‹ L'Assemblée nationale de 1871Chapitre 26 sur 53 · II. s · texte numérisé non relu

II. s

vicomte de Saiot-Pierrc que j'ai beaucoup connu à l'AsBcmblée nationale. 11 faisait paKie du Centre Gauche, et il était très apprécié par tout le monde et principalement dans l'entourage de M. Tbîers. C'était en 1849 ou 1850. Il était fort question alors d'une Restauration possible. Le pays, un instant entraîné vers l'idéal républicain, en avait été aussitôt détourné par les émeutes des partis dits socialistes, que l'on appelait alors les Partageux » . Ce seraient tes socialistes collectivistes d'aujourd'hui. Des jeunes gens, royalistes ardents, conçurent le projet de ramener le Roi à Paris, et de le proclamer, à la faveur du désarroi généra! et des sentiments de retour vers la Monarchie, qui avaient succédé à un premier élan d'enthousiasme républicain vite refroidi. A cette époque, la foi monarchique et l'amour de la famille royale étaient encore vlvaces; on les retrouvait dans l'âme de beaucoup de familles : je les ai connus ardents et sincères, dans tous les rangs, dans les châteaux, dans les demeures boui^coises, dans les modestes logements de simples artisans, et j'en vis bien souvent l'expression ardente et passionnée, clieï les miens, parmi mes amis, dans tous les rangs sociaux de la province que j'habitais alors, la Normandie.

M. de Saint-Pierre et ses amis, pleins de ce Qoble enthousiasme pour le Roi et pour la Patrie, avaient formé un régiment, armé, équipé et monté. Leur dessein était d'aller au-devant du comte de Chambord & la frontière, de le placer au milieu d'eux, et de l'amener jusqu'à Paris, pour prendre possession du trône. Dessein hardi, aventureux, un peu

Page 1