LSS TENTATIVES DE RESTAURATION
romanesque, mais bien dsnt le mouvement de ces cœurs jeunes, valeureux et dévoués. Trois d'enlre eux furent députés vers le comte de Ghambord pour lui faire part de ce projet et le prier de se placer à leur tête. Le Prince était alors à Lucerne. M. de Saint-Pierre était un des députés, et il m'a raconté en détail l'entrevue qu'il eut avec lui. Le comte de Ghambord ne crut pas devoir accepter le dévouement de ces jeunes gens, et il refusa l'offre qui lui était feite. Peut-être avait-il raison de se refuser à une aventure?
Mais quelle meilleure démonstration peut-on faire des causes vraies de l'insuccès des tentatives de Restauration en 1873, que celle que nous fournissent, tant les déclarations du comte fle Ghambord que celles de ses partisans les plus dévoués. ■ Si j'avais admis toutes les concessions qui m'étaient demandées, disait le comte de Ghambord au marquis de Dreux'Brézé, si j'avais accepté toutes les conditions qu'on voulait m'imposer, j'eusse peutêtre reconquis ma couronne, mais je ne serais pas resté six mois sur mon trône. Avant la Bn de ce court espace de temps, j'eusse été de nouveau relégué dans mon exil parla Révolution dont j'étais devenu, dès ma rentrée en France, le prisonnier, n
Telle était bien en effet la pensée du comte de Ghambord et celle aussi des membres de l'Ëxtrémc Droite que commente très justement le fils de l'un d'eus, M. Emmanuel-Lucien Brun, quand il écrit :
" Allons au fond des choses... Une séparation
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demeurait entre le représentant de la brancbe atnée des Bourbons et les membres du Centre Droit, béritierg des idée*, des doctrines, des émeutes de 1S30. Eux gardaient leurs préventions et ils préparaient d'avance leurs armes et leur terrain pour enchainer le futur roi et lui imposer leur tutelle, dût cette manœuvre, en vue du lendemain, compromettre le sort même de la bataille. Ils voulaient l'établissement de ce régime où » le roi règne et ne gouverne pas ■, où la suprématie appartient au Parlement, dirigé lui-même par quelques personnalités gouvernantes. Le comte de Cbambord, partisan de la décenlralîsation et de la représentation de tous les intérêts, ne voulait ni ne désirait exercer un pouvoir absolu; mais il entendait conserver intacte son initiative royale, intacts son principe et son autorité, et il se refusai* à reconnaître légitime la révolution, celle de 1793, qui avait tué Louis XVI, et celle de 1830 qui avait exilé Charles X « .
Et poursuivant, M. Emmanuel-Lucien Brun en vient à dresser un véritable acte d'accusation contre les Orléanistes, à qui il attribue l'écbec de la tentative de restauration.
« Les Orléanistes (1), écrit-il, ont tout fait pour écarter du trône le comte de Cbambord, et le résultat de leurs savantes manœuvres a été d'enlever à leurs princes la couronne qu'ils porteraient aujourd'hui, et de les envoyer en exil.
Ils ont redouté de ne pas obtenir, sous le nouveau règne, une situation et une influence prépondé-
(1) Vérité françaiie du 18 octobre 1905.