LA LIBÉRATION DU TGBBITOIBE
Tandis que se préparait ainsi sourdement uq avenir que personne, dans l'Assemblée nationale, ne soupçonnait, la tragédie de cette époque extraordinaire se continuait, sous nos yeux, et par noire fait. Nous y étions tout entiers attachés, et nous n'avions pus le loisir de philosopher à propos des événements quotidiens.
Nous n'accordions pas à la question religieuse l'importance qu'elle avait en réalité. Nous ne connaissions pas, il est vrai, les desseing secrets de la Franc- Maçonnerie. Celle-ci dominait déjà, sans qu'ils s'en doutassent peut-être, les philosophes libres-penseurs, les disciples d'Auguste Comte, si nombreux parmi les membres de la Gauche. Et ces hommes obéissaient, inconsciemment sans doute, à des impulsions secrètes. Quant à nous, nous considérions simplement comme des trouble-féte les membres violents de l'Assemblée qui donnaient, pensions-nous, aux questions religieuses plus d'importance que nous ne leur en attribuions dans la politique. Pour nous, la grande, l'unique affaire était de faire sortir la France de l'affreux gâchis dans lequel elle était tombée.
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de la relever, de la rétablir dans sa force, et plus tard dans sa gloire. Nous ajoutions, il est vrai, à ce programme, l'établis se ment du régime politique qui nous était apparu comme le courouaemeut de tant d'efForts infructueux tentés depuis un siècle, et comme étant le mieux approprié aux idées, aux mœurs, aux aspirations des générations nouvelles; le plus propre aussi à procurer au pays le bien suprême de la concorde.
La poursuite ardente de cet idéal nous aveuglait peut-être sur la nature du concours que nous trouvions à notre Gauche. Nous ne voyions pas assez clairement les obstacles que nous aurions à rencontrer de ce côté; et dans le désir d'avancer, nous franchissions ces obstacles sans les abattre. Les sectaires, dont les desseins étaient tenus secrets, se gardaient bien de dévoiler leurs intentions. Ils avançaient sournoisement sur le terrain que nous gagnions pour eux, et dont ils comptaient- bien être un jour les maîtres.
Les anciens partis qui, par un étrange abus des mots, se proclamaient conservateurs, n'en savaient pas plus que nous sur le compte des adversaires qui nous étaient en réalité communs. Ils nous livraient à eux et la France avec nous, sans le savoir. Ils n'ont point à en tirer vanité.
Au reproche que nous leur faisions de ne pas nous aider à fonder un gouvernement libre et conservateur sous le vocable République, ils répondaient que nous, de notre côté, nous méconnaissions les lois de conservation sociale. Ils ajoutaient que notre alliance, forcée ou non, avec les parties extrêmes.
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était un'Obstacleâ'lacoMtitMiob dW gOirr^Hierifent' stablei. réciter' et vreimenfcMiBeWateur; llyavtrif' du vrai' dans ce^ dernier reprocbe^'iliaits-il était trUjï' facile-de le-leur retoomer,'paiïque d'éiait-ltiif refus' deconcoufs-quidoafl'r^fftak've^S' une' ullfsiiïft qiri< ne'noiOB agréait' p«s'beauMU[^pltifi'qO%'Ark<-iMiBesï Poor nrod-comptei et be(rlJ«ôUp'd«-bon»'Cit<»yens= ak>rs'étaient,>je pense, 'COmuemori il- m'était a8«e7 fuciie de garder la dtMtrttlitér entre' Itis- deux* extrême». Si' nous' avicnii' ufte' aversiort' itfatc|uée pour l'esprit'de'gecte jacobin, noiis'n 'avions qu'une' foi médîoere dans 'l'e&pritdé'Bintéynsé-'descoaserra^ leurs^ attitrés. Le- plmi- grand- obnitre' d'entre- rtixj héritiers du régime constitutionnel dë'tSâO, oU-pàr' tisaift dfrl^Eiapirei étatentp^S'ou ntoias 'imbus des' idées' de la BéTolution, e&'lÈd aèco'AàmDdantJ-poiif' le mieuK'de-'leurS' iDtérêtè;'à'la jd^isstnttce pdistble^ des situation» cOnquwea; Eri fait de 'p'rftfcipes d'ordre; moral, ' ils considératent surtout, 'à- son prix, leur intérêt particulier. Ils faisaient consister ce qn'ilsappelaient l'ordre- nrtral dans raffermissement, à titre définitif, de l^élat dtfcfaosei créé' -surtout à leur profit par- la 'Révolution.' Qaaot'alrt'idées 'générales qui guident' la" conduite des 'hommes, ils étaieM surtout nourris de la ' Miilosophie du- dix^hntt?éin6' siècle, dont l'Université Aima tiiàter- a^àtt pétrileb esprits <hi siècle. La Phîtosoptiie'du''dcfnlevie' Porftivismeet le'ReiM»iisrt»î',-«vail'a*hévé,-ou «i l'oir'veùt ruiné défiïiitivement'cette éducation morale; 'Bt'ils' étaient dans-le'm'éiite aveâgletoent que noilS'ûiétiiëS,' aa sir|et<de8ldemétn«Bi'((^ng«[!tfWétiV^tfriM'iKV'p«r la' Fraftfi^Mbçonaieriei
i.Goo'^k'
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Eefr viêni rojïriiitesi en' uWjjeti'l'iiOHibue, n'éiàïent cntâtmés' ni'pat le» Wetifails'dfr'là'Ré'rtrfution, dofti' on i(e«« vanté -pa* quwittf'on-enWTeçU, ni par l'esprit phîlisophiqtfe'côntèttï^rain: Ili'aTaiewtj poiir'côrt^ ception politique, le rétablisBement de la Mon&l^(«' dans soir inlé^t-itë; et le rdèr\«ment'de'U' reirglon cathoKque*. Nïm" qu'ils- fussent; cotait/e dh-lèvetiaectfsait'poaf ■lerécoTter,' des rtlrôfjradès. II ^n'-yaVftit' point; parmi etrxyde partlsaàsdè raweieiirëgiide. Ils' étàietit, plarqued'antres/attaehés'à'l* liberte^H-tique-, et'tout pVèrns d'un etprît d'indépendànee qUiee' nrari&si tften'avtc^lerespect des autorité* légiiiMes; lU' considêraiem qii'uwe^ rMtfruratioir mfnurélrique efttété à la fôisim retour atix vrais ^incïpes'sociaax' et à Tordre- polîtiqoev par'rintiale^iinton refiîtfr del'Église et* du GoTjvetlletiieht' delà'Pfaffce: Maîacette tjowception était repotissée'alortpttr'UDie'grahde fraction' de-'là I>toite elle-rn«in«', qUi craignait dé'ie conypmfiïettrfr enr compagnie' d'IÂmlmefe' qde IV>ndisait & târt partisans d'^'retiïur ati pttint^.
En résumé, de tôcftes^lè»'- classes qui ont^Uecegsivement -donmié dan8*^lè gouyetwertent, il n'etf'est' gaèreqtri'sôient sADb reproche'. Mais'ce n'est pas^ parat(-il, une-raisoffpourétrt clément/
Tel était l'état 'des-p»rti3i telle étaiCl* dispotiliôtt dësesprits-'daAi'ri^hseubléê, bietf d^iféreiiïs ■dé- ce qaSii «VaieWété atr 'dëbût dfe son -règne; - Id^squ'oft ne'Bonge*it'eû''cotinwaB q*'à relé+ef l*'Pranfee-de' secraiiciesr
98 L'ABSEHBLÉB NATIONALS
A partir du Régime établi le 24 mai, l'esprit de parti prit le pas sur tout le reste; et tout s'en ressentit : les relations personuelleB, le travail iutérieur, les délibéralioQS publiques. Toute harmonie était rompue.
Les partis qui formaient la majorité victorieuse n'avaient en vue qu'un but : restaurer la monarchie; et ils étaient très résolus à profiter de leur victoire pour réaliser leurs espérances. Mais les choses n'iraient pas aussi facilement qu'ils avaient pu le croire. Ils avaient à vaincre : d'abord l'état légal institué par eus-mémes et cimenté par la déclaration du Maréchal : ■ Aucune atteinte ne sera portée aux lois existantes et aux institutions. » Puis les difficultés résultant de leurs propres divisions ; et enfin la résistance de la Gauche, vaincue mais non réduite.
La lutte, suspendue pendant quelques mois, fut reprise par la Gauche; et ce fui M. Dufaure qui ouvrit les hostilités. Dans la séance du 2 juillet, il monta à la tribune, et demanda qu'une commission fût nommée, qui serait chaînée d'étudier tes projets de loi d'ordre constitutionnel élaborés par le gouvernement précédent, sur l'ordre exprès de l'Assemblée. La personnalité de M. Dufaure donnait une valeur énorme à celte revendication, età ce rappel aux engagements pris par la Droite elle-même au sujet de la Constitution. Celle-ci, tout entière déjà aux projets de restauration qui avaient été formés dès le lendemaiu du 24 mai, ne repoussa pas ouvertement la proposition de M. Dufaure. Elle en ajourna l'étude jusqu'au lendemain des vacances qui allaient s'ouvrir. Dans l'intervalle, on avancerait l'œuvre de Restauration:
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au fond, on ne pensait qu'à cela, et pas du tout à' l'établissement d'une République. L'Assemblée se prorogea du .31 juillet au 5 novembre.
Avant qu'elle fût dispersée, un fait d'un caractère vraiment national s'était accompli. L'ennemi dut évacuer le territoire français — ce qui en restait! — à partir du 1" juillet. Il semble que cet événement eût dû être l'occasion de manifestations publiques, attestant au moins la joie de la délivrance. Le gouvernement l'entoura en effet de fêles et de cérémonies officielles, mais on n'y sentit pas vibrer le sentiment populaire. Les ministres eurent tort de tenir à l'écart des manifestations publiques M. Tbiers qui, aux yeux de la nation, était le vrai libérateur du territoire. Et, d'autre part, notre joie était gâtée, dans sa source, par la sensation presque physique de la séparation d'avec nos frères d'Alsace-Lorraine. Et enlio, que ce fût justice ou non, le cœur du peuple ne battait pas à l'unisson de celui des vainqueurs du 24 mai. On pressentait que, dans ce moment même, se préparait, dans le mystère, une scission plus complète.
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-LES TENTATIVE.S DE PÇSTACRATION .410NAHCHIQIJE