LES TENTATIVES DE HESTATJKATIOM B
une lettre de M. le duc de Blacas au marquis de Dreux-Brézé, où nous lisons notamment :
H Je n'ai pas besoin de tous dire à quel point M. le comte de Chambord en a été ému. On voudrait le forcer à parler qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Il voit Vimhroglio el les malentendus grandir de jour en jour; tous savez que rien ne répugne plus à sa nature que les posilioas ambiguës et que rien ne lui paraît trop fort pour s'en dégager.
Puis plus loin :
■ Incident Chesnelong (il s'agît du même passage du procès- verbal) . Gomme je vous l'ai dit, il a vivement ëmu Monseigneur, tellement ému que... «
La phrase est restée inachevée.
 cette lettre en succédait une autre, où M. le duc de Blacas annonçait, dans les termes suivants, un message du Prince.
■ M. le comte de Ghambord est de plus en plus persuadé, par la lecture des journaux et des lettres qui lui arrivent de tous côtés, que les malentendus subsistent, s'étendent et s'aggravent tous les jours, en dépit des rectifications si promptes et si nettes, insérées, par vos ordres, dans nos journaux. Il voit là un danger immense pour lui, sa position, en face du pays, rendue fausse et ambiguë dès mainlcnanl et surtout après sa rentrée, et il se décide, comme je vous le faisais pressentir bier, à sortir de cette situation intolérable pour lui, en adressant à M. Chesnelong une lettre que Beué de Monti vous remettra et qui doit, d'ordre de Monseigneur, être insérée dans VUnion. »
Lorsqu'on apprit à Versailles l'arrivée de cette
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ht L'ASSEHBLËB NATIONALE
lettre, ce fut un désespoir dans le camp des royalistes, qui, malgré l'insuccès de l'ambassade de M. Ghesoelong, espéraient encore que l'on pourrait finir par s'entendre. Le Comité des Neuf fit une démarche près du directeur de VUnton pour retarder la repro ductionde cette lettre, mais celui-ci avait des ordres formels; ïl publia donc la lettre qui était adressée à M. Chesnelong et dont voici tes passages essentiels :
• Aussi, ne me suis-je pas ému quand l'opinion politique, emportée par un courant que je déplore, a prétendu que je consentais enfin à devenir le roi légitime de la Hévolution. J'avais pour garant le témoignage d'un homme de cœur, et j'étais résolu à garder le silence tant qu'on ne me forcerait pas A faire appel à votre loyauté.
«... On me demande aujourd'hui le sacrifice de mon honneur. Que puis-je répondre? Sinon que je ne rétracte rîen de mes précédentes déclarations. Les prétentions de la veille me donnent la mesure des exigences du lendemain, et je ne puis consentir à inaugurer un règne réparateur et fort par un acte de faiblesse...
u Mais nous avons ensemble une grande œuvre à accomplir. Je suis prêt, tout prêt à l'entreprendre quand on le voudra, dès demain, dès ce soir, dès ce moment. C'est pourquoi je veux rester tout entier ce que je suis. Amoindri aujourd'hui, je serais impuissant demain.
« Il ne s'agit de rien moins que de reconstituer sur ses bases naturelles une société profondément troublée, d'assurer avec énei^ie le régime de la loi, de foire renaître la prospérité au dedans, de con-
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tracter au dehors des alliances durables, et surtout de oe pas craindre d'employer la force au serrice de l'ordre et de la justice...
B Ma personne n'est rien, mon principe est tout. La France verra la fin de ses épreuves quand elle voudra le comprendre. Je suis le pilote nécessaire, le seul capable de conduire le navire au port, parce que j'ai mission et autorité pour cela.
u Vos consolantes paroles en quittant Salzbourg sont sans cesse présentes à ma pensée : la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore la France, el lorsque Dieu a résolu de sauver un peuple, il veille à ce que le sceptre de la justice ne soit remis qu'à des mains assez fermes pour le porter.
« UeNSI. a
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