‹ L'Assistance par le travail en FranceChapitre 118 sur 144 · Rapport de M, Louis Feine, secrétaire, tbid., p · texte numérisé non relu

Rapport de M, Louis Feine, secrétaire, tbid., p

dement de ces ateliers spéciaux, disait-il, en y Introduisant les méthodes de rémunération, les primes et sur-salaires, voire même la participation aux bénéfices, qui ont prouvé leur efficacité dans l’industrie. Aujourd’hui le salaire des assistés est,en général, indépendant de leur zèle et du résultat de leur travail (1). C'est là une détestable condition pour stimuler l’ouvrier. Il faut solidariser ses intérêts avec ceux de l'établissement qui l’occupe, et, pour cela, lui donuer, sous une des formes déjà consacrées et le mieux adaptées à son genre de travail, une part de son surcroît de productivité. Ce serait le replacer dans les conditions du droit commun, assimiler son atelier de passage à ceux de l’industrie, et rendre à son activité cette énergique tension dont il a besoin pour lutter contre lés difficultés de la vie ».

La rémunération de l’ouvrier, si lourde qu’en soit déjà la charge pour l’œuvre, est pourtant bien modique : elle consiste uniquement dans l'hospitalisation (repas et couchage). Le père de famille qui rentre le soir chez lui et pour lequel on a converti le diner et le coucher en salaire en argent ne rapportera que 0 fr. 80 pour 10 heures de travail (1). C’est bien peu, il est impossible qu'il nourrisse avec cette somme sa femme etses enfants, et pourtantil a fallu, pour gagner ce maigre salaire, qu'il travaille toute la journée sans interruption. Avec le système des primes que recommande M. Cheysson, ce pauvre

1. Rapport de l'assemblée générale du 25 fév. 1895, sous la présidence de J. Simon.

2. Le repas du matin représentant 0 fr. 40 n’est pas convertible en argent.

malheureux aurait pu, à force de courage et d'ardeur, rapporter davantage.

Pour le coucher, l’œuvre a traité à forfait avec des logeurs du quartier qui fournissent un lit aux assistés sur présentation de leur bon qui a une valeur de 0 fr. 40. On avait essayé d’opérer de la même façon pour la nourriture avec des restaurateurs du voisinage, mais par raison d'économie on a préféré s'entendre avec la Société philantrophique qui ouvre ses établissements aux assistés de l’œuvre.

En dehors de l’hospitalisation, l’ouvrier ne recoit pas d’autre rémunération. C'est un principe de l’œuvre du VE arrondissement de ne fournir que des bons pour prévenir les tentations : & on a eu peur que, s’il touchait son salaire en argent, l’assisté n'en détournât une fraction pour des besoins moins essentiels, ou même pour des satisfactions malsaines au détriment de la qualité de ses repas et de son gîte (1) ».

Dans beaucoup de cas, la rémunération par des bons peut être très utilement employée : quand il s’agit, notamment, de ces jeunes gens qui arrivent de province, avec tant d'illusions sur Paris, et sont tombés dans un milieu de vagabonds et de souteneursne cherchant qu’à les pervertir et à les dévoyer. La suppression de l’argent de poche, en empêchant la fréquentation des brasseries de bas étage ou des logements infestés au moral comme au physique, peut avoir assurément de très utiles effets ; mais il n’en est pas de même pour les pères de famille.

Dans l'atelier du VE arrondissement le travail

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