‹ L'Assistance par le travail en FranceChapitre 133 sur 144 · Rapport, 1895, p · texte numérisé non relu

Rapport, 1895, p

408 SINIÈME PARTIE

En 1894-95 on estimait au contraire leur nombre à 50 pour cent de l'effectif total. À ce point de vue la situation s’est donc sérieusement aggravée.

Nous avons vu à quelles causes le directeur de La Chalmelle attribue ces résultats fâcheux. Il se plaint, à juste titre, du manque de soin avec lequel est choisi le personnel qu’on lui envoie. Il y a un beau- ‘coup trop grand nombre de colons qui appartiennent à des professions industrielles et urbaines. Le rapport sur l’année 1898 nous en donne la raison. « Nous avons dû admettre, y lit-on, cette année comme les autres des « sans travail » qui n’étaient pas des ruraux, faute de trouver ceux-ci parmi les réfugiés de nuit désirant venir à la colonie, et cependant, ajoute le directeur, il y a toute l’année, dans les asiles municipaux, des ouvriers agricoles (1) ».

Les chiffres sont-là pour le prouver : il est passé

par les refuges Nicolas-Flamel et Benoit-Malon en 1897 :

869 charretiers ; 1.195 cochers et palefreniers ; 300 cultivateurs ; 106 jardiniers ; 285 maréchaux-ferrants ;

soit au total 3.285 personnes

qu'il aurait été utile de rapatrier à la campagne, sans compter bon nombre parmi les 10.932 journaliers et 963 terrassiers qu'on aurait pu assez aisément transformer en bons cultivateurs.

4° Rapport, 1896, p. 16,

200 seulement ont consenti à entrer à La Chalmelle.

Parmi les hospitalisés des œuvres privées il peut y avoir beaucoup d'ouvriers qui consentiraient volontiers à retourner aux champs, si on savait mieux les atteindre et les attirer. Malheureusement les rapports de ces œuvres avec la colonie municipale sont absolument nuls. M. Malet va faire de nouvelles tentatives pour faire cesser cet éloignement nuisible à tous.

À partir du 1% janvier 1900 des cartes d’admission vont être données aux œuvres d’assistance pour être distribuées par leurs soins, avec recommandation « de n'appuyer autant que possible que les demandes d'ouvriers agricoles âgés de 25 à 40 ans, habitant Paris depuis peu de temps et désireux de se fixer à la campagne d’une façon définitive. Munis de ces cartes les candidats se feront inscrire au bureau du travail et des établissements charitables de la préfecture de la Seine s'ils disposent d’un logement, ou au refuge de nuit Nicolas-Flamel, 69, rue du Château-des- Rentiers, s'ils sont sans domicile. Le directeur du refuge fera un premier choix et les assistés attendront que les places soient libres à La Chalmelle (4) ».

Arrivera-t-on ainsi à atlirer une clientèle laborieuse, honnète et capable? Il faudrait pour cela que

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