‹ L'Assemblée nationale de 1871Chapitre 10 sur 53 · L.oogk · texte numérisé non relu

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11 avait de plus envoyé deux de ses amis, MM. Merveilleux du Vignaus et M. de Sugny, auprès de U. le comte de Chambord dans le but de déteriainer ce dernier à accepter le drapeau tiicolore. Dans la réalité, le ministère tout entier avait été formé en vue de la réalisation des vœux de la majorité du 24 mai. Tout le monde le savait ; et l'altitude, les paroles dites, les engagements officiellement pris, dès le lendemain de la chute de M. Tbiers, faisaient un fdcbeux contraste entre les apparences qui étaient légales, et les actes qui ne l'étaient pas. Tous les ministres, le Président de la République, étaient donc dans le secret des négociations entamées, on pourrait même dire complices, si ce n'est que la République n'avait ni une origine absolument nette, ni une existence absolument légale; par la raison que, les uns à regret, les autres avec obstination, avaient maintenu une part de provisoire dans son établissement. Néanmoins, la République était l'étiquette sous laquelle vivait la France; et les lois constitutionnelles qui devaient la consacrer avaient déjà été préparées avec la collaboration de députés partisans de la monarcbie. 11 y avait donc quelque chose de faux dans la situation générale.

Du reste, il y a longtemps que cet état de choses boiteux et instable dure chez nous; et il devait se perpétuer, marqué au même coin, dans la série des années et des événements qui allaient suivre, jusqu'à l'heure où nous sommes, en l'année 1907.

Depuis plus d'un siècle, jamais, en France, aucun gouvernement ne s'est établi et n'a duré avec l'assentiment unanime de la nation entière. C'est que la

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