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LES TENTATIVES DE BESTADRATION

quelle, les amis même du comte de Chambord, ne voyaient : les uns que le retour d'un Roi qu'ils aimaient, les autres que les avantages qu'ils espéraient trouver dans un État monarcbique. Lai, voulait mieux et plus.

Toutefois le renoocement en quelque sorte obstiné à la couronne a paru inexplicable à beaucoup de gens. On a parfois même peasé que peut-être la postérité de Louis XVII n'avait pas été à ses yeux une pure fiction, et que, n'étant pas assuré sur sa légitimilé, sa conscience si haute et si pure l'avait détourné de prendre la couronne.

Mme la comtesse de Martel, née Mirabeau, si célèbre sous le pseudonyme de Gyp, a connu dans son enfance le comte de Gbambord et la duchesse de Parme, sa sœur. Elle a aussi entendu souvent causer ses oncles de Bacourti l'un ancien garde du corps, l'autre ancien ambassadeur, et son grand-pcre le colonel de Gonneville. Elle a gardé de leurs con- Tersatioiis un souvenir très précis. El comme je l'avais interrogée sur les côtés obscurs de la jeunesse du duc de Berry, et des prétentions des NauendorfF, elle m'a répondu dans cette forme exquise qui a fait d'elle un des écrivains les plus originaux et les plus vraiment français de notre temps :

Il Non, ce n'est pas moi qui vous ai dit que te comte de Chambord ne croyait pas que Louis XVII fût mort au Temple. Je suis très certaine, au con> traire, qu'il se savait le seul héritier du Trône. 11 était intelligent, « vieux jeu », admirablement honnête et droit. Jamais, s'il avait eu l'ombre d'un doute, il n'eût accueilli en roi les Français qui allaient le voir

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à Lucerne chaque année. Jamais non plus, je croîs, il n'eût tenu & Mme de MaleysBÎe le propos qu'elle lui attribue. Le comte de Chambord était aËFable, mais très distant. Et, qui l'a connu, ne se l'imagine guère racontant les secrets d'État à une jolie femme de vingt ans!... (1).

« Le comte de Chambord n'a pas voulu régner parce qu'il n'était pas l'homme des demi-mesures et des combinaisons politiques. Il voulait la Royauté telle qu'il la comprenait ou rien. Et puis, en 1873, il avait cinquante-trois ans, des habitudes, et pat d'enfants. Enfin, il n'était pas fâché, je pense, de trouver avant de mourir une occasion d'embêter les descendants de Louis-Philippe. A mon sens, le comte de Chambord a bien fait de se rouler, en 1873, dans son drapeau blanc. C'a été un très beau geste, n

Mme la comtesse de Martel daignait s'expliquer sur ses opinions personnelles. Elle est impérialiste, mais sa famille était royaliste, et c'est ainsi qu'elle a connu les Bourbons pendant leur exil : * J'ai toujours eu pour eux — dit-elle — de l'affection et du respect. H

D'autres ont attribué cette sorte d'abdication avant ferme à un état d'esprit assez singulier. Telle était la pensée de M. le marquis de la Ferté, qui avait auprès du Roi un poste de confiance. M. de Meaus (2) raconte que M. de la Ferlé, s'associant à

(1) Dan> un article publié au Gaulait Mme de MaleyBaie afBrme que le comie de Chambord lui aurait dll qu'il n'était qu'un cadet, faUant alluiiou >oil au faux Louis XVII, loil à un (ils ainf du duc de Berry et de Mme Amy Brown.

(S) Corrapondant, S5 leplembre 1902.

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