CHAPITRE IV
Organisation de la Société d'Assistance Agricole Algérienne
§ I. Formation de la Société : Le capital social. • § II. Le personnel : son recrutement ; sa rémunération. I III. Les fermes d'essai : Leur personnel. § IV. Les institutions annexes : 1. Caisses hypothécaires ; 2. Caisses de garantie ; 3. Syndicats.
Il nous faut maintenant démontrer comment le système, dont nous venons de donner un aperçu sous forme fictive, pourrait devenir en Algérie une réalité.
Pour cela, semble-t-il, il suffirait que ceux auxquels sont confiées les destinées de la colonie, voulussent bien sortir des anciens errements, reconnaître l'inefficacité des méthodes actuelles, amplement condamnées par l'expérience, et prendre enfin la voie des réformes rationnelles et pratiques.
Le nouveau décret sur la colonisation (1) s'ins-
(1) En date du 13 septembre 1904. Ce décret, longuement mûri et remanié, laisse subsister en matière de colonisation tous les anciens errements, la concession gratuite et la vente des terrains domaniaux. Il n'innove que dans les dispositions spéciales par lesquelles il prétend sauvegarder le crédit fait
pire encore malheureusement des anciennes idées et aggrave même, par des innovations maladroites, la situation, déjà si difficile, des colons algériens. Ce n'est pas cependant en compliquant toujours davantage les obligations imposées au nouvel immigré, sans augmenter pour cela les chances de réussite, qu'on pourra faciliter la colonisation.
Si l'on. veut attirer des colons, il faut leur assurer un large crédit : mais ce crédit n'existera luimême, qu'autant que les épargnistes trouveront dans le prêt agricole un placement sur et rémunérateur de leurs capitaux. Tant que le prêteur sera (comme cela existe dans le système actuel) trop souvent Ibrcé, pour rentrer en possession de son argent, de recourir à l'expropriation, le problème de l'organisation du crédit agricole restera insoluble. Il ne faut pas que le bailleur de fonds soit exposé, sauf en des cas très rares, à se voir contraint d'exproprier des terres, qu'il n'a pas les moyens de faire valoir. Le crédit devrait donc être assez largement mesuré, pour permettre au travailleur de satisfaire pleinement à ses obligations et d'employer, de façon profitable, toute son activité.
Mais cela même ne suffirait pas ; il faut compter en effet avec finexpérience du nouvel arrivé, pré-
aux concessionnaires, en établissant le principe des sociétés de colonisation et quelques dispositions draconiennes compliquant encore la situation faite aux nouveaux colons.
voir les découragements possibles et aussi le manque d'énergie. L'Assistance agricole, telle que nous la concevons, ne se bornerait donc pas à prêter de l'argent, elle en surveillerait l'emploi ; l'emprunteur sans cesse soutenu, instruit, dirigé et même au besoin rappelé à Tordre, par des agriculteurs compétents, serait en quelque sorte forcé de tirer bon parti de son exploitation, de réaliser des bénéfices, de payer ses dettes, d'acquérir l'aisance...
Mais, il est temps d'exposer avec quelques détails notre système.