PATRONAGES
Quel que soit son degré d’amélioration ou de redressement, qu’il sorte de 1 hôpital, de la maison de réforme ou de la colonie, l’anormal psychique ne saurait sans danger être abandonné à lui-même dans la vie commune.
Trop souvent sans famille, sans ressources, évité ou mal accueilli, il restera — ainsi que le disait Monod de l’aliéné — « privé de travail, privé des moyens de s’en procurer », et redeviendra un inutile, un insociable ou même un antisocial, parce que la société ne lui sera pas venue en aide. « il y a là — disait Giraud, dans son rapport au Congrès des médecins aliénistes de la Rochelle en i 8 q 3 — une lacune aussi bien au point de vue humanitaire qu’au point de vue économique ».
Pour que l’cftct du traitement médico-pédagogique soit durable, socialement utile, il faut qu’au dehors il soit continue, par une protection morale, au besoin par un secours matériel, à l’égard tics enfants améliorés, devenus adolescents, puis adultes et qui, toute leur vie doivent être considérés comme des convalescents. C’est l'œuvre à attendre des Sociétés de patronage.
Les travaux de Giraud et de Sérieux nous ont montré l'importance que, depuis quelques années, avaient prises dans les pays du Nord, particulièrement en Allemagne, les patronages pour les aliénés et dégénérés sortis des asiles. En France l’appel réitéré des aliénistes, des philantrophes, aussi bien que celui des pouvoirs publics en faveur de la création de sociétés départementales, sont restés à peu près sans écho. Faut-il redire, pour notre confusion, que seul le département de la Seine possède deux sociétés de patronage ayant un rôle actif, mais encore très limité, pour les aliénés convalescents et guéris, et qu'en province, les deux sociétés (pii existent 11c disposent que de ressources insuffisantes.
« On n'a pas assez insisté, dit Sérieux, sur l'importance dans le perfectionnement de l’assistance des aliénés, du rôle des sociétés de patronage. Ces sociétés ont pour tache, non seulement d'assister les sujets qui sortent des asiles, mais encore de les suivre une fois mis en liberté, de leur trouver des occupations appropriées, de s’occuper de leur placement ou de leur réintégration en cas de rechute, d’assister leurs familles pendant leur traitement,
de se mettre en rapport avec le service des consultations externes des asiles, de lutter contre les causes des affections mentales (alcoolisme etc...) de déraciner les préjujugés concernant cette catégorie de maladies ».
Avec une organisation bien ordonnée, des adhérents nombreux et actifs, les sociétés de patronage seraient, sans doute, l’adjuvant le plus important de l’assistance des aliénés de toutes catégories, et il n’en est pointa qui elles pourraient être plus utiles qu’aux anormaux dégénérés.
D’après les indications qui précèdent l’organisation de l’assistance des enfants dégénérés, pourrait se résumer comme suit, d’après les modes d’assistance :
Enjants de } 6 à 16 ans (période s médico-pédagogique) i
Imbéciles et : idiots du 1 er degré) (Perfectibles) (
Hôpitaux spéciaux ou quartiers d’hôpitaux d’aliénés
Idiots / du 2 e degré j (Imperfectibles)*
Hospices spéciaux ou quartiers d’hospices j d’aliénés
Organisation
départementale
Organisation
départementale
Vicieux, délinquants | Maison de réforme |
Organisation régionale
Au-dessus de 16 ans (Période de surveillance ou d'utilisation)
! Hospices spéciaux oui quartiers d’hospices ) (section spéciale) )
,,... .. (passifsl Colonies familiales J Inlisablcs r .. „ , . J
( actifs | Colonies périhospitalières )
! Vie commune sous la J surveillance des > sociétés de patronage 1
Organisation
départementale
Organisation
départementale
Organisation
départementale