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LES ŒUVRES D’ASSISTANCE PAR LE TRAVAIL À RÉGIME D INTERNAT

Parmi les œuvres à régime d’internat où le pauvre : reçoit l'hospitalité complète de la nourriture et du logement, des distinctions s'imposent. Les différences profondes qui existent entre les œuvres privées et les établissements publics ne sont pas toujours visibles de prime abord ; elles sont surtout intérieures, tendancieuses, et leur importance peut être mesurée par la diversité absolue des résultats obtenus. |

Parmi les œuvres privées, deux établissements se distinguent d’abord par leur ancienneté, par leur réputation universelle : ce sont la Maison Hospitalière du pasteur Robin et l'Hospitalité du Travail de la sœur St-Antoine. Ces deux institutions méritent tout spécialement de retenir notre attention.

La Maison hospitalière (asile de jour et de nuit pour les ouvriers sans asile et sans travail) est située 36 rue Fessart, sur les hauteurs de Belleville, en plein quartier ouvrier, vrai centre de misère. Les locaux et leurs dépendances assez vastes sont attenants à la maison d'habitation du pasteur Robin, l'infatigable et vénérable protagoniste de l’assistance

par le travail,

Pour être admis, il suffit qu’un homme valide présente une carte d'entrée délivrée par une personne quelconque (sociétaire ou non). Ces cartes sont mises gratuitement à la disposition de tous ceux qui en font la demande ; elles sont payées à raison de 1 fr. 50 quand elles ont été utilisées. Une fois entré, l’ouvrier doit travailler toute l’après-midi, la matinée lui étant laissée pour chercher du travail. La durée du travail importe peu d’ailleurs, pourvu que l’assisté ait fourni un minimum de tâche correspondant au coûl de sa nourriture. Tout lui est payé en nature : nourriture, couchage, achat de vêtements ou de linge, blanchissage. Pour les pères de famille seulement, le salaire, qui se monte à 1 fr. ou 2 fr. par Jour, .est payé en argent.

La plupart des assistés sont occupés à la confection de margolins, quelques autres sont parfois employés au dehors pour faire des courses, des déménagements, des corvées diverses. La durée moyenne de leur séjour varie de 12 à 15 jours.

Les résultats financiers sont particulièrement favorables et vont encore en s’améliorant d'année en année. Non seulement le produit de la vente suit une progression constante (il était de 10.988 fr. 30 en 1893, et de 13.944 fr. 45 en 1896, soit 27 0/0 d'augmentation), mais la plus-value donnée à la matière première par le travail de l’hospitalisé a passé de 7.480 fr. 85 à 8.372 fr. 65, soit une augmentation de près de0/0 (1). Cette notable différence entre

1. La progression du nombre des margottins fabriqués a été la suivante :

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