CHAPITRE II
Etat actuel du Crédit agricole en Algérie.
Comment les établissements existants répondent mal aux exigences spéciales de l'agriculture Coloniale. Nécessité d'une organisation du crédit plus conforme aux besoins actuels du pays.
En débarquant sur le quai d'Alger, l'immigrant voit se dresser fièrement devant lui les palais somptueux des trois grands établissements de Crédit spécialement consacrés à la Colonie, et les installations, moins brillantes mais importantes cependant, du Crédit Lyonnais et de la Nouvelle Banque Commerciale et Agricole. Comment, à cette vue, l'arrivant n'aurait-il pas confiance en l'avenir? Comment pourrait-il concevoir qu'avec une si puissante organisation financière, l'appui nécessaire pût jamais faire défaut à l'agriculture algérienne ?
Et cependant, comme nous le disions plus haut, le Crédit agricole n'existe pas en Algérie ; ou plutôt il s'y présente sous une forme tellement meurtrière, que mieux vaudrait, vraiment, qu'en réalité il n'existât pas.
Pour convaincre le lecteur d'une si fâcheuse
— sévérité, il suffira, croyons-nous, d'exposer brièvement les façons d'agir des trois grands établissements de Crédit spéciaux à l'Algérie. Les errements de ceux-ci sont suivis à l'envi par les autres moindres. — Quant aux prêteurs particuliers, les usuriers à l'ancienne mode, ils ont aujourd'hui presqu'enlièrement disparu, devant la concurrence des puissantes organisations dont nous allons parler.
Voyons donc successivement ce qu'ont fait pour l'agriculture algérienne les grands établissements financiers d'Algérie : Banque de l'Algérie ; Compagnie algérienne ; Crédii foncier et agricole d'Algérie.