‹ L'assistance médicale chez les RomainsChapitre 6 sur 27 · COUP D’OEIL SUR LA PROFESSION MÉDICALE A ROME · texte numérisé non relu

COUP D’OEIL SUR LA PROFESSION MÉDICALE A ROME

César accorde le droit de cité aux médecins et aux professeurs (1). Puis vient l’empereur Auguste, qui augmente leurs prérogatives. Enfin, sous ses successeurs, les privilèges accordés aux médecins deviennent de plus en plus étendus; si bien que sans leur donner un rang élevé dans la société, ils leur procurent la possibilité d’arriver aux plus hauts emplois du gouvernement, ainsi que j’en ai cité tout à Theure deux exemples. D’ailleurs, beaucoup de médecins parvinrent à acquérir de grosses fortunes, quelques-uns même des richesses énormes, dans l’exercice légitime de leur profession. Ils arrivèrent ainsi à la considération et à se ménager l’estime publique, qui était refusée à la pauvreté.

L’assistance médicale dut suivre une marche analogue ; car c’est en raison de leur utilité reconnue que les médecins conquirent leurs prérogatives et leurs privilèges. Cette assistance devint donc de plus en plus active, et les secours donnés aux pauvres dans leurs maladies s’étendirent d’autant plus que les mœurs , comme les lois, allaient en s’adoucissant progressivement, à mesure que l’influence douce et pénétrante du christianisme s’infiltrait dans les diverses couches de la société. La condition même des esclaves alla en s’améliorant jusqu’à l’abolition complète de l’esclavage (2); et les secours médicaux donnés aux malheureux se répandirent dans la même proportion jusqu’à la création des hôpitaux.

Toutefois, il ne faut pas oublier, et la suite de cette étude le démontrera surabondamment, que jusqu’aux

(1) Suétone, C. Julius Cœsar^ cap. xlii.

(2) M. H. Wallon, Histoire de l’esclavage, t. III, ch. ii, iii et iv.

époques de changements radicaux dont je viens de parler, le principe de cette assistance fut toujours l’intérêt personnel, et non pas un sentiment de philanthropie. Le gouvernement qui entretenait des armées, des troupes de gladiateurs ou d’artistes, des administrations partielles, et même des entreprises commerciales et industrielles, avait intérêt à maintenir en bon état de santé, et à guérir promptement dans leurs maladies, les hommes employés en nombre très-considérable à ses divers travaux, afin de ne pas être privé de leurs services. De même, les particuliers riches qui possédaient de nombreux esclaves, ou les entrepreneurs de spectacles, de jeux publics, d’exploitations quelconques, avaient le plus grand intérêt à conserver le personnel sur lequel reposait leur fortune. Enfin, les artisans, mercenaires isolés, citoyens libres, mais pauvres, ne manquaient pas de se réunir, de s’associer et de se cotiser, pour trouver dans la solidarité et la mutualité des membres de ces collèges ou sociétés, les moyens de s’assurer des soins et des secours pendant leur vie et un tombeau après leur mort.

L’est ainsi que l’on trouve des médecins attachés à toutes les réunions d’hommes retenus par un lien quelconque, à toutes les associations ou administrations » publiques et privées, et que l’assistance médicale se trouve en définitive à côté de toutes les misères physiques qui attaquaient les hommes utiles , c’est-à-dire ceux qui travaillaient.

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