‹ L'Assistance par le travail en FranceChapitre 113 sur 144 · Voici le détail · texte numérisé non relu

Voici le détail

Dépréciation dela literie . 0.03 — du linge . 0.10

INOUTTILUTE MP ECM 0.43 Blanchissage . ...:,,,., 0.06 GAS 0.62 Habillement : hommes 0.06 femmes. 0.05

2. V. De Gérando, ibid. p. 549 et suiv. V. aussi Vanlaer, Le chômage de l’ouvrier, Correspondant 25 nov. 92.

Strasbourg ; mais elle était plutôt destinée aux personnes déjà âgées et susceptibles de fournir peu de travail.

Malgré que les circonstances n'aient pas permis à la maison de la rue de Lourciné de continuer à fonctionner, le principe de l’assistance moderne par le travail n’en était pas moins posé, les bases étaient établies et les grandes lignes dessinées. Le plan resta, il est vrai, bien des années sans que personnne ne songeàt à en tirer profit ; il fallut de cruelles circonstances pour que le premier établissement d'assistance par le travail fût fondé à Paris. C'était pendant la famine qui régnait en 1871 à Paris pendant le siège. Les mairies distribuaient des secours aux indigents et, en rangs pressés, la file était longue des femmes et des enfants qui attendaient leur tour pour recevoir l’aumône qu’on leur accordait régulièrement. Pendant ce temps, les hommes aux bataillons de marche ou de mobiles, € constamment répandus dans la banlieue et dans « les fortifications, mouraient autant du froid de la « saison que du feu de l'ennemi. Pour préserver « ces hommes, 1l était tout naturel de faire gagner « à ces femmes l'argent qu’on leur donnait gratui- « tement en leur faisant confectionner des gilets et « des ceintures de flanelle (1) ». C’est en ces termes que M. Mamoz expliqua la naissance de la nouvelle œuvre d’assistance par le travail, dont il était le fondateur.

1. V. Vanlaer, Le chômage de l’ouvrier, Correspondant, 25 nov. 92.

Cette combinaison n'était pas faite, toutefois, pour plaire à tout le monde, car bien des personnes, heureuses de recevoir gratuitement un secours, ne voulaient pas faire le moindre effort pour Île mériter. La moitié des assistées cessèrent aussitôt de se présenter ; les autres se firent inscrire pour obtenir du travail, et il n’y en eût que la moitié à en demander effectivement. Cette façon de procéder procura une économie sensible qui permit d'accroître d'autant les sommes destinées aux secours; de leur côté, les malheureux soldats y gagnèrent d'obtenir plus rapidement de quoi se couvrir. Les mécontentes manifestèrent bruyamment leur indignation contre un pareil procédé, qui les forçait à mériter le secours qu'on leur accordait ; elles envahirent bruyamment l'atelier, démolirent le matériel, blessèrent le concierge (2); mais ces démonstrations n'empêchèrent pas l’œuvre de continuer à subsister. Même après le siège, les femmes secourues demandèrent avec tant d’insistance la continuation de l’œuvre, que M. Mamoz entreprit de la faire vivre par leseul secours de la charité privée et c’est aujourd’hui la société si intéressante du faubourg Saint-Honoré.

L'assistance par le travail n’en était donc pas à

1. Des secours fournis par du travail donné à domicile avaient déjà été employés à plusieurs reprises dans le passé, comme nous l’avons vu, et notamment par Turgot et sous la Révolution. Mais pendant tout le cours du siècle on semble les avoir complètement abandonnés. C’était donc comme une nouvelle ère qui s’ouvrait en 1871.

9, V. Louis Rivière, L’Assistance par le travail dans la ville de Paris, Réforme sociale, 1894, t. IT, p. 588.

son début, comme on l’a soutenu (1). S'il y eut, en fait, une interruption, il n'en est pas moins vrai que le principe, tel qu'il est actuellement entendu, avait été mis précédemment en pratique, notamment dans la maison de la rue de Lourcine.

Depuis cette époque, l'assistance par le travail a pris une extension considérable, dans tous les pays civilisés, sous les formes les plus diverses, les plus ingénieuses.

On peut toutetois distinguer parmi les œuvres d'assistance par le travail, trois groupes distincts :

Premier groupe: Les œuvres qui donnent du travail à domicile. |

Deuxième groupe : Celles qui font travailler dans leurs ateliers, avec le régime d’externat.

Troisième groupe : Celles qui font travailler äans leurs ateliers, avec le régime d'internat (2).

4. Louis Rivière, ibid. Nous regrettons de nous trouver en désaccord sur ce point avec M. Rivière ; mais il nous semble clairement établi qu'il n'a pas fait remonter assez haut l'origine de l’assistance par le travail moderne.

2. Sans vouloir donner de prime abord aucune préférence à l'un de ces trois genres d'œuvres qui conviennent chacun à des catégories particulières de pauvres, nous pouvons du moins faire la remarque suivante. L'influence de celui qui donne, se fait sentir d’une façon croissante de la première à la troisième catégorie, tandis que celui qui reçoit, aliène de plus en plus sa liberté, son indépendance. Dans la

première, il y a le minimum d'influence, dans la troisième le maximum.

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