LES TENTATIVES DE RESTAURATION
comme les différents groupes de l'Assemblée qui attendaient et souhaitaient le retour du RoJ, étaient d'accord pour demander au Roî le sacrifice du drapeau blanc.
M. Chesneloug a raconté et publié dans un livre toutes les péripéties de sa mission, et les dernières convulsions, peut'On dire, de l'angoissante agitation des partis engagés dans cette afFaire. Il a su rendre palpitant ce long récit, par la vivacité et par la sincérité des sentiments de tous les acteurs mis en cause, par la grandeur des passions en jeu, et par l'image qu'il représente d'une noble et magnanime figure royale. On assiste, en le lisant, à un drame véritable, douloureux, pénible entre deux hommes placés à des degrés différents sur un même terrain, celui de l'intérêt de la France, que tous les deux, avec une égale passion du bien public, rattachaient à la restauration du Trône : l'un se retranchant dans sa résolution immuable, par le sentiment de son droit et de sa dignité, qu'il ne séparait pas des plus hautes considérations politiques relativement à la France; l'autre se débattant contre une volonté qu'il sentait ioQexible, et qu'il s'efforçait, avec une sorte de désespoir patriotique, d'amener sur un terrain neutre, tout au moins, où l'on eiit pu s'entendre avec la Commission des Neuf. M. Gbesnelong, se refusant à l'évidence, ne pouvait se résoudre à remporter une réponse nettement négative. 11 proposait, il cherchait, il imaginait formules sur formules ; tout ce qu'il put obtenir, encore le prenait-il sur lui plus que ce n'était formellement accordé par le Roi, ce fut qu'il rapporterait à ta Commission des Neuf la
réponse du Roi, avec la promesse qu'il saurait, au dernier moment, s'entendre avec l'Assemblée nationale. Il revient de FrohsdorEF : à Versailles, même embarras. Dire à ses collègues que le Boi s'en tenait au drapeau blanc, c'était tout rompre; dire le contraire, c'eût été les tromper et tout risquer. La consternation et l'embarras étaient grands parmi ces hommes qui avaient cru déjà leurs vœux réalisés. Tous les groupes de la Droite s'agitèrent fiévreusement; et, sans doute par suite de l'effarement général plus que par la volonté préconçue de M. Savary, secrétaire du Centre droit, on publia un procès-verbal d'une réunion de ce groupe, dans lequel se trouvait une phrase équivoque, de nature à éveiller la susceptibilité du comte de Chambord, lequel d'ailleurs n'avait qu'une médiocre confiance dans les sentiments de fidélité de ce groupe composé en partie d'anciens orléanistes. Gel incident provoqua l'explosion finale.
Le procès- verbal, rédigé par M. Savary et approuvé par M. d'Haussonville, tous les deux secrétaires du Comité des Neuf, était ainsi conçu : n D'après les propositions, la monarchie serait rétablie; toutes les libertés civiles, politiques et religieuses qui constituent le droit public de la France seraient garanties ; le drapeau incolore serait maintenu, et des modiSrations ne pourraient y être apportées, l'initiative royale restant d'ailleurs intacte, que par l'accord du - Roi et de la représentation nationale. »
Nous savons, par des personnalités de l'entourage de M. le comte de Chambord, l'impression que produisit sur lui ce procès-verbal, et dont se fait l'écho