.

Bien tiré , bien tiré , Joachim , mais un peu trop haut; ça ira mieux une autre fois. (à monsieur le comte.) A présent, monsieur le comte, vous voyez bien ce cadavre, eh bien! c'est comme ça que vous verrez Angles demain , c'est moi qui vous le dis; Angles et bien d'autres. . . voyez mon doigt. .. je viens d'y peindre une bague avec le sang de celui-là.. . eh 1 bien je ne me laverai les mains que lorsque j'aurai dix bagues pareilles ; je les aurai demain soir, gans l'assistance des nobles et des Anglais. Je

ne compte que sur la sainte Vierge et sur moi... et sur vous aussi braves gens... me suivrez-vous?

TOUS

Oui.

A la vie, à la mort , à la guillotine , à tout?

TOUS

Oui.

l'étranger.

Vous jurez de vous faire démolir jusqu'au dernier pour le roi et la religion ?

TOUS

Oui , nous le jurons.

l'étranger.

Vous le jurez par tous les saints des Litanies?

TOUS

Oui.

M. CANTOL, sortant des profondeurs de la grotte.

Que la bénédiction de Dieu soit sur loi,

légion saillie de Victor et de Maurice; ceignez-vous tous les reins et partez... mais avant, avant , à genoux et dites tous avec moi de bouche et de cœur. (Tous à genoux.) Suh tuum prœsidlum corifugûmis , sa ne ta Del Genitrix

ANTOINE , rentrant.

Trahis 1 trahis comme des chiens! enfumés comme des renards 1 (ikseièvenitous.) Ils ne sont pas àdemi-lieue d'ici les gendarmes de Brune, ils m'ont coupé ie chemin.

l'étranger, exallL-.

Ah ! c'est ici où nous allons voir les hommes! Antoine, lu restes avec nous, n'est-ce pas?

i\Ioi tant que j'aurai une balle... j'ai vini,'t coups à tirer.

l'étranger.

Monsieur le comte, voulez-vous un fusil?

M. DUTEUIL.

C'est un fusil anglais.

M. LE COMTE

Oh! j'ai toujours sur moi ce qu'il me faut... l'étranger.

Des pistolets de poche!.. Tenez, déchargezles-moi dans la main à cinq pas, je vous renvoie les balles sur le nez... Prenez-moi donc un fusil.

M. LE COMTE

Mieux que cela, mieux que cela, je vais vous quérir du renfort; j'ai ma petite armée aussi à deux pas... Au revoir dans l'instant, mes bons amis.

(H sort.) TOUS.

Hou les nobles !

l'étranger.

Que celui qui a la crampe à l'estonmc sorte des rangs... Je brûle la cervelle au premier quia peur de mourir... Je ne veux avec moi que des brûlés... Etes- vous tous des brûlés?

TOUS

Oui.

l'étranger , il prend un drapeau.

Eh bien! en avant sur la colline, derrière les pins.

(Ils sortent aux cris de vive le roi.) M. CANTOL, d'une voix faible.

Je vais prier pour eux.

( Il s'enfonce dans la grotte.)

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