Rapport au Conseil supérieur de l’assistance publique
3. De Crisenoy. Les asiles d’incurables et les dépôts de mendicite. Revue d'administration, 1888, t. ILE, p. 5.
«tant plus de leur destination qu'on attendrait d'eux « plus qu'ils ne doivent faire ». Et il remarquait fort justement par ailleurs (1) qu’ « on s’est plaint « de ce que les infortunés, réduits par une nécessité « réelle et impérieuse à implorer la pitié publique, « se trouvent, dans les dépôts, confondus avec des « êtres vils, que les habitudes de fainéantise ont « seules conduits à mendier ; le système commun « à ces deux classes d'individus se trouve ainsi trop « dur pour les uns ou trop doux pour les autres. « Lorsque ce régime incline à la douceur, et telle « doit être la tendance, on s’afflige de voir que le « séjour dans le dépôt de mendicité paraît à beau- « coup de gens une existence plus tranquille et plus « commode qu’une vie indépendante... qu’un grand « nombre d’indigents mendient précisément pour « se faire arrêter, certains alors de n'avoir plus à « prendre soin d’eux mêmes ».
Il faut encore ajouter que l’état moral qui règne aujourd’hui encore dans les dépôts est des plus pernicieux. Un éminent directeur de l’assistance publique, dont le témoignage ne saurait être suspecté, M. Monod, le reconnaissait publiquement lui-même : Çun individu qui sort du dépôt, disäit-il, est rejeté. & dans la socrété aussi pauvre et souvent moins « bon qu'il n’y était entré » (2).
À toutes les époques, on n’a donc cessé de s'élever contre les inconvénients des dépôts de mendicité. Quelques auteurs croient pourtant leur exis-