‹ L'Assemblée nationale de 1871Chapitre 6 sur 53 · LOI BELATITB A LA CONSTRUCTION DU SACRÉ-CCEDB · texte numérisé non relu

LOI BELATITB A LA CONSTRUCTION DU SACRÉ-CCEDB

La dernière partie àe la session parlementaire (ut | presque entièrement remplie par les débats orageux i soulevés à l'occasion de la question religieuse. IHous ' ne soupçonnions pas alors l'intensité et la violence 1 des passions qui agitaient dès ce moment, sous ce I rapport, le parti républicain d'opinion avancée. Les faits qui donnèrent lieu à ces débats pouvaient d'ailleurs, à la rigueur, être un prétexte à des emportements dont l'excès était attribué à l'entraînement de la tribune, plus qu'à des sentiments de haine et à des résolutions révolutionnaires dont nous ne nous doutions pas encore. Un préfet de Lyon, M. Ducros, avait pris un arrêté en vertu duquel les enterrements civils ne pourraient avoir lieu qu'avant sept heures du matin. Il est permis, tout en réprouvant les enterrements civils, de reconuaitre que l'acte du préfet dépassait la mesure, et que des libres-penseurs avaient le droit d'y trouver à redire.

Dansuneautrecirconstance,undéputé, M. Brousse, était mort en exprimant la volonté que ses obsèques

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.fussent .cÎTiles. .Ainsi .que .eela . se ■. passait '«o . par«il 4îa8, >la.d4putaiioa J3rdinaice de L'Assemblée, -avec .M. ;de.GAukrd, .Tic&Tpfétiideat,>en «tât^v'^B tuÙAeiflrs ^et .uaipelotoo.de :cuirsAsii8rs, se,prBseiUe«u-doBiicile ,du .déhiD.t,pj]ur roadr^ lesihonœura aeeoutuaiés. -Mais iloFiSfpi'on s'aparj^ut que la .Gérémotiie devait avoir. un oaraAtère .puremdot' civil, Mide'Goulard,'les membres de la députatioo appartenant à la -Droite se letirèrent; et l'ordee fut donné -au peloton de cuiraesiers (et ■aux buissiens de quittar le eoitège. .6rand «oandale, .interpellations, débats .orageux -,pleins>de-mauvai«egipeEo]e6. -Le cas me laissait pas (d'Jtre.embarHNaant. Maiequelle que.Fàt l'acrJmDnie dos iparoles échangeas à .ce ipcqpos, nous 'ne ipouivioos .eoeore -y -tEOuver ila manifestation -de eenli- -meals léaolumenl hostiles <contEe 'i'Éffiise eatbolique. Il est très facile et aussi commode -à des thommes '.de ^parli, c'eât-â^dire prénrenus et injustes, de peébsriaiH ituuDDtes'qui enraient làïe'pcoiïoneer .en un tel oaie -.des isantimanle iblàmablas. 'Le vérité >estquepfiFaoiine,4]rA<sa8inbl«e naticmele, ui à droite :ni BU icentrc, me rsoupçonnait Iles desseins 'des sac- .teîms iqui me se sont isàvêlâs que longtemps taprès. Le 'majoiilé de« geas .soosés, là ia rftioîte -et permi inouftj'déplotait les •faits partiodliers 'don^nt lieu à .desKtontroraereBs-derjournaiK 'ou ide tribune tprapres .à «nscilar et'àEentrdtenirune soute <deguei>re crwile BOurde tet 'permanente idans la-naiton, lequetle ' arvait isuBtoat (besoin d'union el'd'esppH mutuel de saoriifioe. Linurèe lOes psfoles hélait latlriboé 'aux -anlcai- >nemiei]te<Ae Jattùbnne, fjlue qu'à des'pavtisspiis'de iinine let «de :gosi»e . £t ipour <dtKe jnates, ion jk ^pou-

vait méconnaître que, du c6té des catholiques, on se livrait souyent à des maaifestations au moins inopportunes; que surtout, et très imprudemment, on affichait la prétention d'associer la cause religieuse à la cause monarchique, en tes présentant comme hées l'une à l'autre, et également nécessaires toutes tes deux, pour remettre les adirés de la France en bon état.

C'est encore sous cet aspect que se présenta une œuvre qui 6t à cette époque grand bruit : l'édification sur la butte Montmartre d'une église, qui, dans la pensée des instigateurs de cette œuvre religieuse, devait consacrer l'union intime de la France avec l'Eglise, et servir de témoignage â la France pénitente. J'ai pu savoir de première main l'ongine de ce projet et l'intention de ses auteurs.

J'avais connu pendant l'Empire la famille Legentil dont le chef, ancien négociant en soierie, avait été créé pair de France sous te gouvernement de Juillet. C'était un type de la haute bourgeoisie de l'époque; mais celle-ci toute en Dieu, vouée aux œuvres pieuses et à l'Eglise. Cette maison rappelait par sa simplicité aisée, par la hauteur morale et intellectuelle de ses membres, par toutes les marques extérieures de la bienséance qui convenait au rang conquis par le chef de famille, les mœurs antiques honorables et pures de la grande bourgeoisie des meilleurs temps. Je rencontrai dans un de ces voyages entre Versailles et Paris, qui étaient comme le lieu de rencontre générale d'alors, M. Le* gentil, dont je retrouvai l'abord aimable, et qu'on ne

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pouvait pas ne pas reconnaître, à l'aspect quasi mooacal de sa personne. Il n'était question à ce moment que de l'affaire de l'Église de Montmartre; et M. Legentil qui s'en occupait activement m'en apprit l'origine. Quelques personnes de Paris et luimême s'étaient trouvées réunies, pendant le siège, à Poitiers, toutes dans un sentiment de haute piété et de douleur patriotique. Elles voyaient, dans les malheurs de !a France, un motif d'expiation et aussi de relèvement. Elles ne séparaient pas, dans leur affliction, les deux causes de patrie et de religion, et elles voulurent les confondre dans un vœu par lequel, consacrant la France au Sacré-Cœur, elles entendaient accomplir, à ia fois, un acte de réparation et une manifestation de foi religieuse et d'espérance.

La proposition faite sous cette Inspiration, à l'Assemblée nationale, était la réalisation de ce vœu. Nous ne connaissions pas ces détails, que j'appris par le hasard de cette rencontre. L'Assemblée nationale éprouvait une certaine surprise, plutôt que de l'hésitation, en face d'une proposition de loi qui avait pour objet de déclarer l'utilité publique d'un édiSce consacré au cuite, et d'autoriser le Cardinal-Archevêque de Paris, tant en sou nom personnel qu'au nom de ses successeurs, à acquérir les terrains nécessaires à cette construction, soit à l'amiable, soit même par voie d'expropriation. Aucune objection ne s'élevait dans la partie libérale de l'assemblée, y compris le Centre gaucbe, contre l'édification d'une Église cousacrée au culte catholique. Il n'y avait de l'hésitation que sur un point; encore était-ce là surtout un

: L.OO^k-

9t- l'asseublëvnation&i.k

scrtipule'dfe! légiste; mais qm' eût' pu empéèber-uw certaiQ nombre àè- membres' de l'Aïsemblée" dé' voter la loi. Dam lètext* du projet, il'étaitiindnyoé qnc la future- Église, serait' consacrée' an- Sacré- Cceur; Oh' fit' remwqTreri qne.' cette consécration relemit'du Pouroir religienx- phitôl' que' du Pou-- TOir législatif.-^ Je'comnmniquai'cc-gcrnpuleanx inîtiateurr du'projét : une' thmaactkm-intervint'strr 'ce point, efliloi fàt.votée à'ià majorité de'382- voix contre 188;

Déjà, à-plMieiiTSTepri«e8-,'rAsse«ïMée, e» ordon-nant'des prières ■ publiques et'dés'cétémoiries-religieuses auxquelles' elle ajsistait dftrrsla persomre de ' ■es délégués, avait accompli des aotes-solé&nelé'dé foi religieuse et catholique. EHe imiiotenait cette'fôisencore la France à son rang dans la civilisation cbrétienne. Elle était loin dès tetnps-d'àbjectïoH' :Oii .n^us sommes; Ceux qui ontvécudeia vieptrbliqae à^'iineet à, l'autre époque, pourraient- à-peine- se rendre compte dé tels changenrentsi' s'ils n-'en 'avaient connu les or^ines et les causes; elc'est^raurquoi leur téinoî-i gna^e a là valeur- des choses' vécues. Personne, en- effets ne pourraitioiagiiier de telles- transfôrma-tions, si on- n'avait pu les snivre; formuléesd^bord dans les Loges, préparées ■80urDt>i8ement,' sabrepti^cement introduites dans les mesures goQvemementalés et tlén^ les lois, et finalement triompfaantes'ddns la vie sociale et politique "d* Pays.-

La loi qui autorisa lâconstfuction- de ■là'BâsîKqne de-Montmartfe est d'une tfop, grande irapootance, surtout au moment oir,* contre toot di'oit et toutti' justice,-^ lé 'goaremement Voodrait,- dit-on, en ^polièt '

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ses légitimes possesseurs, pourvue dans ce récit de l'Assemblée nationale elle n'occupe pas la place qu'elle comporte (1).

(1) Mail en même tempi elle me permet de montrer de laiuisaute façon ce que, dant, rÂTBDl-prppat de ce livre, je dU de I* rancune des partit. J'itl lOiiVe'ht ilé A^iii dans lea journaux parmi ceux qui combstlalent le projet de loi, alor* que j'eo approuvai! l'eaprit et que je l'ai vot^.

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