‹ L'assistance médicale chez les RomainsChapitre 4 sur 27 · COUP D’ŒIL SUR LA PROFESSION MÉDICALE A ROME · texte numérisé non relu

COUP D’ŒIL SUR LA PROFESSION MÉDICALE A ROME

C’est ciu^en effet lorsque le développement d’une société est arrivé à une certaine grandeur, il s’y révéle des nécessités impérieuses qu’il n’est plus possible de ne pas satisfaire, et les secours de la médecine dans les maladies individuelles, comme ceux de l’hygiène dans les maladies générales, épidémies ou endémies, sont de cet ordre-là. Aussi, dans la société romaine, s’il est vrai de dire que la médecine continua d’être mise au nombre des professions roturières et basses, il n’est pas moins positif que le médecin dut être introduit partout, dans les palais comme dans les ateliers, .et jusque dans les chambrées d’esclaves; et toutefois, ainsi que le dit Sénèque, il y venait en qualité de médecin, et on le recevait comme un ami. L’intérêt personnel, d’ailleurs , exigeait l’intervention incessante de cette profession nécessaire.

Vers le commencement du dix-huitiéme siècle, il s’éleva en Angleterre une ardente discussion sur la condition des médecins dans l’Empire romain. Le signal en fut donné par Connyers Middleton, qui soutint dans une dissertation publiée en 1726 (1), que les médecins romains étaient dans une condition servile et ignoble. Cette assertion fut vivement combattue dans des écrits successivement publiés et qui, à leur tour, furent réfutés par d’autres. La discussion se prolongea pendant plusieurs années avec vivacité, et donna lieu à de nombreux mémoires dont quelques-uns nous sont restés (2).

(1) Connyers Middleton, De medicorum apud veteres romanos degentium conditione. Gantabrigiæ, 1726, in-4o.

(2) Ad viri reverendi Gonnier. Middletoni, Dissertationem responsio. Londini , 1727 , in-S». — De medicorum conditione^ animadversio brevis. Londini, 1727, in-S^, etc., etc.

Toutefois, il est permis d’affirmer que malgré le savoir et l’ardeur de ceux qui prirent part à cette lutte, la question, objet du débat, resta ce qu’elle étaitauparavant, et reçut peu de lumières de toutes ces publications trop passionnées. Sans vouloir rentrer dans cette discussion, je demande la permission de présenter les considérations suivantes, qui me semblent propres à l’éclaircir.

Pendant plusieurs siècles, les Romains n’ayant point de rapports frequents et suivis avec la Grèce et les autres pays en possession d’une civilisation plus ou moins avancée, vivant en outre à la campagne et cultivant la terre de leurs mains, n’offraient point de ressources suffisantes à la profession médicale libre, qui n’aurait pas pu fournir à ceux qui l’auraient exercée dans ces conditions les moyens d’une existence aisée. C’est donc par la médecine domestique, pratiquée sans sortir de l’intérieur de la maison, que débuta l’exercice de l’art; et les premiers médecins à Rome furent évidemment des esclaves. Or, cet état d’esclavaQ;e n’était nullement de nature à donner de la considération à ceux qui pratiquaient ainsi l’art de guérir.

Plus tard, et si l’on en croit Pline le naturaliste, ce fut en l’an de Rome 535, Arcbagathus quitta le Péloponèse pour venir se fixer à Rome. Mais Arcbagathus était étranger, et quoiqu’il eût d’abord obtenu le droit de cité et qu’on lui eût acheté aux frais du Trésor une boutique où il exerçait sa profession dans le carrefour Acilius (i), il fut cependant bientôt après chassé et obligé de quitter la ville, Depuis cette époque, les écri-

(1) «Eique jus Quiritium datum et tabernam in compito Acilio emptam ob id publiée », etc. — Pline, Hist. nat., lib. XXIX, cap. vi.

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