Rapport de M. Mallet 31 décembre 1899, Document appar
tenant au Musée Social,
les mœurs en usage aujourd’hui dans la colonie changeassent beaucoup. En effet la discipline y est tellement relâchée, le niveau de la moralité est si rabaissé, que les habitants de la région ont maintes fois fait parvenir des plaintes au directeur. Celui-ci ne les a pas toujours reconnues fondées ; mais tout en faisant la part de l’exagération, il n’en reste pas moins vrai que la conduite des colons au dehors peut donner lieu à de sévères critiques, et les faits scandaleux qui restent incontestablement à leur charge suffisent pour justifier la triste réputation du personnel de la colonie.
Les colons ne reçoivent le dimanche que 0 fr. 50 comme argent de poche, mais ils trouvent moyen d'augmenter leurs ressources en trafiquant les bons qu'ils reçoivent pour avoir du tabac, du papier à lettres, des timbres et même des objets d’habillement (1). Ils se grisent honteusement, et, rentrant à l’établissement dans cet état d'ivresse, ils y apportent le désordre et le trouble (2). Les faits de ce genre ont été particulièrement fréquents pendant l'année 1896-97. Un individu expulsé refusant de rendre, comme l'exigeait le règlement, les vêtements qui lui avaient été prêtés par la colonie, il fallut recourir à la gendarmerie pour avoir raison de ce révolté. D’autres fois c’est au dehors que le scandale se produit. Quand certains hospitalisés quittent la colonie, ils s’empressent de dissiper le pécule qu’on vient de leur remettre, en payant