MEDICA
Smetius qui vldlt Romæ in Musæo card. Carpensis, p. 102, 7. — Gruter, p. 312, 4.
Secunda Livillæ s(erva), rnedica.
Livilla était fille du premier Drusus, veuve de C. Cæsar et remariée au jeune Drusus. C’est elle qui est appelée Livia dans une inscription précédente, if 14.
DES MÉDECINS DE LA MAISON DE L’EMPEREUR
On trouve également une medica dans la liste des offices de la maison Auguste donnée par Orelli, 2974. Voici maintenant une obstetrix ou accoucheuse :
No 22.
PRIMA. LIVIAE. OPSTETRIX. ASTEROPE MAXIME EPICHARIS. MAXIME MATER
GorI, Insc. ant. etrus.,t. 11. p. 444, 37. Ex collect. Donianls. — Muratori, p. 913, 7. Florentiæ, apud Principes Corsinios. ex P. yulpio, Soc. Jesu.
Prima, Lhifp, (serva), obstetrix
Prima, esclaxe de Livie, accoucheuse
La lecture de l’inscription entière est incertaine, par la raison que très-probablement elle a été incomplètement reproduite.
Enfin, pour compléter nos connaissances sur ce sujet, je ne puis me dispenser de démontrer ici qu’il existait dans toutes les maisons importantes, soit urbaines, soit rustiques, et à plus forte raison dans celles de l’empereur, une infirmerie appelée valetudinarium ^ où les malades étaient déposés et où ils recevaient tous les soins qui leur étaient nécessaires. Par conséquent, ils n’avaient pas seulement des médecins à leur disposition, ils avaient aussi des infirmiers et d’autres gens de service pour les secourir.
Voici d’abord deux inscriptions qui désignent un infirmier. Il paraît fort vraisemblable que ces deux titres ne sont que deux copies différentes et infidèles d’une seule inscription.
D. M SEXTORIO AVG. LIB AB. AEGRIS CVBICVLARIOR VLPIA. MIRA MARITO. OPT INDVLGENTISS FECIT
Gruter, p. 576, 1. — B.oraæ ad Sancti Pétri, inter alia marraora. — Orellt, 2886. — Henzen ; Nomen hominis fortasse male lectum.
D(iis) m(anibus). Sextorio, Aug(usti) lib(erto) ab ægris cubicularior(um), Ulpia Mira marito opt(irao), indulgentiss(imo) fecit.
No 24.
M. ARELIO. AVG. L STEPHANO AB. AEGRIS CVBCLARIOR VLPIA. ITALIA VXOR.B.M.FEC
Kemesius, p. 584, 91. Inter viam Appiam et Latinam.
M(arco) A(u)reIio, Aug(usti) I(iberto), Stéphane, ab ægris cub(i)c(u)Iarior(um), Ulpia Italia uxor(i) b(ene) m(erenti) (tecit) (1).
(1) A Marcus Aurelius Stephanus, affranchi d’Auguste, un des valets de chambre pour les malades; Ulpia Italia a fait (ce tombeau) pour sou époux bien méritant.
DES MÉDECINS DE LA MAISON DE L’EMPEREUR
J’avoue que j’éprouve quelque embarras à assigner le sens exact des expressions ab œgris ciibiculariorum, B’aut-il dire : infirmier des valets de chambre ou un des valets de chambre infirmiers ? Celte seconde interprétation me paraît plus naturelle, car il ne semble guère vraisemblable qu’il y eût des infirmiers spéciaux et particuliers aux valets de chambre, tandis qu’il est tout simple qu’on prît des valets de chambre pour en faire des infirmiers, ou bien qu’on donnât le premier nom à ceux-ci. Quoi qu’il en soit, il reste certain, d’après ces inscriptions, qu’il existait des infirmiers chargés du soin des malades sous la direction des médecins. Il y avait mieux encore, ainsi que vont nous l’apprendre les deux inscriptions suivantes :
HELPIS. LIVIAE AD. VALETVDINAR
Spon., Miscell., p. 144, 13. Florentiæ In horto marchionls Corsini. — Gori, Inscript, eir., t. I, p. 184,226. Florentiæ in musæo Andreinio. --r Donatl, t. Il, p. 319, 5.
Helpis, LWiæ (serya) ad valetudinar(ium).
Helpis, esclave de Livie, pour l’infirmerie.
RGVRVS
AD. VALETVD
GorI, t. f, p. 136, 20. In hortis Corslnlis.
(Phila)rgurus (Liviæ servus) ad valetud(inarium). Philargurus, esclave pour le service de l’infirmerie.
Quoique rien , dans le texte qui nous reste de cette dernière inscription, n’indique que Philargurus faisait partie des esclaves de la maison de Livie, je crois cependant devoir la placer ici, parce qu’elle a été trouvée au même endroit que celle de Helpis, et qu’en outre, ce nom de Philargurus est souvent répété dans le columbarium- Ces raisons autorisent suffisamment à compléter la lecture comme je l’ai fait, et à penser que cet esclave faisait partie de la même maison.
Quelques auteurs lisent ici adjutrix et adjutor valetudinarii. Je ne vois point la nécessité de cette manière de compléter la lecture de nos deux inscriptions. D’ailleurs, cela n’a pas d’importance, car le sens de ces textes ne peut laisser place à aucun doute, et quelle que soit la leçon qu’on adopte, il reste évident qu’il s’agit ici d’une servante et d’un valet appartenant au service de l’infirmerie.
Il demeure donc établi et démontré par les textes que je viens de produire, qu’il existait des infirmeries où les individus composant le personnel de la maison de l’empereur étaient reçus et soignés dans leurs maladies ; que des médecins étaient chargés de veiller à la santé de tout ce personnel et de lui prodiguer leurs soins ; S*" que, sous leur direction, des infirmiers étaient chargés de pourvoir au traitement et au régime des malades; 4° enfin, qu’il y avait en outre des esclaves des deux sexes pour occuper les emplois de bas service des infirmeries. En résumé, il m’est permis de conclure de ce qui précède que nous connaissons à très-peu près tout ce qui concerne l’assistance médicale dans la maison impériale, depuis le médecin en chef jusqu’aux
DES MÉDECINS DE LA MAISON DE L’EMPEREUR
esclaves chargés des bas emplois de Finfirmerie.
Je crois devoir placer aussi parmi les médecins de la maison impériale un personnage portant un titre particulier que je rencontre dans Finscription suivante :
DIS. MANIBVS CLAVDIAE. EVTYCHIAE CONIVGI. SANCTISSIM BENE. ME RENTE ET Q. DOMITtO. H EL ICI HYMENAEVS. MEDICVS A. BIBLIOTHEGIS. ET DOMITIA, PANNYCHIS SIBEET.SVIS.POSTERISQVE EORVM
Smetius, p. 102, H. Rotnæ, In ædibus Carailli Stalli, sub Capitollo. — Gruter, p. SSi, 4. — Orelli, 2929.
Diis manibus. Claudiæ Eutychiæ, conjugi sanctissim(æ). Bene merenti, et Q(iiinto) Domitio Heiici, Hymenæus medicus a Bibliothecis, et Domitia Pannychis sibi et suis posterisque eorum (1).
Quelques auteurs ont pensé qu’il fallait distinguer ici deux titres : celui de médecin et celui de bibliothécaire. Pour mon compte, je ne crois pas que cette distinction puisse résulter du texte de Finscription, pas plus que je ne pense qu’il soit possible de l’appuyer sur la nature
(1) Aux dieux mânes. A Claudia Eutychia, épouse très-sainte, bien méritante et à Quintus Domitius Hélix, Hymenæus, médecin des bibliothèques, et Domitia Pannychis (ont élevé ce tombeau) ainsi qu’à eux-mêmes, aux leurs et à leur postérité.
même des fonctions dont il s’agit. Elle ne me paraît donc avoir en sa faveur aucune vraisemblance. Il faut considérer, en effet, qu’il existe dans les recueils d’inscriptions d’assez nombreux titres d’attachés aux bibliothèques désignés toujours par la même formule : a Bibliothecis. C’est ainsi que l’on trouve servus a Bibliothecis ou a Bibliotheca (I)^ villicus a Bibliotheca (2), magister a Bibliotheca (3). Cette formule est appliquée d’ailleurs à beaucoup d’autres emplois de la maison impériale, et toujours avec la même signification directe. Il semble donc impossible de ne pas traduire medicus a Bibliotheciÿ médecin des Bibliothèques . Quelle difficulté d’ailleurs peut-il y avoir à admettre ce titre, qui existe également chez nous, à Paris? Je n’en vois aucune ; seulement, je pense que cet Hymenæus n’était pas médecin d’une bibliothèque en particulier, sans quoi l’inscription l’aurait dit, comme le disent toutes celles que je viens de citer et beaucoup d’autres que l’on trouve dans les recueils épigraphiques. Il était attaché en qualité de médecin au service général des bibliothèques impériales; et comme il était esclave, c’était un domesticus^ n’ayant d’autre souci que de donner ses soins médicaux aux employés de ces bibliothèques.
11 existait effectivement à Rome beaucoup de bibliothèques publiques dans la dépendance et sous l’administration de la maison impériale. Publius Victor, dans son Régionnaire, dit qu’elles étaient au nombre de vingt-
(1) M. Henzen, 6445, 6306, 6307. — Orelli, 40. — Griiter, p. 584, 2, 6 et 7, etc., etc.
(2) M. Henzen, 6271.
(3) Orelli, 41.
DES MÉDECINS DE LA MAISON DE L’EMPEREUR
neuf. Les plus célèbres étaient la Bibliothèque Palatine^ grecque et latine, celles du Capitole, du Portique d’Octavie, du Temple de Trajan, de la Maison de Tibère et celle des Thermes de Dioclétien, qui fut appelée Ulpienne , parce qu'on y transporta les collections de livres qui auparavant composaient la bibliothèque du Temple de Trajan (i). Ces diverses Bibliothèques entretenaient un nombreux personnel d’esclaves et d’hommes libres. Or, tous les faits que nous avons recueillis nous autorisent à penser que l’assistance médicale ne pouvait faire défaut à ces employés. Notre inscription lève tous les scrupules à cet égard, et Hymenæus était sans aucun doute attaché au service médical des Bibliothèques impériales.
(1) « Usu3 sum præcipue libris ex Bibliotheca Ulpia, ætate mea thermis Diocletianis. » (Vopiscus, Historia Augusta, Probus, cap. ii.)
R. BRIAU.