fr. 90 par famille; 1.731 fr. 96 par personne
La dépense moyenne de 1.731 fr. 96 par personne se décomposait ainsi :
TEANSDOrRL QUE COÏOR ET ASE UE 89 75 Travaux pour le/colon!. 20e 699 49 Travaux d'utilité publique . . . . . . 193 03 Rations:de vivres ME Er Re AG 13 Instruments aratoires 2. 11e 54 .92 Des ET STE RART AEVE DN 96 75 SÉTIEN CBS Pan NN UEEte) Nes te 17 68 Objets de toilette, literie et ustensiles ONMEDA TE TS PRET SERRES TR 4479 Dépenses hospitalières . . . . . . . . 34 63 » d'administration . . . . .. D4 76 D accidentel esse 18 03 7 1.781 96
1, Il y avait 13.628 personnes.
C'était pourtant encore bien insuffisant, au dire de la commission d'enquête ; avant de créer d’autres colonies, 1l fallait assurer à celles qui existaient déjà un fonctionnement convenable. Aussi demandait-on que le crédit éventuel de 5 millions (Loi du 19 mai) fût affecté principalement à réaliser les améliorations réclamées ; le surplus devait servir à l'envoi de nouveaux colons soigneusement choisis. On ne devait d’ailleurs les expédier que lorsque ceux qui les avaient précédés, seraient complètement installés, et que, les concessions nouvelles seraient prêtes à recevoir leurs bénéficiaires.
L'avenir des colonies dans ces conditions pouvait être généralement brillant. La commission estimait que, si les moins forts et les moins habiles devaient s’éliminer progressivement (ils ne comptaient guère que pour un tiers dans l'effectif total) et d’autres (un autre tiers), s'ils persistaient dans leurs efforts, pouvaient compter sur un succès assuré ; la réussite n’était qu’assez problématique pour le dernier tiers.
La situation était donc loin d’être désespérée. Déjà les quelques améliorations qu'on avait introduites dans l’organisation et le personnel avaient porté leurs fruits. C’est ainsi que le sélectionnement des colons, si tardif qu'il fût, commençait à donner des résultats appréciables. Le ministre de la guerre le constatait à la tribune de la Chambre : « Depuis qu'une grande partie de ces colons (les paresseux et ivrognes incorrigibles) sont revenus en France, disait-il, et depuis qu'ils ont été remplacés par de véritables colons, par des hommes quittant la char-
rue, quittant leur village, présentés par les maires de leur commune, offrant toutes les qualités désirables, par des hommes, réellement, qui veulent être colons, qui prennent au sérieux le changement de pays et de condition ; eh bien ! depuis cette époque les colonies vont beaucoup mieux ; plus d'incidents; aujourd’hui, tout est rentré dans l’ordre et le calme » (1). | On est pourtant loin d'être d'accord sur la valeur du résultat final de cette tentative de colonisation. M. Vaulaer donne à son étude sur la question la conclusion suivante : « quoi qu'il en soit des causes, dit-il, il y a un fait qui n’est pas douteux ; c'est que l'application par l'Etat du principe de l'assistance par le travail n’eut pas de meilleur résultat, si elle eut moins de conséquences funestes, sur le sol de l'Algérie, que dans les chantiers de la capitale ». La principale préoccupation de l’auteur paraît être surtout le triomphe de son principe de noninterventionisme économique et charitable, et il semble porté à juger de parti pris cette tentative d'assistance par l’Etal. Sans entrer dans une discussion sur la uature du rôle de l'Etat en matière d'assistance et son utilité, il importe toutefois de remarquer que, même en admettant que l'Etat ne - doive pas organiser l’assistance dans les temps normaux, 1l est bien peu d’économistes, si libéraux soient-ils, qui ne lui reconnaissent l'obligation morale de donner des secours dans des périodes
1. Discours du général d'Hautpoul, ministre de la guerre, Moniteur, 5 juill..4850, p. 2292,
particulièrement critiques. C'était bien le cas en 1848 et 1849.
En nous plaçant maintenant en dehors des préférences individuelles pour l’un ou l’autre mode d'assistance, si nous considérons, en eux-mêmes, les résultats généraux des colonies agricoles, nous devons constater que quels qu’avaient été leurs graves défauts et les terribles souffrances qu’ils entrainèrent, la somme des avantages est encore supérieure à celle des inconvénients. Nous n'avons pas essayé de dissimuler les fautes, n1 d’atténuer les responsabilités ; nous devons pourtant constater qu’un grand nombre de familles nécessiteuses ont été sorties de la misère, et qu'elles ont contribué pour une part importante au développement économique de notre nouvelle colonie. Assurément le résultat ne fut pas en rapport avec la somme dépensée : on aurait pu éviter d’envoyer une foule d'individus qui, pour diverses raisons, ne pouvaient pas y réussir ; on fit endurer aux nouveaux colons beaucoup de souffrances qu'on aurait pu leur épargner ; on n’obtint pas d’eux au début tout l’effort qu’on aurait pu en attendre, mais est-ce un résultat négligeable que d’avoir tiré de l’oisiveté et de la détresse plus de 6.000 personnes. Ce chiffre est pourtant le plus bas de tous ceux qu’on a cités ; il semble inspiré par des appréciations très pessimistes. Nous sommes persuadés qu'il y eut au moins 9 ou 19.000 individus qui furent sauvés et arrivèrent àun assez haut degré de bien-être et de prospérité, grâce aux nouvelles colonies (1).
4,11 y eut en tout au 30 juin 14.774 arrivées, sans compter
S'il faut donc reconnaître toutes les fautes qui ont été commises, il n’en faut pas moins conelure que le principe de ce mode d’assistance était d'autant meilleur qu'il put résister à toutes les épreuves engendrées par lincurie, l’imprévoyance, l'incapacité des hommes qui présidèrent à sa mise à exécution. Les ateliers nationaux de Paris eurent un résultat pire que nul. Non seulement aucun travail vraiment utile n'y fut exécuté, mais ils provoquèrent une agitation dangereuse pour la sécurité et la prospérité publiques, ils entravèrent la marche des affaires industrielles ‘et commerciales, et finirent par amener des conflits sanglants, préliminaires d’une inévitable dictature. Il n’en fut pas ainsi pour les colonies agricoles qui, loin d’entraver l’action économique, ne firent que la soutenir et la fortifier, en créant des routes, des villages et un grand nombre de centres de production.
Tout ce qu’on pouvait, tout ce qu’on devait faire ne fut pas fait, loin de là ; mais il n’en est pas moins resté une œuvre utile qui a enlevé beaucoup de familles au paupérisme qui les attendait, une œuvre utile qui a contribué au développement du patrimoine colonial de notre pays.
les naissances (314), et 1.110 départs, sans compter les décès (477). L'élimination des plus mauvais éléments était fortement avancée. Il yavait à cette époque 13.501 colons, dont au moins 2.108 (les derniers arrivés) sélectionnés. On peut estimer à 4 ou 5.000 le nombre des personnes auxquelles cette tentative d'assistance par la colonisation ne réussit pas.