‹ L'assistance médicale chez les RomainsChapitre 19 sur 27 · IVLIA. G. L GRATA VIX. A. LVI · texte numérisé non relu

IVLIA. G. L GRATA VIX. A. LVI

Muratorl, p. 960, 2. Romæ in Cimelio Gard. Gualterii. Misit Fr. M. Campelli Cornes. Cette inscription se trouve maintenant au musée du Capitole.

G(aius) Julius Euxinus , medicus ex hortis Sallustianis. Vix(it) ann(is) 80. — Julia, G(aii) (liberta), Grata, vix(it) a(ûüis) 56(3).

(1) « Sive quis, quod accidit pleramque, sauciatus in opere noxam ceperig adliibeat fomenta ; sive aller languidior est, in valetudinarium confestim deducat et convenientem ei ceteram curationem adhiberi jubeat. » Golumelle, De re rustica, lib. XI, cap. i.

(2) « Si compererit vel simulantem languorem, sine cunctatione in valetudinarium deducat. » /c?., ibid., lib. XII, 3.

(3) Gaius Julius Euxinus, médecin des jardins de Sailuste. Il a vécu quatre-vingts ans. — Julia Grata, affranchie de Gaius, a vécu cinquante-six ans.

M. Wallon, dans sa très-savante Histoire de l’esclavage (1), exprime l’opinion que ce Julius Euxinus était un médecin de quartier. Mais d’abord on ne voit nulle part que les jardins de Salluste aient formé un quartier, ni même qu’ils aient donné leur nom à un quartier de la ville. Ils figurent dans les régionnaires simplement sous le nom de horti Sallustiani, En outre, je n’ai pu trouver mentionnés nulle part des médecins de quartiers à Rome, dans aucun auteur pas plus que sur aucun monument. Je ne puis donc sur ce point partager l’opinion de féminent historien.

La vérité est que, lorsqu’il revint de son gouvernement d’Afrique auquel il avait été nommé par Jules César, l’historien Salluste fit établir des jardins magnifiques dans la vallée qui sépare le mont Quirinal du Pincius. Après sa mort, ces jardins vinrent par héritage en la possession de son neveu , ami d’Auguste et de Tibère. Puis, par suite de la mort de ce neveu, ils devinrent la propriété du domaine impérial. Enfin, après avoir fait pendant longtemps les délices des empereurs et du peuple, ces magnifiques jardins furent incendiés lors du sac de Rome par Alaric.

Toutefois, si ces jardins n’étaient pas véritablement un quartier, ils y ressemblaient en un sens, parce qu’ils contenaient plusieurs établissements de différents genres. En effet, on y signale un marché (2), un temple de Vénus (3), une promenade publique et un cirque dans lequel se trouvait l’obélisque qui est actuellement sur

(1) Tom. III, pag. 518.

(2) P. Victor et S. Rufus, regio VI^, forum Sallustii.

(3) Id3m et Orelli, 1366, 1369, 1462. — Gruter, pag. 102, 1.

la place de la Trinité-des-Monts (1). Les recueils épigraphiques y mentionnent des portiers (2) , un villicus ou régisseur (3) et un médecin. Tous ces faits démontrent que les jardins de Salluste étaient une réunion de lieux de plaisir, d’utilité et de religion : Miscuit utile dulci. Or cet ensemble d’établissements laisse naturellement supposer qu’un personnel considérable d’employés, de serviteurs et d’esclaves y était occupé. Il est certain d’un autre côté qu’un public nombreux y affluait sans cesse. Il est donc très-naturel qu’un médecin y ait été attaché.

Ces jardins ayant été beaucoup plus longtemps dans la possession des empereurs que dans celle de la famille de Salluste , j’aurais dû peut-être insérer cette inscription au chapitre précédent. Mais comme d’autre part, on ne sait pas exactement à quelle date ce domaine est tombé dans la propriété impériale, que d’autre part, il n’est pas douteux qu’avant cette époque, il y avait déjà des médecins attachés aux jardins de Salluste ; qu’enfin le médecin Euxinus de notre inscription était un affranchi delà famille Julia, ce qui semble le reporter à une époque où ces jardins étaient encore une propriété privée, j’ai cru qu’elle serait à sa place dans ce chapitre.

L’inscription suivante a, sous tous les rapports, la plus grande analogie avec celle que nous venons de

(1) Nibby, Description de Rome. — Lettres du Président de Brosses; XXXIX®, à M. de Quintin.

(2) Orelli, 1369 et 1462. — Gruter, 102, 1.

(3) Gruter, p. 602, 4. Inscript. datée de l’an 21 après J. -G. — Bianchini, Op. cit,, p. 9.

voir. Il y est question aussi de jardins qui furent établis par un riche Romain et qui finirent également par tomber dans le domaine impérial.

INo 29.

M. IVNIO, DIONYSIO MEDICO. DE. LVCILLIANIS TITVLENA. IVSTA CONIVGI. B. M. ET. SIBI ET. SAIS. LIB. LIBERTABVSQVE POSTERISQVE EORVM

Gruter, p. 634, 6. — Romse, sub fencstra domus privatæ, non procul a Sancta Lucia quatuor portarura adTiberim. — Snietius, p. 96, 16. — Orelli, 4225.

D(iis) m(anibus). M(arco) Junin Dionysio, medico de Luc(u)llianis, Titulena Justa conjugi b(ene) ni(erenti) et sibi et suis lib(ertis) libertabusque posterisque eorum (1).

M. Wallon appelle également ce Dionysius, un médecin de quartier (2). Les raisons que j’ai déjà données m’empêchent de partager cette manière de voir. J’ai été, je l’avoue, longtemps embarrassé par l’expression de Lucilliani^ et j’avais d’abord pensé qu’il s’agissait ici de quelque domaine qui aurait pris son nom de la fa-

(1) Aux dieux mânes. A Marcus Junius Dionysius, médecin (des jardins) de Lucullus. Titulena Justa (a consacré ce tombeaul à son époux très-méritant, à elle-même et aux siens, à leurs affranchis et affranchies ainsi qu’à leur postérité.

(2) Id., ibid.

mille Lucillia. En effet, Smetius et Gruler publient une inscription trouvée à Rome et concernant un esclave qui porte le titre de Cœsaris exactor 'prœdiorum Lucillianorum (1). J’avais en outre trouvé dans le recueil de M. Henzen d’autres assignations de divers domaines à la famille Lucillia (2) ; et enfin sur un plan de Rome ancienne, tracé par Pirro Ligorio sous le pape Pie IV, en d561, j’avais vu la description et la place d’une domiis Lucilliana très-étendue. Ces diverses indications avaient donc tout spécialement attiré mon attention, lorsque plusieurs textes de Tacite et une affirmation de Publius Victor, me firent penser, après mûres réflexions, qu’il ne pouvait être question ici que des jardins de Lucullus.

Ces jardins , qui sont nommés dans Tacite , ho^Hi Luculliani^ devinrent, après diverses destinées, la propriété de Messaline. C’est là qu’elle se réfugia et qu’elle reçut la mort après que ses débauches eurent été dénoncées à l’empereur Claude, son mari (3). Après elle, ils furent, suivant toute apparence, livrés au public, comme les jardins de Salluste. Publius Victor les place dans la neuvième région. Je suis donc suffisamment autorisé par ces faits et documents à établir que notre Junius Dionysius était médecin de la famille d’esclaves des jardins de Lucullus.

(1) Smetius, p. 104,9. — Gruter, p. 594, 1,

(2) M. Henzeu, 5467 et 6664.

(3) « Intérim Messalina Lucullianis in hortis prolatare vitam, etc. » Tacite, Ann.^ lib. XI, cap. xxxvii. — « Igitur Messalina Lucullianos in hortos, Silius dissimulando metu , ad munia fori digrediuntur. » Id. ibid.j cap. xxxil.

Nous avons à examiner maintenant une inscription qui a été d’abord publiée par Muratori (1). Elle a été ensuite reproduite par M. Henzen, après une soigneuse révision et correction. Elle contient les fastes d’un collège d’esclaves et d’affrancbis d’Antium. Il n’y a aucun intérêt à donner ici cette longue inscription tout entière. J’en copie seulement les trois lignes qui contiennent les noms de médecins avec leurs dates consulaires, renvoyant le lecteur pour le surplus au supplément du recueil d’Orelli par M. Hensen, où l’inscription porte le n” 6445.

No 30.

Douzième ligne : ONESIMVS. MEDIC... ad ann. post Christus 39. Sixième avant-dernière ligne ; AGA HOPVS ON.. .MEDIC... ad ann. post Chr. 51.

Avant-dernière ligne : DIVAE. AVGVSTAE. L. MED... id. id.

Onesimus, iriedic(us). — Aga(t)hopus, On , medi(cus).

— .... Divæ Augustæ l(ibertus), med(icus).

Voilà bien trois médecins attachés à ce collège ou à cette famille d’esclaves et d’affranchis. L’inscription suivante appartient également à un médecin esclave, sans autre désignation. Mais il est évident qu’il doit entrer dans la catégorie de ceux qui étaient employés à donner leurs soins à une famille servile urbaine ou rustique.

(1) Novus thésaurus vei. inscript. j p. 303, 3.

PHAEBIANO

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