‹ L'assistance des enfants anormauxChapitre 16 sur 27 · AU POINT DE VUE MEDICAL · texte numérisé non relu

AU POINT DE VUE MEDICAL

Pour le médecin il n’y a pas matière à discussion. Il suffit que les enfants psychiquement anormaux de toutes catégories soient tenus pour des malades, pour que leur assistance s’impose aussi longtemps qu’ils sont malades, et que leur traitement soit poursuivi, tant qu’ils n’ont pas été reconnus inaméliorables. Ce devoir médical est au-dessus de toute considération utilitaire, mais il ne peut être que renforcé par la constatation des résultats curatifs obtenus.

« Pour nous, dit Bourneville dans les Archives de Neurologie (1897), qui nous disons normaux, nous devons soigner les malades, relever dans la mesure du possible et rapprocher de la normale les anormaux. » Et dans ce devoir médical il y a aussi un intérêt scientifique de premier ordre, qui a été justement développé en 1899 par Ley, dans le Journal de Neurologie , et par Daniel et Philippe dans la Polyclinique : c’est en effet par la science de l’enfance anormale que peut s’édifier la Pédologie, la science de l’enfance normale.

Dans son rapport d’inspection générale de 190*3, portant particulièrement sur l’enfance abandonnée, M. le conseiller d’Etat Ogier portait ce jugement ferme et catégorique : « En dehors de ceux-ci (les moralement abandonnés redressables), il y a encore d'autres enfants atteints d'affections ou difformités plus nettement caractérisées, tels que les idiots... Pour les idiots et les imbéciles, ceux qu'on a appelé des dégénérés inférieurs, leur séparation d’avec les autres s’impose sans conteste, ainsi que leur placement dans des établissements spéciaux,

soit distincts, soit annexés aux asiles d’aliénés. Dans ces établissements ils seraient hospitalisés et recevraient un traitement médico-pédagogique, analogue à celui qui, sous l’impulsion du docteur Bourneville, a été établi et fonctionne déjà depuis des années à Bicèlre. ')

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