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Hn’yen avait que 25.500 en

de graines. Cette besogne est très peu rémunératrice, car les hommes ne produisent guère dans la Journée entière de 6 heures que pour 0 fr. 45 d’ouvrage, et les femmes à peu près rien. Le salaire étant de 1 fr. 50 et la part dans les frais généraux environ 0 fr. 20, il en résulte que chaque assisté coûte par jour 1 fr. 25. Si l'écoulement des margottins est facile, il n’en est pas de même des autres produits, qu’on a grand peine à placer.

La bienfaisance est, dans cet établissement, plus extensive qu'intensive ; on multiplie le nombre des personnes secourues plus qu’on ne multiplie les secours sur la même personne. Grâce à ce système, l’œuvre du XVII arrive dès le début de son fonctionnement à faire dans le quartier une chasse très efficace à la mendicité professionnelle. Les mendiants, craignant de recevoir un bon de travail à la place d’un aumône, et d’être en outre soumis à une enquête approfondie, se décident à aller porter ailleurs leurs exploits. Pour se débarrasser de cette plaie dangereuse de la mendicité et pour être exactement renseignés sur les pauvres auxquels ils désirent s'intéresser, de nombreux adhérents sont venus s'associer à cette œuvre (1).

Une autre société du même genre existe dans le XVI arrondissement. Cet atelier organisé dans un local spacieux, bien aéré et largement éclairé, a une physionomie propre et gaie. Cette qualité a une influence beaucoup plus grande qu’on ne pourrait le

1. 1096 adhérents dans les seuls VIIL et XVIIe arrondissements en 1897.

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croire sur le caractère et le moral des gens qui y séjournent.

Le travail consiste, là encore, dans la confection de petits fagots, de sacs en papier ; on fait également le triage des graines de coton. Ce dernier travail étant payé à raison deO fr. 25 le kilo, le gain est extraordinairement faible, car il faut plusieurs heures pour trier 1 kilo. La durée du travail est de 8 heures par Jour.

Grâce à un don du Ministère de l'Intérieur, 1l a été possible d'organiser, à côté de l'atelier, une cantine qui fonctionne pendant l’hiver. En dehors de la soupe qui est fournie gratuitement, les ouvriers peuvent se procurer un repas assez subslantiel pour 35 centimes. En voici la composition :

Soupe... Mémoire...

un plat (ragoût de viande et légumes, boudins, sau-

CISBAS; O0 ET Br EE Ge Re ER REC CR SACS 0.10 UNE FATIONUUE DANITE AU ER RE RS ES 0.10 GA QUARL OS VINS, LCR PANIER PNR RER 0.45

Total. . . 0.35

En 1897 1l a été fourni 8.326 portions. Les dépenses se sont équilibrées, à un franc près avec les recettes, en tenant compte de ce que des dons spéciaux couvrent les frais de la soupe (1).

Un groupe de dames charitables a fondé trois asiles ouvriers (2), d’un fonctionnement analogue, s'adressant € surtout aux mères de familles sans travail ou chargées d’enfants trop jeunes, et quiont

1. V. Rapport présenté au nom du Conseil d'administration par M. de Crisenoy à la séance du 24 avril 1898.

2. Ouvroirs ateliers pour les ouvrières sans travail, 429 bis rue St-Charles ; rue de Doudeauville, 37 ; 9, rue St-Paul,

leur foyer », Aussi les mères peuvent-elles amener leurs enfants avec elles pourvu qu'ils n’aient pas plus de deux ans. On travaille 6 heures à la couture, à la confection de chemises de femmes ou de taies d'oreiller. Dans ce dernier cas le travail n'étant accepté qu’à façon, la question de l’écoulement des produits ne se pose pas. Le salaire est de 1 fr. 20 par jour, € plus la part de frais généraux s’élevant environ à 1 fr. par ouvrière et par jour ». Le produit du travail n’est que de O fr. 10 à O fr. 15 par jour. Nous n'’insisterons pas, malgré toutes les critiques que de pareils résultats pourraient soulever. Il nous faudrait entrer dans trop de détails. Mais, pour arriver à un résultat aussi dérisoire, il faut que les ouvrières travaillent bien peu et bien mal. Une insuffisance d'énergie ou de compétence, tant de la part de la direction que de celle du personnel, semble ici évidente.

La Société d'assistance par le travail de Courbevoie a été fondée en 1893. L’admission des assistés y a lieu avec ou sans présentation de bons. Le pauvre y est gardé jusqu'à ce qu'il ait trouvé du travail. Les hommes sont occupés à faire des coterets, les femmes à la réparation de sacs ou à la confection de lingerie. Le travail est exclusivement aux pièces, il est payé au prix ordinaire des fournisseurs, les frais accessoires restant à la charge de la Société. Aussi ne faut il pas être surpris de voir la valeur absolue du travail produit s'élever en moyenne de 1 fr. à 1 fr. 50. L’ouvrier, il est vrai, peut travailler le nombre d'heures qu'il lui plaît; c’est un excellent stimulant pour l'activité du chô-

meur. L'œuvre est loin de perdre à cette activité de ses hôtes: d’abord parce qu’elle remplit mieux le but d'assistance qu’elle poursuit, ensuite parce que les dépenses (les frais d'administration) restant à sa charge deviennent ainsi proportionnellement moins lourds. Le prix de vente des coterets couvre les frais de fabrication, de bois, de résine et de fil de fer. La vente se fait facilement.

Le montant des salaires payés à l’ouvrier est essentiellement variable puisque tout le travail est à la tâche et que la durée du travail n’est pas impérativement fixée ; aussi le salaire est-il quelquefois de 0 fr. 50 et d’autres fois de 2 fr. Le prix de façon des coterets est de O fr. 70 à 0 fr. 90 le cent. Le travail aux pièces paraît avoir donné ici d'excellents résultats bien faits pour encourager les œuvres similaires à entrer dans cette voie.

Parmi les œuvres de province du même genre il faut citer en première ligne l’Assistance par le travail de Marseille. Elle a été fondée en 1891, sous la présidence de M. Eugène Rostand, l’économiste bien connu, dans des conditions particulières qui mérilent d’être relatées. «A la suite de l'hiver rigoureux de 1890-91, la caisse d'épargne de Marseille qui, par la grâce d’un décret présidentiel, jouit de la rare faveur (bien précieuse pour les pauvres mar-

seillais) de disposer au profit des œuvres d’assistance d’une part de sa fortune personnelle, promit une subvention de 4.000 fr. à l'institution existante ou nouvelle qui organiserait dans le mois une œuvre d'assistance par le travail. Quelques semaines plus tard, M. Eugène Rostand, président de la caisse

d'épargne, qui avait été l’inspirateur de cette décision, organisait une réunion publique dans laquelle il exposait — avec cette éloquence persuasive que tous ceux qui ont eu le plaisir de l'entendre lui reconnaissent — l’utilité de l’œuvre prônée et les moyens pratiques de la réaliser. À l’unanimité les statuts furent approuvés et la société fondée » (1).

L'œuvre à pris en quelques années des proportions considérables, comme on pourra s’en convaincre d’après les résultats suivants :

Années. Nombre de bons Nombre de

travaillés. présences.

Les présences de 1895 se rapportent à 1.903 personnes secourues. Les ressources de l’œuvre se sont montées pendant cette année à plus de 100.000 fr. (exactement 104.044 fr. 40).

Examinons comment fonctionne cette œuvre si importante. Comme dans presque toutes les institutions du même genre, l'admission a lieu sur la présentation d’un bon délivré par un des sociéiaires. En principe le pauvre ne reste que deux Jours. Pendant ce temps une enquête est faite, et, si elle donne des résultats favorables, il peut rester 15 jours ; une prolongation est même facilement accordée à ceux qui méritent cette faveur.

1. Vanlaer. Le chômage de l'ouvrier.. Correspondant, 10 janvier 1893, p. 140.

Le travail est payé à raison de Ofr.25 l'heure, et ne dure que 4 heures par jour au maximum; beaucoup, parmi les assistés, ne restent pas autant, car le salaire moyen par présence est de 0 fr. 50 seulement. Tout le reste du temps est destiné à la recherche du travail. Pour que l’ouvrier ne puisse pas tromper les directeurs de l’œuvre à cet égard, on a établi un système de contrôle assez ingénieux, mais qui peut prêter à bien des supercheries. On délivre à chaque assisté une feuille, qui doit être visée par tous les patrons chez lesquels il se présente et sur laquelle ces patrons constatent qu'ils ne peuvent lui accorder du travail. Si on a la preuve qu’un ouvrier refuse de travailler il est immédiatement renvoyé de l’œuvre.

Les principaux travaux exécutés à l'atelier sont les suivants ; sciage de bois, confection de margoins, écritures, travaux de couture pour les femmes. Le rendement n’est que de O0 fr. 11 par heure, soit 0,44 0/0 du salaire sans y faire entrer les frais génér'aux.

Cette œuvre a pour caractéristique d’être extrèmement extensive, c'est-à-dire de chercher à porter secours au plus grand nombre possible d'individus, sans se demander si elle le fait pour chacun d’une manière suffisamment efficace. Ce salaire maximum de { fr. par Jour est vraiment insignifiant quand il s’agit de nourrir une famille. Il semble en outre que le nombre d'heures libres, laissées à la disposition du sans-travail est plus important qu'il n’est nécessaire pour la recherche d’une occupation. C’est bien peu de chose de ne soustraire que pendant

quatre heures (et quelques privilégiés seuls travaillent aussi longtemps) l’ouvrier aux influences néfastes, au désœuvrement dangereux, aux proximités malsaines qu’on voudrait lui voir éviter. En outre, pendant le court intervalle de temps que les ouvriers passent au chantier, où ils sont très nombreux, il est difficile de pouvoir apprécier chacun au point de vue des capacités professionnelles et morales, à plus forte raison d’avoir sur lui une heureuse influence.

Or, dans cette œuvre, non seulement l’ouvrier n’est pas sorti de peine, non seulement on ne le place pas. on ne l’occupe pas, on ne l’améliore pas, mais encore on ne lui donne pas strictement ce qui est nécessaire pour vivre. Chaque ouvrier ne travaille en effet que deux heures ; et celles-ci ne lui sont payées que O0 fr. 50. Il faut donc qu'il sé procure d’une manière ou d’une autre (peut-être par la mendicité) le supplément qui lui est indispensable. Le but cherché n’est donc pas atteint. Le chômeur se trouve de nouveau exposé à tous les dangers auxquels on devait le soustraire.

[l'est vrai que la tâche de l’assistance par le travail est écrasante à Marseille, où fourmille une multitude de pauvres hères de toutes les races et de toutes les professions, déchets de toutes les sociétés. Mais une œuvre privée ne peut et ne doit pas, à notre avis, chercher à les atteindre tous; le principal est qu’elle fasse un bien réel à ceux qu’elle secourt. Si l'assistance par le travail de Marseille n’est pas arrivée à un résultat plus satisfaisant, c’est parce que, ayant voulu guérir trop de misè-

res, elle n’a pu en soulager efficacement aucune. Mème après l’étude des nombreux et volumineux rapports publiés par cette œuvre, nous n'avons pu être convaincus de son efficacité bien réelle, tant au point de vue du soulagement de la misère que du reclassement de l’homme dans son milieu normal de travail.

Il y a par contre deux procédés, grâce auxquels l’œuvre de Marseille a eu la plus heureuse influence dans la lutte contre le paupérisme de cette ville : c’est par la poursuite de la mendicité professionnelle et par la création de son office de renseignements. La mendicité professionnelle à domicile a, paraît-il, beaucoup diminué à Marseille depuis la fondation de l’œuvre. Pourrait-on en dire autant de la mendicité dans la rue? Le progrès est beaucoup plus manifeste au point de vue du service des renseignements et de la centralisation de l’action des œuvres charitables dans un bureau commun ou « office central ».

Des œuvres similaires, mais d’une importance beaucoup moindre, existent à Besançon, à Bourges, à Pau, à Rouen, etc... Si dans chacune de ces villes, la durée du travail est plus longue qu’à Marseille, dans aucune en revanche la rémunération n’est aussi basse et la moyenne des salaires payés aussi minime.

Entre les œuvres qui n’abritent les ouvriers que pendant le temps du travail (régime d’externat), et celles qui les gardent presque constamment sous

leur toit (régime d’internat), se trouve une catégorie mixte. Voici les pratiques qui les caräctérisent : la société d'assistance par le travail met à la disposition de ses hôtes, à un prix très réduit, des bons de couchage, grâce auxquels ils peuvent se procurer pour la nuit un abri à bon marché, dans un local relativement propre et pas trop mal fréquenté. Cette combinaison se rapproche beaucoup plus de la première catégorie d'ateliers que de la seconde. La liberté de l'individu reste entière, il peut prendre le bon ou ne pas le prendre, ou, s’il l'accepte, il peut n'en pas faire usage ; il pourrait même arriver qu’à l’occasion il le vendit. La préservation physique et morale qu'on veut lui assurer est purement négative ; elle consiste à lui donner la possibilité de ne pas ailer dans les plus mauvais endroits. C'est un embryon d'action morale, mais si faible encore, qu'il n’a qu'une bien médiocre influence. Cette protection suffit cependant, à notre avis, pour mériter à ces œuvres une place spéciale à côté de celles qui se bornent à donner un travail, une rémunération à un individu quelconque sans s'occuper de ce qu’il pourra devenir le soir même (1).

Un des établissenents les plus importants de cette catégorie est l’Union d'assistance par le travail du VIe arrondissement, fondée au marché St-Germain et actuellement 14, rue du Montparnasse. L'admission y est prononcée sur la présentation de cartes données par les sociétaires, le petit Parquet, la Pré-

1. On n'offre des bons de couchage naturellement qu'aux «sans-famille » ; mais ils sont généralement en majorité dans tous ces ateliers d'assistance.

Marcel Lecoq . 22

fecture de Police, la Préfecture de la Seine, le Bureau de Bienfaisance, les Commissariats de Police de l'arrondissement, l'hôpital de la Charité, etc. Aussi les dimensions de la maison et les ressources budgétaires sont-elles insuffisantes pour faire face à toutes les demandes. Souvent l’ouvrier sans travail qui se présente muni de son bon et espère pouvoir être admis, se voit ajourné, quand il n’est pas évincé du premier coup.

La durée de séjour est normalement de 15 jours, mais il arrive très fréquemment que cette durée est prolongée. La meilleure preuve est que ce maximum se trouve être la durée moyenne de séjour des hospitalisés (1). On ne maintient la règle que pour permettre au directeur d’écarter plus facilement les sujets dont on ne peut rien tirer de bon.

Les travaux sont assez nombreux : fabrication d'étoupe à calfat, dépeçage de vieux corsets, découpage de salse-pareille, triage de cuirs, élimage de pierre-ponce, découpage de chiffons, travaux de publicité et de couture. Grâce à cette variété et au long séjour, on aurait pu espérer un meilleur rendement du travail de l'atelier. L aurait. été facile d’opérer une catégorisation des ouvriers, suivant leurs capacités et, après quelques jours d’une sorte d'apprentissage, il semblait qu’on aurait dû arriver à un rendement normal. Pourtant malgré six heures de présence, chaque assisté ne rapporte que 0 fr. 42 à l’œuvre, alors qu’il lui coûte en

4. V. Discours de M. Trézel, président de l’œuvre à l’assemblée du 6 mars 1898, p. 4.

moyenne 2 fr. 05 par jour (1). C’est un écart beaucoup trop considérable : car il est évident que quand une assistance coûte 1 fr. 70 par tête et par jour, surtout quand l’œuvre est sortie des premiers tâtonnements du début, son action est trop onéreuse et ne peut être étendue à un nombre suffisant de personnes : c’est la critique opposée à celle que nous faisions de l’œuvre de Marseille. Pourtant une légère amélioration s'est produite, puisqu'il ÿ a quelques années chaque hospitalité ne produisait que de 0 fr. 39 par jour. Ce progrès est encore insuffisant. Pour une œuvrequi, par ailleurs, est en aussi bonne voie que celle du VI* arrondissement, un pareil résultat ne devrait pas se maintenir.

La surveillance est sans doute insuffisante et l’ardeur des assistés au travail pas assez slimulée. On devrait y veiller d’une façon toute particulière, non seulement pour lamélioration du rendement,siimportantequesoit cette question, mais aussi pour l'amélioration de la valeur individuelle de l’assisté, pour son relèvement final que l’œuvre du V[° arrondissement recherche avec tant de bonne volonté. Le meilleur moyen de réagir contre ces tendances fâcheuses, serait de stimuler rouvrier en l’intéressant à la productivité de son travail. C'était d’ailleurs le conseil que donnait, en 1895, un des collaborateurs les plus éminents de l’œuvre, M. Cheysson. |

« Il serait sans doute possible d’améliorer le ren-

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